Tous les jours, François Turcotte, Maxime Bergeron et Dave Bergeron produisent entre 150 et 200 pains pour La Mini Boulangerie F.C.

De secrétaire scolaire à boulangère

CHRONIQUE / Il y a quatre ans, Carole Potvin transformait une partie de sa maison de Saint-Fulgence en boulangerie. Le boulanger en chef, François Turcotte, produisait alors une quarantaine de pains par jour pour fournir deux commerces.

Quatre ans plus tard, l’entreprise familiale, La Mini Boulangerie F. C., compte cinq employés associés et produit entre 150 et 200 pains par jour. Leurs pains de ménage, de blé, multigrain et leurs brioches sont distribués quotidiennement dans 11 points de vente du Saguenay.

« Au début, nous étions seulement François et moi. On travaillait parfois de 6 h le matin à 23 h le soir. Si on voulait que l’entreprise dure, je trouvais primordial qu’on puisse réduire notre surcharge de travail pour éviter de se tanner », réfléchit Carole Potvin. C’est alors que la fille de Carole, Wendy Potvin, et son conjoint sont devenus des partenaires dans l’entreprise.

Toutes les semaines, Carole et Wendy se divisent l’horaire des livraisons qui ont lieu en matinée, six jours sur sept. Ainsi, la boulangerie ne reçoit aucun client. Présentement en congé de maternité, Wendy prend une petite pause pour profiter d’un temps de qualité avec son troisième garçon. À la fabrication du pain, François peut compter sur Maxime Bergeron, le conjoint de Wendy. L’entreprise vient aussi de former et engager Dave, le frère de Maxime. De plus, deux ados du secteur sont engagés en soirée pour faire l’emballage.

Mme Potvin, qui a le souci de réduire son empreinte écologique, a consciencieusement magasiné ses équipements. « Pour les livraisons, je voulais un véhicule pratique et économique. J’ai adapté les racks à pains pour qu’ils entrent dans une Mazda 5, qui me coûte 45 $ d’essence par semaine pour 700 kilomètres », raconte Mme Potvin.

Elle a fait de même pour les fours. « J’ai fait l’acquisition de fours ayant la capacité de cuire 30 pains aux 30 minutes et générant une facture d’électricité de 200 $ par mois. Je les ai fait venir de la Nouvelle-Zélande. Ils sont beaucoup plus économiques que ce qu’on retrouve habituellement sur le marché », poursuit-elle.

Quotidiennement, Carole Potvin, Maxime Bergeron, Dave Bergeron, François Turcotte, Wendy Potvin et le petit Vincent Bergeron font grandir la Mini Boulangerie F. C. de Saint-Fulgence.

Histoire

C’est en 2014, alors que Carole vivait seule dans sa grande maison de 150 ans, qu’elle a eu l’idée de démarrer une entreprise. Secrétaire scolaire à la retraite, elle souhaitait rassembler sa famille et rendre son quotidien vivant. François, le meilleur ami de sa fille, considéré comme un membre de la famille, venait de fermer sa propre boulangerie.

L’entrepreneur trouvait que l’opportunité d’unir leurs forces tombait à point.

Inspirée par sa maison, ayant été le premier magasin général de Saint-Fulgence, la femme bricoleuse, qui avait l’habitude de rénover des maisons centenaires, se lançait dans la conception d’un coin boulangerie. En mai 2014, soit cinq semaines après avoir lancé l’idée,

La Mini Boulangerie F. C. voyait le jour au 264 rue Saguenay, à Saint-Fulgence.

Projets

La Mini Boulangerie F. C. prévoit agrandir ses installations pour l’été 2019. « On ne prévoit pas augmenter la production, mais on souhaite être mieux installé pour une meilleure logistique », précise François, l’actionnaire majoritaire de l’entreprise.

Quand ils regardent vers l’avenir, les associés rêvent de voir d’autres succursales ouvrir. « Et pourquoi ne pas transmettre notre passion en offrant des cours aux jeunes de l’école Mont-Valin située à quelques pas de la boulangerie ? », lance l’entrepreneure. À son grand bonheur, la relève commence même à se faire sentir pour l’entreprise ! « Le plus vieux de ma fille a neuf ans et il vient souvent m’aider à faire les brioches. Je lui donne dix dollars », mentionne la fière grand-maman.

Fabrication

Chaque étape de fabrication a son importance pour obtenir un pain de qualité. « Pour faire un seul pain, ça prend 14 heures. On doit prévoir un temps de pétrissage, de levage, de cuisson et de séchage », relate François. Aucune machine n’est utilisée pour pétrir le pain. Les boulangers font tout de leurs bras. La huche, dans lequel est pétri le pain, a aussi son importance.

« On utilise une huche en bois de pin. L’essence du bois a un impact sur le goût du pain », ajoute François, qui a mis trois mois à développer sa propre recette de pain. Les pains de La Mini Boulangerie F. C. n’ont aucun agent de conservation et sont faits à partir d’une méthode traditionnelle, avec des d’ingrédients que tout le monde possède dans son garde-manger.