Depuis deux ans, l’artisan de Chicoutimi Gérald Savard se consacre à la fabrication de bijoux. L’habile menuisier a même fabriqué son présentoir.

Les hommes se font rares sur Etsy

Il y a un an, Gérald Savard était un des premiers hommes de la région à se tailler une place sur la plateforme Etsy, où 87 % des propriétaires de boutiques sont des femmes.

« Dans la région, on dénombre 83 membres actifs, dont seulement deux sont des hommes », annonce Fanny Martin, leader de l’équipe Etsy Saguenay-Lac-Saint-Jean. Pourtant, quand vient le temps d’exposer leurs réalisations, les artisans masculins ne manquent pas. « C’est sans doute parce qu’ils sont moins à l’aise avec ce genre de réseaux », réfléchit Mme Martin. 

M. Savard a l’habitude d’être entouré de femmes ! Père de deux filles, il est aussi le plus jeune d’une famille de quatre sœurs et trois frères. Son premier travail s’est passé dans un milieu non conventionnel, alors qu’il était coiffeur. Par la suite, il est devenu postier. Maintenant retraité, il consacre presque toutes ses journées à la création de bijoux, qui plaisent particulièrement aux dames. 

M. Savard a toujours comblé ses temps libres en bricolant. « Je bricole depuis que je suis adolescent. J’ai fait de la poterie, du dessin, de la peinture, des meubles, et là, je fais des bijoux », relate l’homme de Chicoutimi. 

C’est Caroline Savard qui a proposé à son père d’ouvrir une boutique Etsy. N’étant pas à l’aise avec cette plateforme Web, il avait laissé sa fille prendre les devants. Par la suite, Caroline a initié ses parents à leur boutique virtuelle AteliersG. Depuis ce temps, M. Savard prend les photos de ses œuvres, et sa femme, Suzanne Savard, les met en ligne. Ils ont déjà quelques ventes à leur actif, mais ils remarquent que leur meilleure publicité est le bouche-à-oreille. 

Depuis des années, Mme Savard aide son mari à remplir un impressionnant porte-folio regroupant des photos des centaines d’œuvres qu’il a conçues dans son sous-sol et dans son petit atelier installé sur le terrain à l’arrière de sa maison. 

Loisir

Le vaillant artisan a déjà fait des ensembles de vaisselle complets et des meubles sur mesure. Il avait plus l’impression de produire plutôt que de créer. « En poterie et en menuiserie, je me suis fait un peu avoir avec les demandes qu’on me faisait. Je devais répondre à des commandes et je n’avais plus autant de liberté », poursuit M. Savard. Aujourd’hui, il fait ce qu’il a envie de faire. Il se lève vers 8 h et part dans son atelier vers 9 h. Il travaille là en moyenne quatre heures par jour. Dans ce laboratoire, devenu son havre de paix, il expérimente différents matériaux, dont le bois, le cuivre, l’étain, l’inox, les perles et les pierres. Soucieux d’offrir des produits à des prix accessibles, il récupère aussi des objets pris sur différents bijoux délaissés « Comme les pierres coûtent cher, j’utilise parfois du bois pour les remplacer », confie l’homme. Internet l’aide à apprendre et à s’inspirer. « Quand je me pose des questions sur certains procédés, je vais voir des vidéos explicatives sur Internet. Je fouille aussi sur Pinterest pour savoir ce qui se fait ailleurs », ajoute-t-il. 

Petite-fille

La création de bijoux a commencé il y a deux ans, quand sa petite-fille, Raphaëlle St-Pierre, qui avait alors dix ans, découvrait les talents de son grand-père dans différents meubles de sa maison. Impressionnée, elle a donc fait une demande spéciale à son grand-papa en lui commandant une bague en bois. Le grand-père, qui n’avait pourtant jamais fait de bague en bois, ne pouvait pas résister à la demande de sa petite-fille. Il a accepté le défi avec joie. Depuis ce temps, il s’est monté un inventaire de bagues qui plaisent même aux hommes. Dernièrement, un homme lui a commandé un jonc de mariage, annonce fièrement Mme Savard. Une collection de bijoux est même inspirée de Raphaëlle et porte le nom Miss Rafi. 

Dans son atelier, Gérald Savard savoure sa retraite en fabriquant des bijoux.