Stéphanie Brassard reproduit principalement des animaux domestiques que les gens souhaitent immortaliser en une oeuvre d’art colorée.

Le vent dans les voiles

CHRONIQUE / Il faut compter 16 à 20 semaines d’attente quand on fait une commande aux artistes qui gèrent la page Facebook C’est Palette .

C’est dans sa spacieuse maison de Saint-Honoré que Stéphanie Brassard peint presque tous les jours. Son atelier a vu le jour au milieu de sa cuisine, entourée de ses trois enfants de 6 ans, 2 ans et 3 mois. Les tableaux sur lesquels elle peint sont construits par son conjoint, Michaël Simard.

C’est directement sur la table de la cuisine que l’artiste s’installe pour créer tout en répondant aux besoins de ses petits. « Ce serait impossible d’avoir mon atelier ailleurs dans la maison, parce que je dois être là pour allaiter mon bébé et les surveiller », raconte celle qui est en congé de maternité. Stéphanie s’inspire de cet environnement pour teinter son bois avec des produits qu’elle trouve dans son garde-manger, comme du café, du thé, de la chlorophylle et du jus de betterave. Ça évite aussi de prendre des produits qui sentent fort et qui pourraient incommoder la petite famille.

Tout a commencé en 2015 alors que le couple venait à peine de se connaître. « Je voulais une table de salon faite en bois de palettes », se remémore Stéphanie. Après avoir acheté une palette de bois franc à 50 $, Michaël s’est lancé dans la fabrication de la table. « Comme je ne voulais pas jeter les restants de bois, j’ai eu l’idée de peindre la silhouette d’un chevreuil sur les planches qui restaient », ajoute la jeune femme.

Le chat Billy

Après avoir publié l’oeuvre sur son compte personnel Facebook (FB), la nouvelle artiste a reçu tellement de commandes qu’elle a créé une page FB baptisée « C’est Palette ». Peu de temps après, Joli Joli Design, qui compte plus de 36 000 abonnés, a partagé les créations de Stéphanie et de Michaël sur les réseaux sociaux.

Les demandes affluent

Rapidement, les abonnements ont explosé, et les demandes ont afflué de partout. À l’été 2015, les tourtereaux ont profité d’un voyage à Montréal pour livrer une cinquantaine d’oeuvres un peu partout entre le Saguenay et la métropole. Puis, un client leur a demandé de reproduire une photo de son animal. Stéphanie s’est élancée, et le résultat fut plus qu’époustouflant. La vague des silhouettes de cervidé, trop exploitée un peu partout, a rapidement fait place à celle des animaux domestiques colorés.

« Je ne me considère pas comme une artiste. Je ne sais même pas dessiner ! Ce que je fais, c’est de la reproduction », répète souvent Stéphanie, qui a une formation en diététique. Il faut tout de même beaucoup de minutie pour arriver à un tel résultat. « Je prends la photo d’un animal, je la travaille sur l’ordinateur grâce à trois applications de dessins et j’envoie les différentes options au client pour qu’il choisisse le modèle qu’il préfère. Ensuite, je reproduis sur un tableau qui fait habituellement 24 pouces sur 24, ou 24’’ sur 36’’ », explique la peintre. Le plus gros tableau que les artisans ont conçu faisait huit pieds de long sur six pieds de haut.

Michael n’utilise plus les palettes pour concevoir les tableaux. Il utilise du bois brut, acheté en quincaillerie, qu’il sable. La jeune maman, qui a la tête pleine d’idées, fabrique aussi des produits pour le corps à base de chanvre et de charbon. À les voir aller, on comprend que les projets alimentent grandement cette famille. D’ailleurs, Michaël, qui travaille dans le domaine de la construction, en est à la troisième résidence qu’il bâtit dans le but de la revendre.

Ce que Stéphanie trouve le plus dur dans ce loisir, qui prend de plus en plus de place dans sa vie, c’est la gestion des réseaux sociaux. Même si ce qu’elle fait est positif, elle doit gérer des commentaires parfois disgracieux. De plus, certains changent d’idée, ne veulent plus la toile ou veulent faire des modifications.

Le prochain défi qu’elle souhaite relever, c’est la réalisation de portraits d’humain.

Le couple offre aussi des toiles en cadeau pour des fondations. « J’ai une amie qui a une petite fille qui a la fibrose kystique. Tous les ans, on donne une de nos toiles que la fondation vend aux enchères », conclut Stéphanie.

Pour en savoir plus : https://www.facebook.com/Cest-palette-127 577 027 574 571/.

Stéphanie Brassard, Michaël Simard et leur petit dernier, Jackson, présentent leur première oeuvre, réalisée en 2015, avec laquelle est né leur concept C’est Palette.