Félix et Florence Lavoie ont fait preuve de générosité lors de cette journée spéciale.

Je vous lève mon chapeau

CHRONIQUE / L’autre jour, j’étais assise à la table à pique-nique d’un casse-croûte et j’écoutais une dame qui se lamentait du temps d’attente pour avoir ses deux hot-dogs.

Elle s’est décidée à aller voir la personne derrière le comptoir.

« Comment ça se fait que le numéro 3 a eu sa commande avant moi, qui ai le numéro 2? Il a quelque chose qui ne marche pas dans votre affaire, lance la cliente.

– Il y a des commandes plus longues à faire que d’autres, Madame, répond la cuisinière, qui se démène pour répondre aux clients, prendre les commandes au téléphone et préparer les repas.

– Me semble que des hot-dogs, ce n’est pas long à faire. J’aimerais ça parler à ton patron.

Sarah Charbonneau et Élaine Beauregard m’ont accueillie comme employée d’un jour au casse-croûte L’As de Coeur de Saint-Gédéon dans l’optique de remettre leurs pourboires à une bonne cause.

– Je suis le patron! »

– Ne prenez pas les commandes au téléphone si vous n’êtes pas capables de fournir, suggère amèrement la cliente, qui reçoit enfin sa commande. »

Un client, c’est comme ça. Même en vacances, quand il fait beau, ça se permet de donner des conseils.

Mon expérience

Le 8 juin, j’ai vécu la réalité des dévoués employés d’un casse-croûte; ils se battent sans compter leurs heures, de mai à septembre, pour répondre à la clientèle.

J’étais l’employée d’un jour à L’As de Coeur de Saint-Gédéon. La propriétaire, Sarah Charbonneau, et son employée, Élaine Beauregard, m’ont accueillie dès 10 h. J’ai pris quelques minutes à écouter les bons conseils de l’énergique Élaine, qui cumule plusieurs années d’expérience dans le domaine.

Me voilà en train de jouer au restaurant avec mon père, Normand Viau.

Vers 11 h, les premiers clients sont arrivés. Rapidement, j’ai développé un intérêt pour gérer les friteuses et faire les poutines. Je retiens sûrement ça de mon père, fier cultivateur de patates!

Ce qui me surprend, c’est de voir à quel point les clients ne sont pas dans le même état d’esprit que nous. Pendant qu’on est très vifs d’esprit pour servir tout le monde dans un délai raisonnable, ou en mode solution parce que j’ai mis du fromage en grain au lieu du fromage râpé sur la poutine, les clients se la coulent douce et jasent entre eux, sans aucun stress. Certains n’entendent même pas quand on les appelle!

Chaque casse-croûte a ses petits secrets. À L’As de Coeur, Sarah utilise des pommes de terre de la région, qu’elle fait préalablement blanchir. Les clients reviennent particulièrement pour la qualité des frites et de sa sauce BBQ, une recette qu’elle garde secrète.

Lors de cette journée, en plus d’être compréhensifs pour ma première expérience, les clients ont été généreux pour la cause. Tous nos pourboires et la moitié des ventes des hot-dogs vapeur allaient à l’association Renaissance pour les personnes traumatisées crâniennes du Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Jusqu’à 19 h, j’ai eu bien du plaisir avec mes collègues de travail, qui m’encourageaient, m’aidaient et riaient avec moi. Au bout du compte, nous avons remis 525 $ à l’association Renaissance.

J’ai particulièrement aimé opérer les friteuses et faire les poutines. J’étais généreuse sur le fromage !

Personnel demandé

Comme dans bien des domaines qui requièrent de la main-d’oeuvre, le casse-croûte L’As de Coeur est à la recherche de personnel pour combler son équipe. C’est un travail exigeant pendant la belle saison, mais aussi une très belle école pour apprendre à gérer un restaurant. Il faut faire preuve de débrouillardise pour prendre les commandes, exécuter les plats, opérer la caisse, garder les lieux propres et voir à ne jamais manquer de provisions. Le défi est de taille, mais tellement valorisant quand les clients ont de bons commentaires et reviennent pour la qualité du service.