La cour unique de l’École Vision Saguenay

CHRONIQUE / La toute nouvelle cour de l’École trilingue Vision Saguenay, qui a vu le jour pendant l’été 2019, ne plaît pas juste aux enfants.

« On a même vu des policiers à vélo venir essayer notre piste de cross-country », raconte en riant la codirectrice de l’école, Annie-Claude Perron. Le soir, certains jeunes du voisinage reviennent dans leur cour d’école de la rue Chabanel à Chicoutimi pour s’amuser.

Les modules n’ont rien à voir avec ce qu’on a l’habitude d’observer dans les parcs. Tout a été imaginé par les élèves et les enseignants de l’École Vision Saguenay. Les valeurs de récupération, véhiculées par l’école, ont été mises de l’avant pour donner une nouvelle vocation à des cordes, des roches, du bois et des tuyaux.

Avant de s’élancer, l’école a fait un sondage auprès de tout le monde, y compris les élèves. « Chaque enseignant demandait à sa classe d’écrire ou de dessiner leur cour de rêve. À part la piscine et le trampoline, tout était réaliste, mentionne Véronique Julien, enseignante. On a voulu créer un environnement qui laisse place à l’imagination sans interdits. Tous les modules peuvent être utilisés de plusieurs façons. »

Véronique Julien, enseignante en français et en éducation physique, et Annie-Claude Perron, codirectrice de l’École trilingue Vision Saguenay, sont bien fières de leur cour d’école, dont cette classe extérieure.

L’enseignante en français et en éducation physique mijote ce projet depuis près de trois ans avec son équipe. Outre les modules de jeux, les élèves bénéficient aussi d’une classe extérieure, munie de bûches en guise de chaises, idéales pour la lecture. À leur grand bonheur, les élèves suggèrent même des scénarios que les concepteurs n’avaient même pas prévus.

« Je me suis beaucoup inspirée du Batawa Park, où j’allais souvent avec mes enfants quand je restais en Ontario », poursuit Mme Véronique.

Ce parc, dépourvu de couleurs vives et de modules métalliques traditionnels, utilise plutôt des matériaux naturels.

Dans sa stratégie, au lieu de focaliser sur les problèmes, le personnel de l’École Vision a choisi de miser sur la diversité. « Les élèves se plaignaient de ne pas avoir assez de balançoires. Au lieu d’en ajouter, nous avons ajouté d’autres possibilités. Ainsi, les élèves sont plus dispersés lors des récréations, selon les zones qui les intéressent. »

Pour financer ce grand terrain de jeu, les élèves ont participé à plusieurs compagnes de financement au cours des dernières années. Deux papas ayant des entreprises d’aménagement paysager se sont impliqués dans la réalisation des modules. « Comme les modules n’existaient pas, ils ont été créés sur place en fonction du terrain et en respectant certaines normes de construction », souligne Madame Annie-Claude.

En plus de répondre à un besoin de grimper et de construire, il fallait aussi intégrer les jeux traditionnels, tels que la marelle, et favoriser la créativité. « Je me suis inspirée de mes recherches, où j’ai appris que si on mettait des choses lourdes à soulever, on réduisait la violence dans les cours d’école. Il fallait aussi trouver le juste milieu entre la sécurité et le risque pour amener les enfants à relever des défis », explique Madame Véronique.

« Comme la cour d’école est en constante évolution, on prévoit planter des arbres et des plantes, tout en faisant appliquer les notions de respect de l’environnement », conclut la codirectrice.

L’École trilingue Vision Saguenay vit présentement sa quatrième année scolaire. L’école est passée de deux classes en 2016 à cinq classes à ce jour, lesquelles regroupent 125 élèves. L’école grandit en même temps que les élèves, tout comme la dynamique équipe du personnel, qui compte 20 membres.