JC Blackburn trouve constamment des trucs pour améliorer les commodités de son garage et avoir accès aisément à ses outils.

Débrouillard et travaillant malgré la perte de ses jambes

Le 21 août 1974, la vie de JC Blackburn chamboule, alors qu’il est victime d’un grave accident de moto. Une voiture lui coupe le chemin et engloutit sa moto. Âgé de 21 ans, la vie du motocycliste prend une tournure inattendue.

ême s’il ne se souvient plus de la violence de l’impact, il n’oubliera jamais ce moment où il a ouvert les yeux à l’urgence et qu’il a vu un de ses amis à son chevet qui tentait de le rassurer en lui disant qu’il venait d’avoir un accident de moto. Quand le médecin lui annonce qu’il est paraplégique, qu’il a reçu un coup à la colonne et que ses jambes ne fonctionneraient plus jamais, le choc est terrible. Enfant unique, ayant perdu son père à l’âge de quatre ans et sa mère habitant à six heures de route du Saguenay, un combat en solitaire l’attend.

« J’ai été un an et demi à ne rien faire en me disant que demain j’allais marcher. Et le lendemain, je me disais que demain j’allais marcher. Ainsi de suite, tous les jours, pendant un an et demi », se remémore l’homme en fauteuil roulant. Puis, un jour, il n’était plus capable de rester sédentaire. « Je suis quelqu’un qui a besoin de bouger. Il faut toujours que je fasse de quoi », lance M. Blackburn. Comme il devait faire une croix sur son ancien emploi à l’Alcan, il décide de reprendre le chemin des études. Peintre, débosseleur, soudeur et mécanicien de formation, il réoriente sa carrière et entame des études en administration au cégep, puis à l’université. 

Vaillant et déterminé à être autonome, il réussit à faire adapter sa voiture pour la conduire lui-même et il remonte même sur des motoneiges ! « De la volonté tu en as ou tu n’en as pas. C’est en toi. Ça ne s’apprend pas », réfléchit sagement JC. 

En 1981, il est donc engagé chez Air Saguenay. Pour cette entreprise, son handicap n’est pas une contrainte. « J’ai tout fait. J’ai été répartiteur, contrôleur et acheteur », précise-t-il. Pendant 35 ans, tous les jours, il se levait tôt, l’hiver il grattait son entrée avec son petit tracteur et il partait de Jonquière pour aller travailler avec sa voiture adaptée. C’est dans son fauteuil roulant qu’il a fait construire sa maison. Il a rencontré sa femme, il s’est marié et il a vu grandir sa fille. 

Ambitieux, il a longtemps rêvé d’être concessionnaire de véhicules récréatifs Polaris. Pour assouvir son rêve, il a transformé son garage personnel en véritable salle de jeux pour amateur de mécanique. 

Loisirs

Depuis 2015, il est à la retraite, mais pas question de ne rien faire. Tous les jours il travaille dans son garage. « J’ai même commencé à m’entraîner trois jours par semaine », ajoute fièrement M. Blackburn, qui ne doit pas perdre sa force dans ses bras. C’est avec la force de ses bras qu’il peut faire différents transferts entre son fauteuil roulant et les machines qu’il conduit. Il se trouve constamment des projets, il invente, il répare et il adapte son garage pour qu’il soit le plus polyvalent possible.
« Une personne en fauteuil roulant n’a pas besoin de tant d’adaptation que ça. Tant qu’on peut se tourner dans cinq pieds carrés », remarque-t-il. Jouer de la guitare fait aussi partie des loisirs de M. Blackburn, qui possède une dizaine de ces magnifiques instruments. « La musique me permet de refaire le plein d’énergie », constate le musicien.

Espoir

Même 43 ans après son accident, JC Blackburn n’a jamais perdu espoir de remarcher un jour. « J’ai essayé plein d’affaires et j’ai rencontré tous les charlatans du Québec », raconte celui qui a longtemps cherché un remède miracle. À l’affût des nouveautés, il est membre de l’organisme Moelle épinière et motricité Québec (MEMO), qui intervient pour faciliter l’intégration sociale des personnes ayant une lésion à la moelle épinière, faire la promotion de leurs droits et soutenir la recherche.

« Je suis certain qu’un jour je vais remarcher », conclut le vaillant homme de Jonquière.