Chi Chi, une chienne très populaire sur les réseaux sociaux, a été sauvée d’un élevage de viande canine en Corée, en mars 2016.

Des chiens de la Corée adoptés par des Québécois

CHRONIQUE / En décembre dernier, l’organisme Humane Society International participait à la fermeture d’une ferme d’élevage de chiens en Corée. Les 170 chiens, qui étaient élevés pour leur viande, ont été dispersés dans différents refuges du Canada, des États-Unis et du Royaume-Uni. Parmi eux, 46 sont venus s’installer au Québec.

Les bêtes provenaient d’un endroit insalubre et mal adapté pour la croissance des animaux. Entassés dans des cages, ils n’ont reçu aucune éducation, ils n’ont jamais été socialisés et ils ont toujours fait leurs besoins dans une cage. Bien que tout ça semble invraisemblable, il existe des adoptants pour ce type de chien. Ceux qui n’ont pas les infrastructures ou l’énergie pour accueillir ces piteuses bêtes sont même prêts à faire leur part en donnant de l’argent. 

Le 8 décembre 2017, après un long voyage en avion, les 46 chiens coréens arrivaient au Canada en faisant un arrêt dans un refuge de l’Ontario, pour y passer de nouveaux tests et s’assurer qu’ils étaient en pleine santé. Quatre jours plus tard, ils repartaient sur la route pour entrer au Québec. En pleine tempête, 16 chiens se sont retrouvés à la SPCA Montréal, dix se sont rendus à la SPCA Laurentides-Labelle à Saint-Agathe-des-Monts, et 20 ont été reconduits à la SPA de Victoriaville. La plupart sont des croisements de jindo, une race de chien originaire de Corée de type spitz.

À la SPCA Laurentides-Labelle, les chiens de la Corée ont tous été adoptés. « Ces chiens, très timides, ont le même profil que les chiens de saisi. Ils ont des comportements de chiots », remarque la directrice générale, Corinne Gonzalez, qui a l’habitude d’accueillir des chiens de saisis. Comme les chiens étaient habitués à la vie en chenil, le choc ne fut pas trop grand d’être hébergés dans un enclos, à part un confort supérieur. Les adoptants ont été encadrés et affirment que les chiens ont évolué très rapidement, notamment pour apprendre la notion de propreté. « Avec ce type de chien, on cherche des familles ayant un autre chien. C’est plus facile pour certains apprentissages » poursuit Mme Gonzalez. Pendant ce temps, les animaux du Québec n’ont pas été négligés. « Si on a accepté de prendre ces chiens, c’est qu’on avait la place. C’était pour nous une nouvelle expérience et on a bien aimé. Si on nous demande de le refaire, c’est certain qu’on va dire oui », conclut la directrice générale.

À la SPCA de Montréal, seulement quatre chiens, dont Kylo, étaient aptes à vivre dans un milieu familial. Les onze autres chiens, dont trois qui n’osaient toujours pas sortir du transporteur dans lequel ils étaient arrivés, ont été transférés dans différents groupes de secours afin de mieux les encadrer. À la SPA de Victoriaville, plusieurs chiens de la Corée sont présentement en attente de familles. 

Kylo

Animées par une envie de faire sa part pour sauver le monde, plusieurs personnes au grand cœur seront tentées d’adopter ces malheureux chiens, dont le sort était d’être mangés. C’est le cas de Kylo, qui s’avérait le plus sociable des 16 chiens de la Corée accueillis à la SPCA de Montréal. Il allait naturellement vers les humains. C’est pourquoi il a été un des premiers à être mis en adoption. Sa nouvelle famille, qui l’a adopté au début janvier, a même créé un compte Instagram (kylo.the.korean.dog) à l’effigie de leur chien afin de démontrer combien il s’adapte bien à sa nouvelle vie, plus douillette. 

Chi chi

Chi Chi, une chienne très populaire sur les réseaux sociaux, a été sauvée d’un élevage de viande canine en Corée, en mars 2016. Elle vit maintenant en Arizona aux États-Unis. Elle a 46 000 abonnés pour sa page Facebook, un compte Instagram suivi par 25 600 personnes et elle bénéficie d’une collecte de fonds Gofundme depuis sept mois, car elle requiert d’onéreux soins vétérinaires. Elle a dû être amputée des quatre pattes en plus d’avoir une maladie auto-immune. Pour aider à subvenir à ses besoins, la plateforme Gofundme permet à sa famille d’amasser de l’argent. Leur objectif de 10 000 $ a été dépassé et frôle maintenant les 12 500 $. 

Influenza

Au cours des derniers mois, une dizaine de fermes d’élevage de chiens ont fermé leurs portes en Corée. Plusieurs chiens ont évité la mort grâce à divers groupes d’entraide de l’Amérique du Nord. En janvier dernier, le Bureau de santé publique de Windsor-Essex, en Ontario, confirmait que deux chiens provenant de la Corée souffraient de la grippe canine H3N2, mais ils n’avaient toutefois pas été pris en charge par l’organisme Humane Society International. C’est la première fois que des cas d’influenza canine sont répertoriés au Canada.