Xavier Tremblay était bien fier de participer à la Grande journée des petits entrepreneurs pour une deuxième année.

Entrepreneur à seulement 10 ans

CHRONIQUE / Derrière le kiosque « Le petit goûté chez Xavier », se cache un fier entrepreneur de dix ans qui rêve un jour d’avoir son propre restaurant.

Avec son superbe kiosque, construit par son père François, Xavier Tremblay avoue qu’il aimerait pouvoir faire plus souvent des journées de vente. Pour l’instant, son entreprise, dressée dans le stationnement de la maison familiale, prend vie une seule fois par année lors de la Grande journée des petits entrepreneurs. Autrement, il aurait besoin d’un permis de la ville pour réaliser des ventes.

Pour sa deuxième participation cet événement, qui a eu lieu le 15 juin dernier, on peut dire que Xavier a réalisé toutes les étapes, seul, sans l’aide des adultes. L’an passé, sa mère veillait au four et assurait la sécurité. « Pendant qu’on cuisine, notre mère nous donne juste des conseils si on en a besoin », mentionne le garçon de dix ans.

Cette année, Xavier a encore eu le support de son frère Antoine, mais cette fois, il est devenu plus qu’un assistant. « L’an passé, il faisait surtout ma comptabilité », relate Xavier. Pour l’édition 2019, Antoine s’est mérité le titre d’associé. Xavier a même contaminé son frère de 12 ans à sa passion puisque le kiosque du « Petit goûté chez Xavier », affichait la spécialité d’Antoine. « J’ai fait mes carrés aux Corn Flakes. J’aime cuisiner aussi et j’aimerais bien travailler dans un restaurant, un jour », annonce Antoine.

Tout comme l’année dernière, lors de la journée des ventes, les frères Tremblay ont pu compter sur l’aide de leur cousin et leur cousine, Olivier et Alexia Simard. Marjorie Lavoie s’est aussi jointe aux pâtissiers avec son kiosque d’aloès. « Ce serait le fun, l’an prochain, de faire un petit rassemblement de jeunes entrepreneurs », souligne Mélanie Simard, la mère de Xavier et Antoine.

Cette année, Antoine est pratiquement devenu l’associé de Xavier dans l’entreprise «Le petit goûté chez Xavier».

Quelques jours avant l’événement, le jeune entrepreneur a pris l’initiative de se faire des cartes professionnelles qu’il a distribuées dans son quartier. Parmi ces nouveautés, en plus de ses populaires pizzas aux bonbons, il a ajouté les biscuits en pot.

Inflation

Pour réaliser ses recettes, en prévision de la Grande journée des petits entrepreneurs, le jeune cuisinier a d’abord fait la liste des ingrédients dont il avait besoin et s’est rendu à l’épicerie avec sa mère pour faire ses achats.

À sa grande surprise, la facture s’élevait à 118 $, alors que l’an passé elle était de 94 $. « J’ai donc un petit peu augmenté les coûts de mes pâtisseries », précise-t-il. Sa mère, Mélanie, en a profité pour lui expliquer les principes de l’inflation et le coût de la vie en constante augmentation.

Cette prise de conscience permet à Xavier d’exécuter ses recettes avec parcimonie. « Respecte les quantités et n’en mets pas plus. Ça coûte assez cher comme ça », avertissait le chef cuisinier en s’adressant à Antoine. L’an passé, avec ses profits, Xavier avait choisi de s’acheter des espadrilles dernier cri.

Avec les profits de sa deuxième édition, il n’a pas encore pensé à ce qu’il voudrait s’acheter. Cette prise de conscience lui permet de mieux comprendre la valeur de l’argent pour faire de lui un consommateur averti. « C’est certain que je veux le refaire l’an prochain, ajouter des nouveautés et faire plus de biscuits en pot, car j’en ai manqué », conclut Xavier.

Lors de la journée des ventes, Antoine et Xavier peuvent compter sur l’aide de leur cousine Alexia et leur cousin Olivier.

Parcours

Xavier sait depuis l’âge de sept ans qu’un jour il aura son propre restaurant. Pour y arriver, il n’hésite jamais à vivre des expériences concrètes. En 2017, Xavier confiait son rêve de devenir cuisinier au Progrès. À la suite de cette publication, une lectrice lui avait envoyé un superbe tablier fait par elle-même. C’est ce tablier qu’il porte toujours. Comme le garçon de quatrième année ne cuisine pas seulement pour la journée spéciale des petits entrepreneurs, et que ce loisir fait partie de son quotidien, il prend drôlement vite de l’expérience. Sa mère, qui cuisine pour ses quatre garçons de 10 à 17 ans et son conjoint, ne s’en plaint pas. Les recettes de Xavier enlèvent des tâches à la maman, aussi enseignante à la maternelle.