La détresse et l'entraide sur les réseaux sociaux

CHRONIQUE / Avec des milliers de contacts sur les réseaux sociaux, il est normal de voir certains d’entre eux vivre de dures épreuves, tomber malades et même mourir.

Qu’on soit simple voyeur ou importun, on s’immerge dans la vie des gens sans trop se poser de questions. Devant un statut de détresse, on a toujours le choix de réagir ou de faire comme si on n’avait rien vu. On s’habitue tranquillement à voir des gens souffrir autour de nous, comme si la distance Internet nous rendait plus froids. 

Pour ceux qui veulent contribuer à apaiser les épreuves vécues par leurs contacts, les campagnes de sociofinancement sont toujours rassembleuses et efficaces. Ce moyen est souvent utilisé pour les personnes vivant une situation financière difficile, due à la maladie. C’est le cas de Caroline et Sébastien, qui doivent s’adapter à leur nouvelle vie alors que Caroline a fait un AVC il y a 18 mois. Comme sa femme ne peut plus travailler, Sébastien n’arrive plus à rejoindre plus les deux bouts. Le 21 mai, en quelques clics, un de leurs amis a créé une page GoFundMe pour leur venir en aide (https ://www.gofundme.com/pour-caroline-et-sebastien). En deux jours, ils avaient près de 10 000 $ d’amassés, pour un objectif de 75 000 $.

Quant à Samuel Croft, un jeune homme de 24 ans de Saguenay, il est en attente d’une deuxième greffe de foie. Ne pouvant plus travailler, son ami, Jonathan Pageau, a créé une campagne de sociofinancement (https ://www.gofundme.com/samplait). En 24 heures, il était à moins de 2000 $ de l’objectif de 5000 $.

Décès

Bien que jadis, on apprenait le décès de nos connaissances par le biais de la nécrologie dans le journal, maintenant, on l’apprend sur Facebook (FB). Le plus troublant, c’est quand ces contacts racontent leur cheminement vers la mort, alors qu’ils savent que leur combat est perdu. 

Il y a quelques semaines, un de mes contacts FB a perdu son combat contre le cancer. Il a tout raconté sur son compte personnel, y compris ses nombreuses opérations. 

Si ça me troublait, j’avais juste à ne pas lire ses publications, me direz-vous, mais c’était plus fort que moi. Progressivement, il a mis des photos de lui où on le voyait dépérir. Sa femme a toujours été là pour lui, jusqu’à la fin. Ça m’arrachait le cœur de voir des humains vivre ça. Je gardais toujours espoir qu’il s’en sorte. J’espérais vraiment fort. 

Quelques jours avant de mourir, il a écrit que tous les espoirs étaient finis et que ses jours étaient comptés. Je pensais à lui et à sa blonde tout le temps. J’en parlais à mes proches parce que j’étais incapable de garder ça pour moi. Plusieurs fois par jour, j’allais prendre de ses nouvelles sur FB. Dans les derniers jours, comme il n’avait plus aucune force, c’est sa blonde qui alimentait les abonnés. Elle était à ses côtés, à l’hôpital, en attendant qu’il lâche son dernier souffle. 

Depuis le 5 mai, son compte FB a été transformé en compte de commémoration et sa femme prend le relais pour nous confier ses états d’âme face à cette vie qui continue après la perte d’un être cher. 

Cet homme, âgé dans la quarantaine, aura eu le temps de faire ses adieux à ses proches, contrairement à ceux qui partent subitement dans de tragiques accidents de la route. 

La mort fait partie de la vie, mais elle ne reste pas moins mystérieuse. D’ailleurs, si on savait ce qu’il y a après la mort, ce serait peut-être la fin des religions, car toutes les religions flirtent avec la mort. Si vous êtes gentils, on vous promet l’éternité ou le paradis… sinon c’est l’enfer !

Vie personnelle

Toutes les fois que quelqu’un confie une parcelle de sa vie personnelle ou de son état de santé, sur les réseaux sociaux, j’ai l’impression que je n’étais pas censée savoir ça. Je parcours mes réseaux sociaux en buvant mon café et bang, je vois une madame que je n’ai pas vue depuis belle lurette qui met une photo d’elle nue, pour montrer sa mammectomie. Je ne sais pas comment gérer ça.