Après seulement un an et demi de formation en ébénisterie, Alexis Bouchard a livré un travail combinant plusieurs habiletés, dont la sculpture.

Des finissants en ébénisterie aspirants entrepreneurs

Les 13 finissants de 2018 inscrits au DEP en ébénisterie du Centre de formation professionnelle (CFP) d’Alma viennent de livrer leur projet final. Après 1650 heures, ils ont créé un meuble de A à Z en y intégrant les différentes techniques apprises au cours de leur année et demie de formation.

Marine Conan s’est démarquée avec un meuble original muni de marqueterie. La femme de 28 ans a fait un minutieux travail de recherche en utilisant les motifs naturels du bois pour recréer un paysage. Sa formation en ébénisterie, qui fait suite à une formation en décoration d’intérieure, lui a même inspiré la création de Crea Mano, une boutique d’art et d’artisanat en ligne. On retrouve, entre autres, des bijoux en bois. (www.facebook.com/atelier.marineconan).

Quant à Alexis Bouchard, après un an d’étude en musique au Collège d’Alma, il s’est rendu compte que malgré son amour pour la musique, il ne voulait pas nécessairement gagner sa vie comme enseignant. Il a donc choisi de faire une formation en ébénisterie dans l’optique de poursuivre en lutherie. « J’ai fait ma demande au Cégep de Limoulou en lutherie et j’attends ma réponse. Je sais que c’est contingenté », confie le jeune homme de 20 ans. Son rêve est d’éventuellement démarrer son entreprise. Il est épaté de voir ce que la formation lui a permis de faire. « Je n’en reviens pas qu’en si peu de temps, je suis arrivé à faire cette chaise berçante en y intégrant de la sculpture », lance fièrement le résidant d’Alma. 

Cette formation professionnelle est offerte depuis 15 ans, mais, comme dans plusieurs secteurs, elle connaît une baisse d’inscription chaque année. « Une autre cohorte de 11 étudiants terminera en février 2019, mais il y a seulement cinq élèves inscrits pour septembre prochain… Il faut être dix sinon on ne décolle pas », remarquent les trois enseignants qui ne cachent pas leur inquiétude. 

La formation, qui est dirigée par trois jeunes enseignants dynamiques, dont Bruno Simard, Jean-Samuel Gauthier et Marie-Andrée Lebel, s’est adaptée à la nouvelle réalité. En effet, depuis cette année, le DEP en ébénisterie a revu son programme pour se rapprocher de ce qui se fait en entreprise et offrir plus de possibilités d’emploi aux étudiants.

Comme plusieurs rêvent de lancer leur entreprise, le programme compte un volet « lancement et gestion d’une PME ». Parmi les finissants de février 2018, Nicolas Rochefort, de St-Honoré, a démontré beaucoup d’intérêt pour devenir entrepreneur. De plus, pendant leurs études, les apprentis ébénistes réalisent une dizaine de projets qu’ils peuvent garder, y compris le projet de fin de formation. 

Marine Conan vient tout juste de terminer sa formation en ébénisterie au CFP Alma. Inspirée par le bois, elle a créé ce meuble original et vient de lancer sa boutique en ligne, où elle fait entre autres de magnifiques bijoux en bois

Femmes

Depuis quelques années, on remarque que cette formation, qui était jadis convoitée exclusivement par des hommes, compte maintenant autant de femmes. « On retrouve des gens en réorientation de carrière, des élèves qui sortent du secondaire et des mères à la maison qui veulent reprendre le marché du travail dans un domaine qui les passionne », explique Bruno Simard. C’est le cas de Cynthia Turgeon, mère de deux enfants, qui a fait un retour aux études en septembre 2016. 

Emplois

Les diplômés ont plusieurs possibilités d’emplois. Ils peuvent travailler dans des ateliers d’ébénisterie de la région, faire des armoires, des escaliers de bois franc, des ameublements de bureau, faire de la finition intérieure de maison, poser des moulures, des cadres de portes, de cardes de fenêtres, etc. Après avoir obtenu ce diplôme, certains poursuivent leurs études en charpenterie au CFP Jonquière pour augmenter leur éventail de possibilités. 

Déco

Présentement, dans les tendances déco, on note un engouement pour le bois brut. « Les gens veulent voir les défauts de bois. On cherche aussi à mélanger différents types de matériaux avec le bois franc, comme le stratifié fini aluminium, la pierre et le métal. On voit les armoires prendre le bord pour laisser place à de gros îlots et des comptoirs-lunch en bois franc », conclut M. Simard.