Pour garder son équilibre, Catherine Salesse-Gauthier sait bien s’entourer. La voici ci-contre avec ses filles Ariane et Élizabeth, ainsi que son chien Diego !

Apprivoiser l'absence de quelqu'un

Depuis qu’elle est toute petite, Catherine Salesse-Gauthier a l’impression que les gens se confient à elle naturellement. Si bien qu’elle en a fait son travail.

Tous les jours, la travailleuse sociale de Saguenay passe six heures à écouter des confidences. 

Elle remarque que, par maladresse d’amour, on tait souvent la vérité aux enfants pour les protéger ou embellir une réalité trop cruelle. Certaines explications du genre « grand-maman est au ciel », troublent le processus de deuil et peuvent avoir de graves conséquences. 

« C’est le cas de cet enfant d’une dizaine d’années qui avait tenté de s’enlever la vie parce qu’on avait embelli la mort d’un de ses proches », se remémore la professionnelle de la relation d’aide. Ou encore cet adolescent qui souhaitait en savoir plus sur le suicide d’un de ses parents. « Quand ce jeune a enfin eu les réponses à ses questions, grâce à la collaboration du meilleur ami de son parent, un énorme poids est tombé et son anxiété a diminué de beaucoup », poursuit Mme Catherine qui croit que la sécurité réside dans la vérité.

En complexifiant le processus de deuil d’une personne, on ne sait jamais quand les répercussions apparaîtront. « En fait, le deuil, c’est apprivoiser l’absence de quelqu’un, y compris la perte d’un animal ou un parent moins présent », poursuit la passionnée travailleuse sociale. 

Pour faire de la place à une perte, l’intervenante doit parfois user d’imagination. Planter un arbre, écrire une lettre, visiter un cimetière et aller jouer au parc sont des activités que Catherine fait régulièrement avec ses clients qu’elle accompagne dans le deuil. « En bougeant, on active nos neurones et on libère les émotions. »

Deuil-Jeunesse

Pour bien apprivoiser les épreuves reliées à un abandon, une séparation, une maladie ou un décès, il y a dix ans, Deuil-Jeunesse voyait le jour au Québec. Depuis 2015, du haut de ses 14 années d’expérience comme travailleuse sociale, Catherine Salesse-Gauthier est fière de faire partie de cet organisme de bienfaisance qui regroupe 37 intervenants au Québec et en France. « Deuil-Jeunesse me permet de suivre des formations en continu tout en restant à jour face aux nouvelles tendances et aux nouveautés en lien avec le deuil », précise Mme Catherine.

Parcours

Dans la cour de son école primaire, Catherine savait déjà bien garder les secrets de ses amies. Après son secondaire, c’était clair dans sa tête, qu’elle allait poursuivre ses études en technique de travail sociale au cégep, puis décrocher un baccalauréat à l’université. Passionnée par son travail, elle dévore des biographies et s’intéresse aux humains plus que jamais. Elle se trouve chanceuse d’être payée pour entendre le vécu des autres et ne cache pas son désir, un jour, d’écrire un livre pour aider les gens à trouver un équilibre en se concentrant sur leurs forces.

Catherine Salesse-Gauthier

Équilibre

Évidemment, étant maman de deux fillettes, il y a des souffrances qui la touchent plus que d’autres. Prendre soin d’elle, et garder un équilibre dans toutes les sphères de sa vie est une mission que Catherine relève drôlement bien. D’abord, elle a un conjoint attentif sur qui elle peut toujours compter. Depuis deux ans, tout comme lui, elle est devenue travailleuse autonome. Sylvain Gauthier l’a supporté dans ce grand saut professionnel. Entourée d’amis positifs, elle se ressource toutes les fins de semaine dans un chalet chaleureux et rassembleur. Son petit chien Diego, un boston terrier qui partage sa vie depuis dix ans, fait aussi partie de son équilibre. « Je marche tous les jours avec Diego. C’est bon pour la santé physique et psychologique », ajoute Mme Catherine. Comme elle est son outil de travail, elle se doit d’être un modèle d’équilibre pour assurer sa crédibilité.

Perle rare

Après avoir trouvé la perle rare pour offrir un point de service à Saguenay, Deuil-Jeunesse recherche maintenant la perle rare pour en offrir ses services du côté du Lac-Saint-Jean. « C’est certain que ça prend une personne avec un profil particulier, qui est prête à suivre la formation de Deuil-Jeunesse et qui est confortable avec le sujet de la mort », conclut Catherine Salesse-Gauthier qui a su développer un partenariat avec les réseaux funéraires, les écoles et Leucan.

Pour en savoir plus sur les services offerts par Catherine Salesse-Gauthier, visitez son site Internet : travailleusesociale.ca. Pour toute question concernant Deuil-Jeunesse, consultez le site deuil-jeunesse.com.