Le marché aux puces de l’écocentre de Saint-Honoré

CHRONIQUE / Depuis une vingtaine d’années, l’écocentre de Saint-Honoré trie le matériel reçu pour garder les choses en bon état et les revendre à la population. Tous les profits de ces réutilisations, qui s’élèvent entre 30 000 et 40 000 $ par année, sont remis aux organismes communautaires de la ville, dont la Maison des jeunes.

« On est le seul écocentre de la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean, et peut-être même du Québec, à faire ça », explique le maire de Saint-Honoré, Bruno Tremblay.

Selon M. Tremblay, ce concept serait impossible à appliquer dans les grands centres. « Ce serait beaucoup de gestion. On ne peut pas engager une personne de plus pour gérer ce dossier, car on mangerait nos profits, poursuit-il. Tout est une question de confiance. On ne pourrait pas faire ça si on n’avait pas confiance en nos employés. »

En 2018, l’écocentre de Saint-Honoré a remis 41 000 $ aux organismes communautaires, alors qu’en 2019, le montant était de 36 000 $.

Au lieu de prendre la direction des poubelles, ces différents objets rapportent de l’argent, littéralement ramassé par terre, qui contribue au dynamisme de la ville. Les organismes qui désirent bénéficier de cette aide financière doivent faire une demande de subvention en exposant leur projet.

Gaétan Simard et Benoit Gravel veillent à bien effectuer le tri des objets ayant un potentiel de revente auprès de la population.

Si on pense que la crise de la COVID-19 a peut-être ralenti le roulement de l’écocentre, le maire croit plutôt que les gens ont eu le temps de profiter de cette pause forcée pour faire du ménage et jeter ce qui ne servait plus.

Benoit Gravel est à l’emploi depuis 14 ans comme préposé à l’écocentre de Saint-Honoré. C’est lui qui accueille les clients et les aide à disposer de leurs déchets de façon responsable. Il s’occupe aussi de cibler le matériel ayant un potentiel de revente.

Son collègue Gaétan Simard, en poste depuis le mois d’avril comme responsable de l’écocentre, prend ensuite le relais pour déterminer les prix et vendre les éléments réutilisés, qu’il répartit dans l’un des trois conteneurs. « C’est un peu comme un modèle de marché aux puces. Les acheteurs négocient », ajoute M. Tremblay.

L’équipement usagé pour enfants, dont les vélos, sont très prisés auprès de la population.

Les acheteurs reçoivent une facture des achats qu’ils ont faits et les employés de l’écocentre leur rappellent que ce geste contribue à améliorer la vie communautaire de leur ville. « C’est écologique. Ça évite de prendre l’argent des contribuables et la population apprécie, précise le maire. Dernièrement, j’ai changé des fenêtres chez moi. Comme elles étaient encore bonnes, je les ai confiées à l’écocentre, ce qui leur a permis de faire un profit de 200 $. »

Lors du passage du Progrès, un adolescent à vélo passait un peu de temps à l’écocentre. L’habitué de la place aime bien aller jeter un coup d’oeil au nouveau matériel. « C’est ici que j’ai pris mon vélo », souligne le jeune homme, en donnant volontiers un coup de main aux clients.

Évidemment, certaines choses sont plus populaires que d’autres. « Les vélos pour enfants, tous les matériaux de construction, les portes, les meubles et les fenêtres sont très populaires », énumèrent MM. Gravel et Simard, tout en accueillant un client venu jeter un ensemble de cuisine datant des années 80.

« On va prendre les chaises noires, mais pas les blanches, parce que blanc, ça ne se vend pas », lance M. Gravel.

Les responsables ont pris soin de mettre la table et quelques chaises, encore en bon état, de côté.

Par contre, comme dans tous les écocentres, il est interdit pour un client de prendre du matériel s’il est rendu à la poubelle. « C’est uniquement pour une raison de sécurité. Rendu dans le conteneur, c’est une propriété de la Ville », conclut M. Tremblay.