L’entrepreneure derrière Mamzelle Tricot, Stéphanie Coudé, a dédié une partie de sa maison à son atelier.

Le parcours de « Mamzelle Tricot »

CHRONIQUE / On l’appelle « Mamzelle Tricot ». Elle est suivie par plus de 12 000 internautes sur Facebook. La plupart de ses clients croient qu’elle habite dans une grande ville branchée, alors qu’elle vit dans la majestueuse région du Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Tous les jours, Stéphanie Coudé tricote, même pendant l’été, afin de monter son inventaire d’hiver. Heureusement, parce qu’une partie de ses réserves de tuques, de foulards, de châles, de mitaines et de bandeaux ont déjà trouvé preneurs alors que l’automne n’est pas encore commencé.

Ce qui devait être au départ un simple passe-temps est rapidement devenu une petite entreprise qui brille sur la plateforme Etsy, là où est hébergée sa boutique en ligne.

Stéphanie est native de Bégin, puis a longtemps vécu à Saint-Ambroise. Elle est maintenant installée à La Baie depuis 11 ans.

En 2013, à l’âge de 28 ans, à quelques semaines de mettre au monde son deuxième enfant, la jeune maman a été hospitalisée pour une méningite. Quand elle a reçu son congé d’hôpital, elle était paralysée d’un côté, ne pouvait plus conduire, était sourde d’une oreille et faisait de l’acouphène, ce qui lui provoquait des vertiges.

Stéphanie Coudé

En raison des séquelles laissées par cette bactérie, Stéphanie a complètement dû revoir son mode de vie. « Comme je ne pouvais plus exercer mon travail, comme adjointe administrative pour une compagnie de transport, et certains de mes loisirs, comme le vélo, je devais me trouver de nouvelles façons de me changer les idées », se remémore la maman de deux enfants maintenant âgés de 5 et 7 ans.

Même avec deux bébés à s’occuper, elle a cherché une façon de s’épanouir davantage. « C’était lourd pour le mental. »

Une de ses amies lui a rappelé combien elle aimait tricoter quand elle était plus jeune. « Tu devrais ressortir tes baguettes pour tricoter ton stress », lui a-t-elle lancé.

« Un immense merci à cette amie, qui elle aussi tricote des merveilles sous le nom de Créations chaleureuses », écrit Mamzelle Tricot sur sa page Facebook.

Stéphanie a d’abord tricoté une tuque à sa fille et a publié sa création sur Facebook. Charmées, ses amies lui ont aussitôt passé des commandes. « Ç’a sauvé ma santé mentale ! Ça me réveillait même la nuit tellement j’avais des idées. »

En 2016, Mamzelle Tricot a officiellement vu le jour. Depuis ce temps, l’entrepreneure a dédié une partie de sa maison à son atelier, lequel compte trois imposantes machines antiques. « Mon chum m’aide beaucoup pour les réparations de mes machines. Ça ne se vend pas neuf, c’est dur à trouver et ça brise souvent. »

Mode de vie

Trois jours par semaine, de 8 h à 17 h, Stéphanie utilise ses machines à tricoter pour faire certains modèles, alors que d’autres sont faits entièrement à la main, le soir, devant la télévision. Elle doit aussi compter quelques heures par semaine pour emballer les commandes et les envoyer aux quatre coins de la province. « Je remarque une tendance face aux tricots avec des tresses et des reliefs. L’an passé, les gens voulaient mêler plusieurs couleurs à leurs tricots alors que cette année, on est plus dans les couleurs unies », souligne la tricoteuse professionnelle.

Tout au long de l’année, elle innove et ajoute toujours de nouveaux modèles – elle en a une quinzaine.

Zénitude

Le tricot est tendance. Ses vertus thérapeutiques aident à atteindre une certaine zénitude. C’est une activité propice à la relaxation. D’ailleurs, Stéphanie se fait parfois demander si elle offre des cours. « Je suis moins bonne pour expliquer. J’ai appris les techniques de base par ma grand-mère quand j’étais très jeune. Par la suite, j’ai poursuivi mes apprentissages en regardant des tutoriels sur YouTube et en fouillant dans les livres de tricots », mentionne-t-elle.

Malgré toutes ses années d’expérience, elle apprend encore. Cette forme de créativité n’a pas de limite. L’entrepreneure s’est aussi créé un réseau de contacts d’artisans, grâce aux réseaux sociaux, qui échangent et s’entraident.

Mamzelle Tricot, Stéphanie Coudé

Quand elle pense à quelque chose, elle fait un croquis et fabrique son propre patron. « Cette année, j’ai reçu une grosse commande d’une entreprise montréalaise qui offrira 70 foulards de Mamzelle Tricot comme cadeau de Noël à ses employés », conclut-elle.