Dès l’âge de 11 ans, Samuel Blackburn suppliait son père pour l’accompagner à son travail chez Exactair, à Saint-Honoré. Âgé de 16 ans, il est maintenant apprenti technicien dans cette entreprise.
Dès l’âge de 11 ans, Samuel Blackburn suppliait son père pour l’accompagner à son travail chez Exactair, à Saint-Honoré. Âgé de 16 ans, il est maintenant apprenti technicien dans cette entreprise.

Attiré par la mécanique d’aviation depuis l’âge de 11 ans

CHRONIQUE / S’endetter et paresser sont loin de faire partie des plans de Samuel Blackburn. « J’aime mieux travailler que d’attendre la PCU (Prestation canadienne d’urgence) », lance l’adolescent de 16 ans, en riant.

Dès l’âge de 11 ans, il suppliait son père, Stéphane Blackburn, pour l’accompagner à son travail chez Exactair, un leader dans le monde de l’aviation au Québec. À cet âge, le garçon s’amusait déjà à démancher et à nettoyer les roues des avions. Tout comme son père et son grand-père, Samuel rêve de devenir mécanicien.

« Au début, j’ai voulu le décourager. C’est un travail exigeant; il faut se donner. On travaille beaucoup le soir et l’hiver, quand ça brise, ce n’est pas facile. Autre exemple, pour la SOPFEU, nous avons placé 21 avions. On doit donc donner du service en tout temps », explique Stéphane Balckburn, qui a commencé comme mécanicien chez Exactair, pour ensuite devenir chef d’équipe.

Maintenant, il est directeur. «J’aurais aimé voir mon fils devenir ingénieur ou avocat, mais quand j’ai vu que c’était une certitude en lui, je me suis dit: ‘‘Aussi bien l’aider.’’ »

À l’âge de 14 ans, Samuel était engagé par l’entreprise de Saint-Honoré pour aider à différentes tâches sur le plancher, comme vider les poubelles, nettoyer et passer le balai. Rapidement, la dizaine de techniciens ont remarqué sa curiosité et son désir d’apprendre, et lui ont montré quelques petits entretiens à faire sur les avions. « Mon père est mon patron. Ce n’est pas toujours facile, mais ça va de mieux en mieux », précise Samuel.

Pendant l’année scolaire, l’élève travaille à temps partiel chez Exactair. Pour l’été, il est à temps plein. « Tant que je n’aurai pas ma licence, je dois travailler sous supervision », ajoute-t-il.

Comme tous les techniciens en maintenance de l’entreprise, l’apprenti technicien tient un journal de bord dans lequel il écrit tous les travaux auxquels il participe. « Ma première tâche inscrite dans mon log book remonte à 2015, quand j’avais 11 ans. J’avais démonté et remonté une roue brisée. »

Il est fier d’avoir déjà assisté un mécanicien pour poser un moteur dans un avion, en plus de participer à plusieurs inspections. « L’autre jour, j’ai aussi accompagné un mécanicien pour aller réparer un avion à Roberval. On a fait l’aller-retour en avion », se remémore Samuel.

Quand il aura les licences nécessaires, Samuel pourra faire des tests au sol, mais ceux en vol devront être faits avec un pilote. « Pour l’instant, c’est la mécanique qui m’intéresse, et non le pilotage. »

Son grand-père étant son idole, il garde précieusement plusieurs de ses outils. « Quand mon grand-père, qui possédait un garage de mécanique automobile, est décédé, il a légué tous ses outils à mon père, qui m’en a donné plusieurs. »

Dès qu’il en a les moyens, le jeune homme aime bien fait l’achat d’outils pour garnir son coffre.

Études à l’extérieur

Samuel vient tout juste de terminer son secondaire à l’École secondaire Charles-Gravel.

Comme tous les techniciens de l’entreprise Exactair, l’apprenti technicien tient un journal de bord dans lequel il écrit tous les travaux auxquels il participe. Sa première tâche remonte à 2015.

Évidemment, en raison de la pandémie, il n’a pas eu de bal des finissants. « Ça ne me dérange pas de ne pas avoir eu de bal. Je ne pense pas que je serais allé de toute façon. Je sais que l’école a organisé une arrivée au bal, mais peu de gars sont allés. Et moi, je travaillais. »

En septembre, il fera une année tremplin au cégep pour aller chercher certains cours obligatoires afin de faire son entrée à l’École nationale d’aérotechnique, à Montréal, et de faire une technique de maintenance d’aéronefs.

« Je préfère la mécanique sur les avions parce que c’est moins commun. Mais c’est aussi beaucoup plus droit que sur les autos, alors que tout est rouillé. »

Après ses trois années d’études, son projet est de revenir au Saguenay, pour y travailler. Il sait que ce défi impliquera une organisation, surtout au niveau financier, et c’est pourquoi il se prépare déjà.

« Avec la COVID, je n’ai pas eu de paye pendant un mois et demi. J’ai compris l’importance de mettre de l’argent de côté. J’étais bien content d’avoir fait ça », conclut-il.