À l’animalerie où il travaille, Charles-Antoine remarque que les mythes entourant les poissons rouges sont nombreux.

Passionné par les poissons

CHRONIQUE / À l’âge de quatre ans, Charles-Antoine Gagnon se rend à l’animalerie pour adopter son tout premier animal. Sa mère est loin de se douter que ce geste éveillera une grande passion dans le cœur de son petit garçon.

Attentif aux besoins de son poisson betta, l’enfant se met aussitôt à fouiller dans les livres et à écouter des documentaires sur toutes les espèces marines. « Je ne sais pas de qui je retiens ça. Aucune personne, dans ma famille, n’a de poissons », remarque le jeune homme maintenant âgé de 17 ans. Pendant toute son enfance, il retourne régulièrement à son animalerie préférée, où on l’accueille par son prénom, pour acheter de l’équipement ou recevoir quelques conseils pour son poisson.

Rapidement, il se met à ramasser son argent dans le but d’acquérir de plus gros aquariums d’eau douce et d’eau salée. Vers l’âge de 12 ans, il commence à s’équiper plus sérieusement. Aujourd’hui, il ne compte plus l’argent et le temps investis dans ce loisir. Il fouille encore souvent sur YouTube et sur différents blogues pour en apprendre toujours plus. « Dans ce domaine, il y a plusieurs écoles de pensée. On ne peut pas se fier juste à une personne. On apprend aussi de nos essais et nos erreurs », ajoute-t-il. D’ailleurs, il tente présentement une expérience de reproduction de poissons avec un de ses amis.

En mai 2017, il se décide à aller porter son curriculum vitæ à l’Animalerie Jonas de Chicoutimi, endroit qu’il chérit depuis son enfance. À son grand plaisir, on l’engage aussitôt comme conseiller dans le département des poissons. « J’aime renseigner les gens pour leur éviter de faire les gaffes que j’ai faites », mentionne le conseiller.

Celui qui vient tout juste d’avoir 17 ans vient d’entamer ses études collégiales en sciences de la nature dans le but de poursuivre ses études universitaires en biologie marine. « Je rêve de travailler auprès des plus grands chercheurs pour collaborer à la protection des milieux naturels des espèces marines », projette l’étudiant. Jusqu’à maintenant, il a visité plusieurs aquariums, dont celui de Boston et il rêve d’aller en Australie et à Hawaï pour nager avec les poissons.

La grande passion de Charles-Antoine Gagnon a commencé avec un betta.

Évidemment, avec les poissons, il ne faut pas s’attendre à recevoir beaucoup d’affection!

« Avoir un aquarium est un divertissement, une façon de relaxer et de se changer les idées. C’est un passe-temps qui demande beaucoup d’investissement de temps et d’argent. Plus on a de poissons, plus les risques d’infections sont élevés », précise-t-il.

Mythes

On néglige beaucoup les soins apportés au poisson rouge en disant que c’est juste un poisson. « C’est cruel, parce qu’il peut vivre 30 ans, mais comme les gens le maintiennent dans de mauvaises conditions, il dépasse rarement quelques mois », constate Charles-Antoine. En le gardant dans un petit bocal, le poisson rouge, qui devrait mesurer jusqu’à neuf pouces, n’arrive pas à grandir alors que ses organes grossissent, si bien qu’il finit par en mourir.

Charles-Antoine remarque que plusieurs pensent qu’un poisson « mangeur d’algues » permet de garder un aquarium plus propre. « Ce poisson va manger une petite partie des algues, mais va engendrer encore plus de déchets. Il doit plutôt servir à l’esthétique parce qu’il est beau. »

Certains poissons, qui doivent êtes gardés dans des aquariums d’eau salée, sont devenus très populaires à la suite du film Nemo. Ce dernier est un poisson-clown qu’on arrive à faire reproduire en captivité. Ces fermes d’élevage sont davantage situées aux États-Unis. Par contre, la fameuse complice de Nemo, Doris (chirurgien bleu), doit être capturée dans son milieu naturel. Plusieurs ne supporteront pas le périple jusqu’aux animaleries du Québec. Ce processus détermine leur prix.

À l’animalerie Jonas, Charles-Antoine se sent comme un poisson dans l’eau !

Passion

Comme le prouve Charles-Antoine, un simple livre, un documentaire ou un film peut allumer une grande passion. « Pour ceux qui veulent s’initier à ce loisir, le betta est facile à garder et n’a pas besoin d’un gros bocal. Pour ceux qui souhaitent avoir un équipement un peu plus gros, il est possible, pour une centaine de dollars, de démarrer un petit aquarium de cinq gallons », souligne-t-il. Malheureusement, les poissons ne sont pas épargnés par l’abandon. « Certains auront la mauvaise idée de les abandonner dans des cours d’eau. Le poisson rouge, par exemple, est une espèce résistante qui risque de débalancer l’écosystème et de faire mourir d’autres espèces », conclut Charles-Antoine.

Heureusement, il existe plusieurs groupes Facebook où les membres s’entraident et échangent des poissons entre eux.