Pour financer un voyage éducatif en Espagne, prévu en octobre 2020, Amanda Lapointe vend des cartes qu’elle a faites.

Dessiner pour financer son voyage

CHRONIQUE / Même si son école offre une panoplie de produits de financement à vendre, Amanda Lapointe a choisi de mettre à profit ses talents en art pour financer une partie de son voyage éducatif en Espagne prévu en octobre 2020.

L’élève de troisième secondaire, de l’école Charles-Gravel de Chicoutimi-Nord, qui évolue dans le programme d’études internationales, a utilisé quatre de ses dessins pour créer des cartes qu’elle vend 5 $ chacune.

« Je vais bientôt ajouter un modèle de carte de Noël et un autre pour les fêtes d’anniversaire », souligne la jeune de 15 ans. En date du 23 novembre, l’artiste avait vendu une quarantaine de cartes en moins d’une semaine. « J’en ai que je dois livrer et d’autres que je vais envoyer par la poste », précise Amanda.

Les élèves de sa cohorte vendent aussi du fromage, des produits pour la peau, des bleuets, du chocolat, du café et des billets de crédit-voyage. Amanda remarque que le plus populaire est le fromage. « La clientèle est plus régulière. Elle achète du fromage toute l’année, chaque semaine », poursuit-elle. Le moins vendeur est le chocolat. « C’est surtout parce qu’on a juste du chocolat noir, car c’est meilleur pour la santé, mais c’est moins populaire. » Il faut dire que son école mise beaucoup sur les saines habitudes de vie. D’ailleurs, le menu de la cafétéria offre uniquement des repas équilibrés.

Il lui reste un peu moins d’un an pour amasser le montant nécessaire de 2900 $.

Passionnée par le dessin, elle avoue dessiner depuis toujours. « Quand j’étais petite, je copiais les dessins que je trouvais beaux. Maintenant, j’ai développé mon propre style. Je dessine tous les jours pour m’améliorer », raconte-t-elle. Elle s’inspire beaucoup d’artistes qu’elle suit, notamment sur son compte Instagram.

« J’aimerais bien faire des commissions. Beaucoup d’artistes en font. C’est d’offrir des dessins personnalisés, selon les demandes des clients qui vont, par exemple, vouloir que leur personnage ait les cheveux, la peau et les yeux d’une certaine couleur. »

Ferme familiale

Élevée sur la ferme familiale, à Saint-Fulgence, Amanda fait partie d’une famille où l’entrepreneuriat est au cœur de leur mode de vie.

Ayant toujours eu comme objectif l’autonomie, ses parents sont propriétaires de La Vieille Ferme, une entreprise engagée dans la production d’aliments naturels, le développement durable, la découverte et l’accueil pédagogique. Tout comme son frère Hubert âgé de 11 ans et sa soeur Eva qui a 13 ans, Amanda s’implique sur le site familial à raison de 10 à 25 heures par semaine lorsque La Vieille Ferme ouvre ses portes au public de juillet à octobre. Ils participent à toutes les étapes, de la cueillette en passant par la transformation et la dégustation des produits de leur commerce.

Depuis qu’elle est petite, l’aînée aime bien la compagnie des poules. Il y a trois ans, elle démarrait sa petite entreprise. « J’ai une quinzaine de poules brunes et je vends leurs œufs », explique Amanda. L’été prochain, elle ajoutera une quinzaine de poules pour assurer un renouvellement de certaines puisqu’après deux ans, les poules pondent moins. Pendant la belle saison, les poules d’Amanda sont en liberté dans un spacieux poulailler et les clients peuvent même avoir une interaction avec elles. « Elles sont vraiment gentilles. Elles me suivent partout. » Pour améliorer ses installations d’hiver, elle compte investir prochainement dans des cages enrichies.

Du haut de ses 15 ans, Amanda sait déjà que les voyages l’interpellent. L’été passé, elle est allée en Alberta et en octobre prochain, c’est l’Espagne qui l’attend. Elle a appris à s’ouvrir sur le monde, alors que sa demeure a longtemps été ouverte aux voyageurs.

« Pendant 10 ans, nous avons hébergé des voyageurs, principalement des Européens, qu’on hébergeait et nourrissait pour un minimum de 10 jours, en échange de leur temps pour effectuer des tâches sur la ferme. C’était une chance pour nous de découvrir d’autres cultures. C’était ma façon de voyager. On est situé dans un endroit assez isolé en hiver et j’avais besoin de ça », mentionne Carmen, la mère d’Amanda.

Élevée sur la ferme familiale, à Saint-Fulgence, Amanda fait partie d’une famille où l’entrepreneuriat est au cœur de leur mode de vie. La voici entourée de sa soeur Eva, son frère Hubert, son père Napesh Lapointe et sa mère Carmen Tremblay

Ses parents, Napesh Lapointe et Carmen Tremblay, se sont connus en 2002, alors que Napesh était déjà installé sur la ferme familiale. Avec le temps, le couple a imprégné l’entreprise de ses couleurs. Ils sont bien fiers de voir leur fille développer un intérêt pour l’entrepreneuriat.