L’As de Coeur veut reconquérir Saint-Gédéon

CHRONIQUE / Ce printemps, Sarah Charbonneau n’a pas pris le chemin du Nord comme elle le fait depuis six ans. Elle a plutôt ouvert les portes de son casse-croûte situé au 34, chemin de Quen, à Saint-Gédéon.

La nouvelle entrepreneure souhaite envelopper L’As de Coeur d’amour, comme l’a si bien fait Johanne Boily pendant dix ans.

Inspirée par l’ancienne propriétaire du casse-croûte, décédé il y a deux ans, Sarah relance à son tour les déjeuners.

« J’ouvre tous les jours de 6 h à 19 h. La semaine, spécialement pour les travailleurs, j’offre aussi des menus du jour », mentionne la cuisinière.

Dans cette aventure, officiellement commencée depuis le 10 mai, Sarah a investi une partie de ses économies pour monter son inventaire, en espérant un fort achalandage pour la saison estivale.

En poste sept jours sur sept, elle n’a prévu prendre aucune journée de congé pendant l’été. « Le plus drôle, c’est que j’ai toujours dit que je n’aurais pas de resto parce que c’est trop d’ouvrage », se remémore-t-elle, en riant.

Avec son bagage d’expérience et sa passion pour les casse-croûtes, Élaine Beauregard est fière de faire partie de l’équipe de L’As de Coeur, aux côtés de Sarah Charbonneau.

Il faut croire que l’amour y est pour quelque chose !

En effet, c’est par amour pour son conjoint, et pour sa famille, que la résidante de Saint-Gédéon a choisi de changer son mode de vie.

« Travailler dans le Nord, à six heures de route de chez moi, ça finit par être dur pour la vie de couple », poursuit celle qui est en couple depuis un an. Son travail ne sera pas moins exigeant, mais au moins, elle sera de retour chez elle tous les soirs.

Équipe

Comme ce travail saisonnier est très rigoureux, Sarah constate qu’il est difficile de trouver du personnel.

Heureusement, dans son équipe, elle est fière d’avoir sa précieuse filleule de 16 ans, Angélique Pillon Desrochers, qui a déjà un été d’expérience dans le domaine de la restauration.

Elle peut aussi compter sur l’inestimable expertise d’Élaine Beauregard, une dynamique femme ayant eu trois casse-croûtes, dont un à Larouche. Expérimentée et généreuse, Élaine souhaite aider Sarah à développer une logistique de travail solide.

Élaine a bien hâte de renouer avec la clientèle estivale aux côtés de Sarah. Sociable et enjouée, elle aime tisser des liens avec les gens et développer une complicité avec les habitués de la place. « C’est valorisant parce que si les clients reviennent, c’est qu’ils aiment ce qu’on leur sert », remarque Élaine.

Parcours

Sarah a appris à cuisiner à l’école de la vie. Jusqu’à tout dernièrement, elle était cuisinière dans un camp forestier.

De mai à décembre, cinq jours par semaine, de 3 h le matin à 20 h le soir, elle pensait à des menus pour nourrir 40 à 100 personnes. Elle servait les déjeuners et les soupers. « Pour les dîners, je préparais des lunchs à emporter pour les bûcherons, les débroussailleurs et les planteurs d’arbres », souligne la vaillante femme du Lac-Saint-Jean.

Quand elle avait plus de 45 personnes à nourrir, elle pouvait compter sur l’aide d’une pâtissière. Elle revenait chez elle le vendredi soir et repartait de Saint-Gédéon tous les dimanches matins pour se rendre à son travail, au nord de Chibougamau, qui nécessitait six heures de route.

L’HÉRITAGE DE JOHANNE BOILY

Pendant dix ans, Johanne Boily s’est dévouée pour son casse-croûte L’As de Coeur. À l’été 2016, frappé par la maladie, la dame a terminé sa saison et mis son casse-croûte en vente.

C’est l’investisseur Mario Brisson qui a acheté l’entreprise en 2017. M. Brisson est chef propriétaire du service de traiteur Cucina de Saint-Gédéon.

Depuis le 10 mai, Sarah Charbonneau est prête à recevoir les clients à son casse-croûte L’As de Coeur de Saint-Gédéon.

Il a loué L’As de Coeur pendant les étés 2017 et 2018, mais les locataires ne pensaient pas que piloter ce genre de commerce était aussi dur.

Il est bien content d’avoir croisé la route de Mme Charbonneau, qui est motivée à faire briller L’As de Coeur comme l’a fait Johanne Boily.

« J’ai loué pour l’été et je vais peut-être renouveler l’an prochain », conclut Sarah.