Investissant leurs économies dans les courses de motocross et de motoneige, Kym Lachance et Marc-André Tremblay, de La Malbaie, parcourent le Québec avec leur chien Théo.

Dans un monde de performance

CHRONIQUE / Au début des années 2000, je suivais un coureur de snocross qui compétitionnait sur le circuit québécois SCM.

N’étant pas très à l’aise avec le simple rôle de spectatrice, je m’étais mise à écrire et à prendre des photos lors de ces événements.

C’est dans ce monde de performance que j’ai fait mes premières armes en journalisme.

Je décrivais les courses et j’ajoutais quelques photos dans un journal de bord que je remettais aux commanditaires après la saison. Évidemment, dans ce compte-rendu, je n’incluais pas les histoires d’amour qui se tramaient sous mes yeux lors des partys après les courses. Il n’y a pas que les groupies qui étaient prêtes à tout pour conquérir le coeur des champions… Pour détrôner les coureurs trop talentueux, j’ai déjà vu une équipe gagner tranquillement notre confiance, allant jusqu’à laisser leurs talentueux mécanos jouer dans nos machines. Ce jour-là, comme par hasard, la motoneige du numéro 6 avait perdu toute sa puissance. 

J’ai suivi le numéro 6, jusque dans le circuit ontarien. C’est là que tout s’est écroulé après un fâcheux accident. Une jambe cassée l’a poussé à abandonner sa saison. Je me revois, assise dans les estrades, plongée dans la noirceur d’une journée de course qui n’en finissait plus, et ce saut périlleux du coureur qui venait de se faire ramasser dans les jambes par un autre motoneigiste. 

On ne saura jamais si le geste était voulu, mais je peux vous dire que dans ce sport, la compétition peut être agressive. 

C’est en terre ontarienne que je me suis mise à écrire plus sérieusement dans le journal L’Express de Toronto. J’avais même contacté le rédacteur en chef du Progrès du Saguenay de l’époque, Bertrand Genest, pour lui proposer une chronique dans laquelle je souhaitais raconter l’évolution du coureur de snocross natif du Saguenay. Il avait refusé en stipulant – avec raison – un conflit d’intérêts. Quelques mois plus tard, j’étais revenue au Saguenay avec un concept plus original afin de réaliser mon rêve et me tailler une place au Progrès du Saguenay. Cette fois, c’est Michel Simard qui était dans la chaise du rédacteur en chef et qui avait accepté de me donner ma chance.

De passage au Valinouet, Réjean Lavergne, de Shawinigan, a fait des courses de motoneige tout comme son père qui a compétitionné avec Gilles Villeneuve. C’est maintenant au tour de son fils Karl de défier les pistes de Hillcross,

Circuit hillcross

Le 21 avril dernier, après une pause de plus de 15 ans, je débarquais à nouveau dans cet univers en me rendant au Valinouët pour la grande finale du circuit de Hillcross SLSJ. Plusieurs coureurs de snocross, ayant terminé leur saison, y étaient pour défier un autre type de piste. Je me suis même pointée au party de l’après-HillCross. Pendant que mes amies dansaient au travers des coureurs qui fêtaient leur victoire, ou leur défaite; moi, je regardais mes photos de la journée et je pensais à ce texte que j’avais si hâte de mettre sur papier. 

Quinze ans plus tard, j’étais bien contente de revoir Gilles Thibeault, un technicien pour BRP qui contribue à faire évoluer les coureurs les plus prometteurs du snocross.

Gilles Thibeault

Même si les visages avaient bien changé depuis 15 ans, un seul m’était encore connu. Quel plaisir j’ai eu de recroiser Gilles Thibeault, un des plus grands témoins de l’évolution de ce sport. Travaillant pour BRP et Enzo Canada, l’homme de Chibougamau aide les coureurs à cheminer en snocross. Toutes les fins de semaine, il quitte sa famille pour s’envoler vers les États-Unis et garder un oeil sur les adeptes de snocross qui courent sur BRP. Pendant sept ans, Gilles Thibeault a agi comme technicien dans l’équipe de Blair Morgan, un phénomène dans le monde des compétitions motorisées. Quand Morgan s’est mis à conduire sa motoneige debout, tous les coureurs ont emboîté le pas avec des machines pas toujours bien adaptées pour ce style de conduite. Malheureusement, en 2008, un accident de motocross lui a coûté l’usage de ses jambes. Pendant plusieurs années, le champion s’est tenu loin de ces sports extrêmes. « J’ai toujours continué de l’appeler, au moins deux fois par année », me confie M. Thibeault. « Puis, en 2016, après avoir vu son nom s’ajouter au tableau des honneurs lors du Grand Prix Ski-Doo de Valcourt de 2015, Blair Morgan a fait un retour dans le sport comme mentor », conclut-il, en me pointant l’ancienne motoneige de Tim Tremblay... qui  vaut 60 000 $ !