Dans un peu plus de trois mois, Olga Bergeron savourera sa retraite pendant que ses enfants Marie-Claire et Martin Boivin veilleront à la continuité de l’entreprise familiale située à Jonquière au coin des rues Poitras et Larouche.

La friperie Le Dépanneur a de la relève

Olga Bergeron compte les semaines qui la séparent de sa retraite prévue en juillet prochain. Après 25 ans comme entrepreneure, la dame de Jonquière cède le flambeau à ses enfants.

« J’ai plein de projets ! Je veux voyager, profiter de la vie et, bien sûr, je veux continuer de faire du bénévolat pour ma fille qui prendra la relève de la friperie », lance la maman au grand coeur. 

L’aventure entrepreneuriale de la famille Bergeron-Boivin a commencé en 1994, alors que Mme Bergeron se lançait en affaires en achetant un dépanneur situé au 2316 rue Larouche à Jonquière. En 1998, elle faisait l’acquisition de la bâtisse au complet qui assurait un revenu grâce à des commerces loués et cinq appartements. Par la suite, elle a fait ajouter un loft présentement occupé par son fil Martin.

En 2010, le locataire du local loué par Banquets Saguenay quittait les lieux. « Je me suis retrouvée avec un immense local très difficile à louer », se remémore la femme d’affaires. Emballée par les défis, Mme Bergeron a l’idée de faire un appel à tous parmi ses contacts pour ramasser des vêtements dans l’optique d’ouvrir une friperie. Le projet s’est concrétisé en octobre 2010 et la friperie Le Dépanneur a vu le jour au 2325 rue Poitras. « Ici, on se sent bien. C’est comme une famille. C’est grand, c’est bien rangé, c’est propre et c’est agréable de magasiner. En plus Olga a toujours des thématiques selon les fêtes », raconte une fidèle cliente. 

Un sentiment d’appartenance s’est rapidement créé dans le secteur. « Tous les jours, j’ai de nouveaux arrivages et je garde beaucoup de choses au sous-sol pour faire ma grosse vente de garage qui a lieu tous les ans, en juin », poursuit l’originale propriétaire qui a aussi un coin de déguisements très populaire. 

N’ayant pas peur de l’ouvrage, Mme Bergeron a longtemps travaillé jusqu’à midi au dépanneur et, le reste de la journée, parfois jusqu’à tard le soir, elle était dans sa friperie. Comme elle habitait un loyer à même la bâtisse, il était difficile de décrocher du travail. « Sans l’aide de mon conjoint, Réjean Simard, je n’aurais pas pu faire tout ce que j’ai fait. Il m’a beaucoup aidée », remarque Mme Bergeron qui vient tout juste de déménager à Alma avec son conjoint.

Depuis trois ans, la friperie Le Dépanneur fait un don humanitaire en vêtements pour que Alphonse Ahikye-Batu puisse aider les communautés dans le besoin.

Fille

Après ses études en secrétariat, Marie-Claire Boivin s’ennuyait un peu dans son travail de bureau. Tout comme sa mère, la flamme de l’entrepreneuriat brûlait en elle. En 2011, du haut de ses 25 ans, elle ouvrait la crèmerie Méli-Mélo, au 2323 rue Poitras, dans un local de l’immeuble familial. Par la suite, elle greffa une multitude de produits et services pour les fêtes. Depuis un an, Marie-Claire compte un précieux associé, Louis-Félix Ouellet, qui s’impliquera aussi dans la friperie dont Marie-Claire sera bientôt propriétaire. Mère de deux enfants, comme elle occupe un des appartements situés dans le même immeuble que son lieu de travail, son mode de vie concilie bien le travail et la famille. 

Fils

Depuis plus d’un an, le fils aîné de Mme Bergeron, Martin Boivin, a fait l’achat du dépanneur Boivin. C’est principalement sa conjointe qui y travaille, alors que lui occupe un emploi en informatique qui lui permet parfois de travailler de la maison. Bientôt, il deviendra propriétaire de la bâtisse qui compte maintenant six loyers résidentiels et quatre commerces loués. « La fin de semaine passée, mon garçon a officiellement commencé à travailler au dépanneur », souligne fièrement Martin qui pourra à son tour compter sur de la relève. Évidemment, avec cette transaction, le nouveau propriétaire de l’immeuble aura son lot de responsabilités face à l’entretien de cette bâtisse qui nécessite constamment des investissements. 

Humanitaire

Depuis trois ans, Alphonse Ahikye-Batu, un homme de Baie-Comeau, natif du Congo, vient chercher des vêtements qui n’ont pas trouvé preneurs à la friperie Le Dépanneur. « Il remplit un gros camion cube de 15 pieds. Il aide d’abord les gens de Baie-Comeau et envoie le reste des vêtements en Afrique », conclut Olga Bergeron.