Marc Landry bénéficie des services de l’Association Renaissance des personnes traumatisées crâniennes du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Râto aime bien écouter l’ancien joueur de batterie jouer du djembé.

Ma première expérience au casse-croûte

CHRONIQUE / Le 8 juin prochain, de 11 h à 19 h, je vais vivre une première expérience en restauration. Sarah Charbonneau, la propriétaire du casse-croûte l’As de Cœur de Saint-Gédéon, m’invite à passer une journée avec son équipe pour m’initier à sa réalité.

Tous les pourboires de la journée seront remis à un organisme de mon choix.

C’est Élaine Beauregard, une employée, qui m’a lancé ce défi. Après réflexion, j’ai choisi d’amasser de l’argent pour l’Association Renaissance des personnes traumatisées crâniennes du Saguenay–Lac-Saint-Jean, parce que j’ai un oncle qui en est membre.

Mon oncle Marc Landry, qu’on surnomme Marco, a eu un grave accident il y a un peu plus de 30 ans. Il s’est fait frapper par une voiture en traversant la rue à pied un soir de pluie, alors qu’il habitait à Beauharnois. C’était en juin 1987. Il est resté trois mois dans le coma. Avec son côté gauche paralysé, il garde des limitations physiques qui l’empêchent de travailler et d’avoir une vie autonome. Il habite dans une résidence en milieu familial avec d’autres bénéficiaires.

De plus, ayant subi un traumatisme crânien, il n’a plus de mémoire à court terme. Il se souvient de son passé, mais impossible de se rappeler ce qu’il vient de manger. Marco est venu nous rejoindre au Saguenay en 2009. C’est là qu’il a découvert l’Association Renaissance, situé au 2223, boulevard Saguenay Est à Jonquière. Grâce aux dévoués intervenants, toutes les semaines, il est stimulé et vit des expériences valorisantes.

Chaque année, il joue dans une pièce de théâtre, ce qui l’aide à travailler sa mémoire. Il écrit aussi dans le journal L’Éveil et il participe à des cafés-rencontres. Pour lui, la vie se vit au jour le jour, sans penser à demain, ni à hier. Quand on parle avec lui, il faut parler au présent, sinon, il va user de son sens de l’humour et ses talents de politiciens pour trouver un paquet de trucs pour éviter qu’on remarque ses troubles de mémoire.

C’est sans doute son sens de l’humour qui lui permet de garder le moral. Le grand intellectuel en lui ne peut plus lire de livres, écrire ou travailler dans le monde des médias. Par contre, il aime encore aussi passionnément écouter de la musique, aller voir un spectacle, commenter l’actualité et philosopher sur la vie.

Vouant une grande admiration pour mon oncle, c’est lui qui m’a initiée au dessin, à la radio et à l’écriture quand j’étais enfant. Il m’a aussi transmis son sens de l’humour en m’apprenant mes premières niaiseries qui ne plaisaient pas toujours à ma mère ! Grâce à lui, j’ai toujours continué de peindre sur les murs de ma maison et à mon tour j’ai initié plusieurs enfants à cette forme d’art.

Association renaissance


L’an passé, l’Association Renaissance comptait 254 membres. Cette année, le nombre est grimpé à 312. L’équipe compte six employés à temps plein et autant d’employés à temps partiel.

Le 8 juin prochain, de 11h à 19h, le casse-croûte l’As de Coeur de Saint-Gédéon remettra ses pourboires à l’Association Renaissance. L’évènement sera remis au dimanche en cas de pluie.

« Les personnes traumatisées crâniennes (TC) ont toutes des séquelles différentes, mais on retrouve beaucoup la fatigue, les pertes de mémoire et la perte d’autonomie », explique la présidente du conseil d’administration de l’Association Renaissance, Mme Éliane Martel. Impliquée depuis dix ans dans l’organisme, elle remarque que certains cas peuvent même conduire au divorce et à l’isolement. « Les activités qu’on offre servent à maintenir les acquis des membres après leur réadaptation », précise Mme Martel. En 2018, 475 activités sportives, culturelles et sociales ont été offertes par l’Association Renaissance.

Toute l’année, il y a aussi des services de répit, des camps et de la défense des droits. « On a aussi un fond de dépannage pour aider à payer certaines activités pour les gens dans le besoin, même si les coûts ne sont jamais extrêmes », poursuit Mme Martel, qui constate une amélioration chez plusieurs membres. Grâce à l’Association, les membres sortent de l’isolement et se reprennent en main devant cette nouvelle vie.

L’an prochain, l’Association fêtera ses 25 ans et les projets sont nombreux. « Dernièrement, un comité s’est formé pour étudier la possibilité d’offrir de l’hébergement spécifique pour notre clientèle afin de regrouper les personnes TC ayant des problèmes similaires », ajoute Mme Martel.

Le plus difficile, comme bien des organismes, c’est de se faire connaître. « Quand on reçoit des dons, on se fait un honneur de dire où va cet argent et quels projets on a réalisés », conclut la présidente du CA.