Toujours dans l’optique d’améliorer son environnement ou de faciliter ses loisirs, Carl Boivin fabrique et innove pour le plaisir.

Il invente une ingénieuse chenille motorisée

La dernière fois qu’on a parlé de Carl Boivin dans ce journal, c’était en 1997, pour présenter un vélo des sables ressemblant drôlement à ce qu’on appelle aujourd’hui un fatbike. Depuis ce temps, il a inventé bien des choses, dont une chenille motorisée !

Fraîchement retraité, M. Boivin peut maintenant consacrer tout son temps à concrétiser ses nombreuses idées. « Autrefois, mes projets pouvaient s’étendre sur un ou deux ans, mais maintenant, en quelques semaines, j’y arrive », remarque fièrement l’homme, qui a gagné sa vie comme mécanicien soudeur à l’hôpital de Jonquière pendant 37 ans. 

Toujours dans l’optique d’améliorer son environnement ou de faciliter ses loisirs, il fabrique et innove, pour le plaisir. « Je reste tout près du Saguenay, et le chemin pour se rendre est très à pic. C’est difficile de remonter avec mes bottes de ski. Je cherchais une façon de remonter facilement les 300 pieds de chemin », explique le résidant de Shipshaw. Amateur de ski, de kayak et de cerf-volant traction, il voulait revenir chez lui plus rapidement après avoir pratiqué ses sports sur le Saguenay. 

Un moteur quatre temps de 15 forces, une chenille de motoneige de 20 pouces, un bras de débroussailleuse, quelques bouts de fer et cinq semaines plus tard, il avait conçu sa chenille motorisée. Avec un budget de 2000 $ de pièces et un salaire de base, Carl Boivin calcule un total d’investissements de 7000 $ en temps et en argent pour cette dernière création. 

Quand il a fait ses premiers tests, en février dernier, sa machine a dû faire un retour forcé au garage. « Un ressort s’est cassé et a fait beaucoup de dommages. J’ai dû recommander des pièces, et cette fois, j’ai mis un vrai bras de tension (tensionneur) », précise M. Boivin. Une fois bien réparé, il a repris les tests. Évidemment, avant de maîtriser sa machine, il a fait quelques cascades ! Rapidement, il est devenu un habile pilote. Puis, il a roulé aux côtés d’une motoneige pour constater, à son grand bonheur, que son invention portait mieux et callait deux fois moins dans la neige. 

Sa chenille motorisée peut atteindre une vitesse d’environ 60 km/h. « Ça prend une certaine adaptation. Mais on peut aller partout avec ça, même dans la grosse neige », ajoute-t-il fièrement. Évidemment, il ne laisserait pas un débutant partir sans mise en garde. « Il y a quand même une machine d’environ 200 livres qui te suit dans le derrière ! Il faut être très prudent. Mais je compte adapter le guidon pour pouvoir aussi conduire par en avant de la chenille », lance l’inventeur. Une attache-remorque à l’arrière de la chenille permet aussi d’y accrocher une traîne pour transporter des passagers ou des bagages. Misant sur la sécurité, la chenille motorisée est munie d’un arrêt d’urgence en cas de chute. 

M. Boivin a déjà commencé sa prochaine invention. Et pas question de répéter deux fois le même projet. L’artiste en lui a constamment besoin de se renouveler. Il planche donc sur une version électrique de sa chenille ! 


Vingt ans plus tard!

Innovations

Même si ce système de chenille existe dans d’autres formats, Carl Boivin a innové sur bien des aspects. Le poids du moteur étant au sol, il permet une meilleure stabilité, plus de contrôle et une bonne maniabilité. Il utilise la force centrifuge pour diminuer la friction et faire un certain gain au niveau de la puissance. 

De plus, pour enlever du poids, épurer son invention et minimiser la mécanique, M. Boivin n’utilise pas de roues comme la chenille de la motoneige. Le téflon permet à la chenille de bien glisser. Un système d’accès au moteur, ingénieux et simple, qui n’est pas commun dans le milieu des équipements motorisés, facilite l’entretien et donne accès au réservoir d’essence. Comparativement à une motoneige, la consommation d’essence est plus de dix fois inférieure, tout comme le niveau de pollution environnementale et auditive. 

Pour en savoir plus sur les inventions et les fabrications de Carl Boivin, visitez sa page Facebook, Inventions & fabrication Carl Boivin.

Un système d’accès au moteur, ingénieux et simple, qui n’est pas commun dans le milieu des équipements motorisés, facilite l’entretien et donne accès au réservoir d’essence.