L’école Sacré-Cœur de Jonquière compte sur ses 52 élèves de sixième année pour relancer son journal étudiant.

Redonner l’importance au journal

CHRONIQUE / Alors que la plupart des écoles ont délaissé le journal étudiant, l’école primaire Sacré-Cœur de Jonquière souhaite relancer le sien.

La mission est entre les mains des deux enseignantes de sixième année, Karine Lapointe et Karine Turcotte, ainsi que leurs élèves.

Comme peu d’élèves veulent s’impliquer dans ce projet qui demande des aptitudes, notamment en écriture, les responsables ont décidé d’initier leurs classes de sixième année au journalisme en invitant une chroniqueuse du journal Le Progrès à venir parler de son travail aux 52 élèves.

La plupart des élèves, âgés de 11 ans, avouent avoir un compte Facebook et y voient défiler des nouvelles plus ou moins fiables. D’un autre côté, certains n’ont encore jamais ouvert un journal de leur vie et n’ont aucune idée de l’actualité qui les entoure dans leur propre région.

Étonnamment, en feuilletant Le Progrès, plusieurs sont attirés par la publicité. « J’aime regarder le prix des maisons et des objets à vendre », mentionnent quelques garçons. D’autres préfèrent les nouvelles de sport. Dès qu’un sujet les touche de plus près, ils s’arrêtent. « Ça parle du Valinouët et ça m’intéresse parce que j’ai un chalet là-bas », souligne une jeune fille.

En parcourant les pages du journal, les futurs journalistes de Sacré-Coeur sont inspirés. « J’aimerais bien parler des nouveautés concernant les films et les livres », réfléchit Brittany. Parmi ceux qui n’avaient encore jamais ouvert un journal, Simon avoue qu’il aimerait en prendre l’habitude.

Curieusement, à la deuxième partie de la rencontre, ils semblent contaminés et motivés par le désir d’écrire. En leur demandant de penser à des personnes qu’ils aimeraient interviewer, pour leur propre journal, leurs idées deviennent de plus en plus claires.

« J’aimerais sensibiliser les lecteurs aux accidents de travail avec le témoignage de mon oncle qui s’est blessé à l’usine », raconte Marie-Eliane.

Myranda aimerait bien parler de son parrain qui a une entreprise de jeux de société et chez qui elle passe une partie de son été.

Charles connaît un doué joueur de hockey qui suscite déjà la curiosité de ses camarades.

Laurie voudrait parler d’intimidation parce qu’une de ses amies en subit.

Melyan a un parrain qui se démarque sur le marché du travail, malgré un parcours scolaire difficile.

« J’aimerais tellement interviewer le concierge de l’école. Il est vraiment drôle », lance Meggie.

Quant à Charles-David, c’est plutôt avec ses oncles, qui ont fait plusieurs missions pour l’armée, qu’il voudrait s’entretenir.

Voilà que ces jeunes viennent de comprendre l’importance du journal pour faire rayonner leur communauté scolaire et la richesse qui les entoure.

Par où commencer ?

Pour réaliser un journal étudiant, ça prend une équipe, des tâches définies pour chaque membre et un objectif de livraison.

On aura besoin de personnes pour prendre les photos, faire la recherche de publicité si besoin, rédiger les textes, faire la correction et faire la mise en page.

On peut interviewer des élèves, des membres du personnel, annoncer des activités et couvrir des évènements ayant lieu dans l’école.

Pour susciter l’intérêt de tous, y compris des moins bons lecteurs, on doit avoir des titres accrocheurs, faire de courtes phrases, utiliser des caractères assez gros, ne pas écrire de trop longs textes et mettre des sous-titres pour alléger le contenu.

Comment faire une entrevue ?

On doit demander à notre sujet son nom, son prénom, son âge, sa ville, le nom de son école et son niveau scolaire. Si la personne ne va pas à l’école, on lui demande sa fonction et son titre.

Dans le premier paragraphe, qui contient une phrase ou deux, on doit bien comprendre le contenu de l’article. Voici un exemple : « Le 10 décembre dernier Justin Tremblay gagnait la première place à un concours de dessin organisé par l’école Sacré-Cœur de Jonquière. »

Dans le deuxième paragraphe qui est aussi très court et accrocheur, on attire l’attention du lecteur. Exemple : « Son œuvre, représentant un hibou à vélo, est très significative pour l’élève de 11 ans. »

Pour le reste de l’article, on peut par exemple demander : « À quel âge a-t-il commencé à dessiner ? Comment se sent-il quand il dessine ? Comment se voit-il dans 10 ans ? Son plus grand rêve ? Une personne qu’il admire ? » On peut lui demander de nous fournir un de ses premiers dessins, etc.