Je veux être une Grande Soeur

CHRONIQUE / Ma réflexion sur les parrains et marraines (voir page Libre@dos) m’a donné envie de poser un geste concret en m’impliquant pour faire la différence dans la vie d’un enfant.

C’est pourquoi, j’ai contacté l’organisme communautaire Grands Frères Grandes Soeurs (GFGS), qui existe partout au Canada.

Présentement, le besoin le plus criant, au sein de l’organisme, est le manque de bénévoles pour incarner les rôles de Grands Frères et Grandes Soeurs. Sachant que des dizaines d’enfants, dans chaque organisme du Québec, sont en attente d’un mentor, je m’attendais à ce qu’on me jumelle à un enfant dès le lendemain.

J’ai été à la fois étonnée et rassurée d’apprendre que les démarches prenaient trois à quatre mois et qu’il fallait donner suite à cinq rencontres, avant d’être accepté au sein des GFGS. Bien que chaque région ait sa réalité, ses besoins spécifiques et ses moyens de financement, le protocole de sélection des bénévoles est universel partout au Canada. Certains sont refusés pour diverses raisons, notamment reliées au manque de temps qui pourrait les pousser à négliger leur engagement, au minimum d’un an, et avoir des répercussions sur un enfant ayant déjà connu l’abandon.

Rôle

Le rôle du mentor traditionnel est de faire une activité de quelques heures, avec son Petit Frère ou sa Petite Sœur, une fois aux deux semaines. La mission est de sortir cet enfant de son milieu, pour lui faire découvrir autre chose. On peut lui faire découvrir nos passions pour la cuisine, le jardinage, les animaux, les sports, le bricolage, la mécanique, etc.

Mon inscription est faite, sur le site Internet des GFGS, et, dans trois ou quatre mois, je serai peut-être la Grande Sœur d’un enfant âgé de six à 17 ans.

Je vais tenter de lui transmettre ma passion pour l’écriture et les animaux. J’aimerais le pousser à être curieux, lui faire sentir que tout est possible et surtout, l’aider à atteindre ses rêves. Évidemment, mes animaux seront très présents dans cette péripétie. Chers lecteurs, vous serez les premiers à être informés du dénouement de mon engagement.

Enfance

Autour de moi, les enfants de mes proches ont tous la chance d’être bien entourés et stimulés. Mais quand je vais dans les écoles, pour offrir des animations avec mon chien ou interviewer des jeunes, comme je le fais depuis près de 18 ans, je vois que plusieurs enfants sont déjà écorchés par la vie. Quand je pense à mon enfance, je me trouve chanceuse d’avoir été si choyée. Je me trouve privilégiée aussi d’avoir grandi avec une sœur. Sans elle, je ne serais pas la personne que je suis aujourd’hui.

Dix ans plus tard, Véronique Potvin prend encore des nouvelles d’Isabelle Fournier, aujourd’hui âgée de 24 ans et mère de deux enfants (photo du haut). Véronique Potvin, directrice des GFGS Domaine-du-Roi, a été la Grande Sœur d’Isabelle Fournier de 13 à 15 ans. Voici un de leurs souvenirs de 2009, lors d’une sortie de plein air (photo du bas).

Notre famille n’a pas été épargnée par certains drames de la vie, mais ma mère aurait été capable de nous faire passer au travers de la guerre en nous épargnant de la moindre égratignure. J’ai tellement aimé mon enfance. Je pense même que je ne l’ai jamais quittée ! Tous mes jeux d’enfance se sont prolongés dans ma vie d’adulte et j’ai encore autant besoin de me sentir libre, de m’amuser et de rire quand je veux.

Grands Frères Grandes Sœurs Lac-Saint-Jean

Malheureusement, il n’existe pas de Grands Frères et Grandes Sœurs au Saguenay, contrairement au Lac-Saint-Jean qui possède deux organisations. Véronique Potvin est directrice de la division Domaine-du-Roi, au Lac-Saint-Jean. Avant d’obtenir ce poste, l’enseignante de formation est d’abord entrée comme intervenante dans l’organisme GFGS pour faire les jumelages entre les enfants et les mentors.

Comme elle voulait vivre l’expérience de Grande Sœur, elle a joué ce rôle pendant quelques années. L’équipe, composée d’une vingtaine de mentors, aurait besoin de doubler pour répondre aux besoins des enfants de ce secteur, comme un peu partout au Québec.

Étapes

La première étape pour devenir GFGS, est de se rendre sur le site Internet de l’organisme de sa région et de remplir le formulaire en ligne pour devenir bénévole.

Une rencontre d’information est ensuite offerte dans les bureaux de l’organisme.

Le bénévole potentiel est ensuite convoqué en entrevue. Cette troisième étape se réalise avec des intervenants de l’organisme pour bien définir le type de personne qu’on est, afin de faire des jumelages qui vont perdurer.

La quatrième étape est un peu plus laborieuse puisque l’organisme doit réaliser un petit travail d’enquête pour s’assurer que les bénévoles n’ont pas d’antécédents pouvant mettre en danger les enfants.

Si on franchit la cinquième étape, c’est que le processus de jumelage est amorcé ! Reste plus qu’à faire notre choix parmi les fiches des candidats.

Après la première rencontre avec l’enfant et ses parents, l’aventure peut commencer.