Des élèves du Carrefour Travail Études démontent des appareils électroniques afin d’y extraire certaines composantes qui serviront à la réalisation de leurs créations artisanales.

Récup’Art ouvre ses portes à la communauté

CHRONIQUE / Depuis deux ans, le Carrefour Travail Études (CTE), situé au deuxième étage du 216, des Oblats Ouest, à Chicoutimi, a mis sur pied une boutique.

Jusqu’à ce jour Récup’Art proposait principalement ses produits aux employés de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay.

« Comme tout le monde a pas mal fait le tour des produits que nous offrons, on souhaite maintenant élargir nos possibilités », explique Suzanne Tremblay.

Les élèves sont prêts à présenter le fruit de leurs efforts et à ouvrir les portes de leur boutique à la communauté.

Récup’Art vend principalement des créations faites à partir de matériel électronique récupéré, de bois et de rebus d’autres projets. « Notre produit vedette est notre fameuse boîte à patates et à oignons », remarque l’éducatrice spécialisée au CTE.

Ces objets sont fabriqués par une quarantaine d’élèves, âgés de 16 ans et plus, curieux de vivre de nouvelles expériences professionnelles et relationnelles. « La plupart ont un parcours scolaire différent dû à des problèmes affectant leur apprentissage et leurs relations interpersonnelles », souligne Mme Tremblay.

La principale mission des intervenants qui les encadrent, c’est de leur faire vivre des réussites. « Ce qui est plus facile, c’est que contrairement à l’école secondaire, ici, on ne croise pas d’autres élèves qui risquent de rire de nous », confie Stéphanie Viger Bouchard.

D’ailleurs, grâce à cette école, Stéphanie vient d’être engagée dans une entreprise qui l’avait reçue pour un stage. « Je fais le service aux tables dans une résidence pour personnes âgées de Chicoutimi-Nord », mentionne-t-elle fièrement.

Au CTE, tout est prétexte pour s’épanouir. La boutique, qui assure un service à la clientèle et la production de facture, fait aussi partie intégrante des plateaux d’apprentissage de cette école des adultes de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay. Avant d’arriver en boutique, les objets cheminent entre l’atelier d’ébénisterie, l’atelier de démontage de pièces électroniques et l’atelier de création. Ces plateaux sont encadrés par trois enseignants et deux techniciens.

L’enseignant et ébéniste Charles Soucy entraîne ses élèves dans des projets audacieux. « La plupart de nos idées, on les trouve dans les poubelles », souligne l’enseignant, qui venait tout juste d’y ramasser une petite bibliothèque.

Du côté de l’électronique, une fois que le démontage est fait, c’est la technicienne Judith Havenne qui guide les élèves vers des idées de création.

Au lieu de jeter ses appareils électroniques désuets, la commission scolaire offre son matériel au CTE. Le reste est envoyé au Carrefour Environnement Saguenay, qui est installé dans la même bâtisse. La population est aussi invitée à venir déposer son matériel électronique dans le grand bac extérieur, accessible en tout temps.

Les profits des ventes servent à différentes activités scolaires ou à l’achat de matériel.

Dans leurs spacieux locaux, les élèves du CTE ont accès à un petit salon qu’ils ont réfléchi afin de se réunir. « Pour ce salon, il a fallu acheter des meubles. On a utilisé les profits de la boutique. On fait aussi beaucoup de sorties. Nous sommes déjà allés jouer aux quilles et au golf, et nous avons même déjà fait un voyage pour observer les baleines », ajoute Suzanne Tremblay.

Mégane Simard, stagiaire en éducation spécialisée, Stéphanie Viger Bouchard, élève du CTE, et Suzanne Tremblay, éducatrice spécialisée, présentent la boutique Récup’Art.

L’école Laure-Conan utilise aussi l’édifice pour offrir un meilleur encadrement à des jeunes de 16 ans et plus ayant cumulé du retard dans leurs études. Sur ces 40 élèves, un peu moins de la moitié ont les capacités pour vivre des stages à l’extérieur de l’école. L’équipe qui les encadre a à coeur leur réussite et cherche constamment des solutions pour intégrer ces jeunes sur le marché du travail.

« J’ai envoyé un élève faire un stage à la Fromagerie Boivin. J’ai fait trois chiffres de soir et de nuit avec lui pour le rassurer. Ça en valait le coup puisqu’il a été engagé », conclut Mme Tremblay.