Géraldine Munger fait maintenant des cabanes et des mangeoires d’oiseaux.

Repousser l’heure de la retraite

CHRONIQUE / Elle ne le dit pas trop fort, mais Géraldine Munger songe à prendre sa retraite pour ses 70 ans qu’elle fêtera en juin 2021. « Je ne le dis pas fort parce que je ne sais pas si je vais être capable d’arrêter », précise-t-elle en riant.

Toute sa vie, la création a pris une grande place au sein de ses loisirs. Elle a fait de la couture, de la poterie et maintenant elle explore l’ébénisterie. « Je ne sais pas si à 70 ans ma tête va prendre une pause », réfléchit-elle.

Pour la vaillante femme de 68 ans, qui a pris sa retraite de la restauration en 2010, il n’est pas question de passer ses journées devant la télévision.

Géraldine Munger, dans son atelier de couture qu’elle a fermé il y a un an.

Installée à Saint-Félicien, dans son petit atelier, elle fabrique des mangeoires et des cabanes pour les oiseaux. Pendant cette entrevue, elle avait une cinquantaine de cabanes d’oiseaux en production. « Je fais du casse-tête pendant que la peinture à l’huile sèche », mentionne l’artisane.

Tout a commencé en 1973, lors de la naissance de sa première fille. C’est à ce moment que Mme Munger s’est intéressée à la couture. « J’ai suivi des cours pour confectionner des vêtements à ma fille », se remémore-t-elle. Ayant toujours été sensible au gaspillage, et cherchant à recycler ses retailles, elle s’est mise à faire des pantoufles avec les restants de tissus. « Après 30 ans, j’ai officiellement arrêté de faire mes pantoufles le 20 décembre 2018 », souligne-t-elle.

Remarquant sa passion, ses proches ne croyaient pas qu’elle cesserait de coudre. « La veille du 20 décembre, j’ai cousu jusqu’aux petites heures du matin. Quand mon mari a vu que je débranchais mon moulin, il n’en revenait pas », souligne la couturière.

Près d’une dizaine de personnes ont manifesté leur intérêt pour faire l’achat de ses machines à coudre et son tissu afin de poursuivre son œuvre. « C’est finalement ma nièce qui a acheté mes trois moulins industriels. » Nadia poursuit le travail de sa tante, sous le nom de Confection Nadia E. « Dernièrement, elle m’a remerciée de lui avoir offert autant de bonheur. »

Récupération

Tous les produits que Mme Munger fait sont presque entièrement composés de matériel récupéré. « Je trouve toujours des retailles de bois un peu partout que les gens jettent. » Sa fidèle clientèle démontre un attachement à ce qu’elle fabrique et elle est reconnaissante face à son talent. C’est ce qui lui a toujours donné l’énergie de continuer.

À partir du printemps, jusqu’aux Fêtes, elle écoule ses inventaires dans les différents rassemblements d’artisans du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Les prochains auront lieu au printemps 2020.

Plusieurs fois par année, Géraldine Munger expose ses créations dans différents rassemblements d’artisans ayant lieu au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Réseaux sociaux

Il y a six ans, Géraldine Munger faisait le saut dans le fascinant monde virtuel. Ses trois filles l’ont beaucoup aidée à apprivoiser les réseaux sociaux. « Mes filles sont encore administratrices avec moi de mon compte Facebook ‘‘Pantoufles et plus***en récupération’’ sur lequel je vends mes produits », précise celle qui est toujours épatée de voir combien les internautes sont nombreux à aimer ses publications qui rejoignent des milliers de personnes.

Héritage

Mme Munger adore voyager. Comme son mari n’est pas un adepte des voyages, elle s’est trouvé de précieux partenaires avec qui créer des souvenirs. « J’ai décidé de donner un héritage vivant à mes sept petits-enfants, âgés de 9 à 19 ans, en les amenant en voyage avec moi à tour de rôle ». Elle les initie chacun leur tour à sa passion. « En mai prochain, je pars en croisière avec mon petit fils de 18 ans. » Le duo visitera cinq pays, dont la Finlande, l’Allemagne et la Russie.

Cœur jeune

« Être artisan c’est tellement valorisant. Ça me maintient en santé. Quand je crée, je perds toute notion de bobos », souligne-t-elle. De plus, pour rester en forme et garder son cœur jeune, tous les jours d’hiver, Mme Munger pratique un sport de glisse. « Je glisse en toboggan autour de mon lac. J’ai entraîné ma voisine dans cette activité. Ma voisine me remercie souvent de l’avoir initié à cette activité. J’espère pouvoir glisser jusqu’à 100 ans », conclut-elle.