Pierre Simard, mieux connu sous le nom de Monsieur Fable, est également romancier, poète, nouvelliste, formateur, blogueur et conférencier.

La planète a besoin de Monsieur Fable

Pierre Simard, dit Monsieur Fable, a écrit sa première fable le 3 février 2009. Depuis ce temps, il a 1000 fables à son actif.

D’entrée de jeu, il nous fait une mise en garde. « J’ai dernièrement été diagnostiqué comme étant TDAH, H majuscule exposant 2 », avertit M. Simard en riant. S’en suit une entrevue où il nous amène dans son enfance, son adolescence et sa vie adulte.

« J’ai toujours roulé trois ou quatre affaires en même temps, j’ai appris à parler plusieurs langues… J’aime ça quand ça bouge » poursuit-il.

Jusqu’à tout dernièrement, il possédait cinq entreprises! « J’en ai fermé quelques-unes. Il me reste ma maison d’édition que je garde uniquement pour publier les oeuvres de Monsieur Fable », ajoute le fabuliste animalier.

Le coloré écrivain, qui a publié 17 livres, est également romancier, poète, nouvelliste, formateur, blogueur et conférencier. « Sur la planète, il y aurait seulement huit personnes professionnelles qui écrivent des fables, dont six en France », stipule Monsieur Fable.

« À 5 ans, j’ai reçu un dictionnaire Larousse 1959. C’était le plus beau cadeau du monde. Ça me prenait des mots pour devenir écrivain », se remémore l’homme dans la soixantaine.

Avant de devenir écrivain, Pierre Simard a pourtant pris quelques détours, bifurquant en ébénisterie, en massothérapie, en art martial et en enseignement, entre autres.

Lisant régulièrement des autobiographies de femmes, vouant une admiration pour leur courage et leur capacité à élever leur famille, un jour, il est tombé sur le livre de Cora Tsouflidou, la propriétaire des restaurants Cora. « Par la suite, j’ai trouvé son courriel privé pour lui écrire à quel point son livre m’avait interpellé ». Le lendemain matin, Mme Cora lui répondait.

« Le 3 février 2009, alors que je déjeunais en sa compagnie, je me suis lamenté. Je la trouvais chanceuse d’avoir si bien réussi dans la vie, alors que moi, je rêvais d’être écrivain », se souvient M. Simard. »

Je n’ai pas attendu que quelqu’un ouvre un restaurant et le mette à mon nom », lui lance alors la dame, en lui faisant comprendre que s’il voulait réaliser son rêve, il n’avait qu’à s’y mettre, au lieu de se trouver des excuses…

« J’ai tourné mon napperon de bord et j’ai écrit une première phrase !»

Ateliers
L’homme, natif du Lac-Saint-Jean, qui vit maintenant à Lévis, fait le tour du Québec pour imprégner les jeunes de son amour pour les fables et assurer la relève de ce métier. Dans ses ateliers, il raconte son parcours atypique et donne des trucs d’écriture.

Les élèves sont ensuite invités à réaliser une création littéraire à partir d’une émotion et à illustrer cette dernière. Certaines de leurs oeuvres se retrouvent dans ses livres. « Quand ils voient leur dessin ou leur fable sur mon site ou dans un livre, ça change leur vie pour toujours. Je leur dis que s’ils ne savent pas quoi faire dans la vie, qu’ils deviennent donc écrivains de fables. La planète a besoin de gens sages », mentionne Monsieur Fable.

Parcours
Pierre Simard a quitté le nid familial à 16 ans, sur le pouce. Il s’est retrouvé à Montréal à dormir sur un banc du parc Maisonneuve.

Au bout de quelques jours, un homme est venu s’asseoir auprès de lui en lui offrant un café noir. C’est sur ce banc de parc, réconforté par un inconnu, qu’il s’est promis d’être heureux toute sa vie.

Peu de temps après, il s’est inscrit au Centre de formation professionnelle en lettrage commercial. Par la suite, il est devenu détenteur d’une maîtrise en théologie pratique de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) et de la scolarité doctorale en éthique professionnelle de l’Université de Montréal.

Pour remercier cet homme et rembourser son café, il est devenu famille d’accueil, pendant une dizaine d’années, pour des jeunes en difficulté.

Il planche présentement sur un livre pour rapatrier ses 1000 fables, inspirées de la vie de tous les jours. Comme cette fable qu’il a écrite cet été en pensant à ces gens qui passent leur vie à se lamenter :

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CANARD BOITEUX ET DEMOISELLE SAUTERELLE
Né dans un corps qui le faisait souffrir,

Canard Boiteux se plaignait à la ronde

qu’il avait toutes les raisons du monde d’être malheureux et de maudire. 

Tannée de l’entendre sans cesse gémir,

intervint enfin Demoiselle Sauterelle

qui derrière son sourire éternel,

cachait ce que la vie lui avait fait subir.

Elle aussi, elle aurait eu tout le loisir

de se lamenter de ce corps disproportionné

que son patrimoine génétique lui avait attribué,

sauf qu’aux jérémiades elle avait choisi le rire.

Comme on peut toujours choisir

avec qui il est agréable de se réunir,

il faut sans cesse se souvenir :

Qui toujours se lamente et soupire,

éteint des amis leur plaisir

et finit par les faire fuir.