La fabrication des courtepointes nécessite un équipement dispendieux.

Des courtepointières tissent des liens

CHRONIQUE / Le 9 février, les membres de la guilde des Courtepointières du Saguenay se donneront rendez-vous au chalet du parc Rosaire-Gauthier, à Chicoutimi, pour leur activité 9 à 9.

« De 9 h le matin à 9 h (21 h) le soir, il y aura plein d’activités pour apprendre et échanger concernant notre passion pour les courtepointes », explique Dianne Chrétien, qui est membre des trois associations de courtepointes du Québec.

Ce sera aussi l’occasion, pour les couturières présentes, de travailler sur un projet pour une bonne cause. « L’an passé, nous avions fabriqué 67 bavettes pour les résidences pour personnes âgées. Cette année, nous ferons des petits sacs à cosmétiques pour les jeunes filles en centres jeunesse », poursuit Mme Chrétien.

Depuis 2002, les Courtepointières du Saguenay ont la mission de promouvoir les techniques modernes de cette tradition artisanale. Les 75 membres proposent et organisent des ateliers, des conférences, des expositions, des formations, des excursions en groupe et des démonstrations afin de regrouper les personnes de la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean intéressées par la courtepointe.

Cette murale en courtepointe, baptisée Pedigree par Dianne Chrétien, est inspirée de son oeuvre dans le domaine canin. Elle pose ici avec sa petite Ema.

« C’est vraiment dynamique. Nos membres ont entre 20 et 85 ans. C’est donc des rencontres intergénérationnelles que nous vivons », mentionne Mme Chrétien.


«  C’est vraiment dynamique. Nos membres ont entre 20 et 85 ans. C’est donc des rencontres intergénérationnelles que nous vivons.  »
Dianne Chrétien

Malgré tout, lors des réunions, tenues tous les premiers mardis du mois, l’organisation à but non lucratif a toujours de la misère à trouver un local fixe sur le territoire de Saguenay. « On doit se déplacer avec tout notre matériel et nos machines à coudre. Ça prend donc un grand local », précise Mme Chrétien.

Concours

Après avoir touché à plusieurs formes d’artisanat, dont la couture, le tricot et le crochet, c’est en 2012 que Dianne Chrétien s’est intéressée à la courtepointe.

Les créations, inspirées par les techniques de courtepointes, n’ont pas de limites.

Rapidement, la femme de Chicoutimi-Nord s’est mise à présenter ses oeuvres lors de différents concours, dont celui de l’Association canadienne de la courtepointe.

Pour se démarquer, la courtepointière s’inspire d’oeuvres provenant d’un dessinateur de la région. « J’utilise les techniques de piquage de la courtepointe pour transposer les oeuvres de Paul Laprise, un artiste de Sainte-Rose-du-Nord, sur une courtepointe », raconte-t-elle.

Courtepointe

Une courtepointe est faite de trois épaisseurs de matériaux. Le dessus est constitué d’assemblage de tissus de coton. Le dessous est fait d’un tissu, toujours de coton, habituellement uni. Entre les deux, on retrouve une bourre. À l’époque, ce procédé artisanal était utilisé pour concevoir des couvertures en récupérant les bouts de tissus de vieux vêtements, à l’ère où les mères fabriquaient tous les vêtements de leur grande famille.

À ce moment, tout était fait à la main. Heureusement que la machine à coudre et le couteau rotatif ont vu le jour pour faciliter le travail. Aujourd’hui, la courtepointe a grandement évolué. On ne la retrouve plus seulement sous forme de couvertures. Certaines pièces prennent plusieurs heures à créer et requièrent quelques centaines de dollars en tissu. Malheureusement, peu de gens reconnaissent l’ouvrage et la véritable valeur de ces oeuvres d’art.

Dianne Chrétien transforme les oeuvres de Paul Laprise, un artiste de Sainte-Rose-du-Nord, en originales courtepointes décoratives.

Entrepreneure

Mme Chrétien adore occuper son temps et s’évader en créant. Elle ne compte pas le temps ni l’argent investi dans ce loisir. Au-delà de son talent, la minutieuse et patiente couturière, qui met un an à réaliser des murales, est devenue une véritable entrepreneure. Elle participe à plusieurs événements pour vendre ses produits. Tous les cadeaux qu’elle offre à ses proches sont fabriqués de ses mains.

Inspirée par les inoubliables chiens qui ont croisé son chemin, elle a même créé des lignes de vêtements pratiques pour eux. Outre l’artisanat, elle a écrit des livres de renommée dans l’univers de l’éducation canine.