Le précieux véhicule d’André « Elvis » Villeneuve bénéficie d’un entretien privilégié. Sa maison est d’ailleurs décorée de fond en comble d’objets en lien avec le «King».

Appelez-le Elvis

Au Lac-Saint-Jean, tout le monde l’appelle Elvis. Au volant de sa limousine personnelle, enveloppé par la musique de son idole, il adore quand les regards se tournent vers lui.

« J’ai besoin de ça », confie l’homme qui arbore les cheveux noirs et les favoris. Partout où il passe, il fait tourner les têtes en raison de son style. Depuis plus de quarante ans, c’est ainsi qu’il fait revivre Elvis. C’est littéralement devenu un mode de vie qui fascine quiconque s’en intéresse.

Accueillant et généreux, il adore échanger avec ceux qui s’intéressent à sa passion. « Je vais te le dire tout de suite, je ne chante pas et je ne joue pas d’instrument, mais j’aime tout ce qui a un lien avec Elvis », avise-t-il.

Dans sa maison décorée aux couleurs d’Elvis, André Villeneuve ne se lasse pas de la musique et des images du personnage qui l’entourent quotidiennement.

Peu de gens savent que derrière cette façade d’Elvis, se cache André Villeneuve, un homme travaillant et dévoué qui a gagné sa vie dans les mines. Natif d’Arvida, il est installé à Saint-Gédéon au Lac-Saint-Jean depuis une trentaine d’années. Son épouse, Martine Beaulieu, se fait même appeler Mme Elvis.

Chez lui, sa maison est décorée d’éléments à l’effigie du «King». « C’est mieux que des peintures avec des paysages, je trouve », lance M. Villeneuve en riant. Et quand on lui demande si Elvis est mort… « Elvis n’est pas mort. Il est devant vous et il habite Saint-Gédéon », répond-il. Selon lui, cette musique est immortelle et ne va jamais mourir.

« L’an passé, j’ai moi-même eu des problèmes de santé. J’étais mort et on m’a ressuscité , mentionne-t-il. Mais on ne peut pas ressusciter Elvis toutes les fois. »

Au fil des ans, l’admirateur assumé a cumulé plusieurs objets illustrant le populaire chanteur, qu’il a acheté ou s’est fait offrir en cadeau. « Je pensais qu’avec le temps j’allais me tanner. Au contraire ! Par contre, j’en donne beaucoup aussi. » Même l’extérieur de sa maison affiche des enseignes « boulevard Elvis Presley ».

Limousine

À bord de sa précieuse limousine, qu’il a acquise il y a neuf ans et qui affiche près de 400 000 kilomètres au compteur, il ne passe jamais inaperçu. « C’est intrigant une limousine. On pense qu’il y a des vedettes à bord. » Pour garder son bolide longtemps, il mise sur la prévention plutôt que les réparations. « Je vais voir des experts pour les entretiens et je garde toujours le boyau d’arrosage près de la maison pour arroser le devant, qui n’est pas protégé par l’abri d’auto, quand il y a des saletés qui tombent dessus », raconte-t-il. Selon lui, ce type de véhicule doit constamment briller. « J’ai toujours eu de grosses voitures. Quand je les achète, je pense à Elvis. » Sa limousine représente le prestige, la célébrité et le luxe, faisant ainsi honneur au défunt chanteur.

Souvenirs

M. Villeneuve se souvient très bien de cette journée d’août 1977, alors qu’Elvis décédait, à l’âge de 42 ans. « C’est un de mes collègues qui me l’avait annoncé, alors que je travaillais dans une mine au Nouveau-Brunswick. Son départ a augmenté mon intérêt pour sa musique. »

En passant devant chez lui, au Lac-Saint-Jean, on se doute bien de sa passion !

Jamais il n’oubliera ce concours de 1995, alors que ses connaissances sur Elvis le propulsaient à Memphis au Tennessee. « J’ai été quatre jours là-bas. J’ai visité la maison d’Elvis », se remémore l’homme. Plus d’une fois, il s’est rendu à Trois-Rivières pour voir Elvis Lajoie jouer. « Je l’ai même déjà conduit à la salle de spectacle avec ma limousine », poursuit-il.

Dans les années 70, quand il se promenait sur la rue Racine, à Chicoutimi, avec une limousine décorée de drapeaux des États-Unis, les policiers étaient sur leur garde. « Il pensait que la soirée s’annonçait mouvementée, en soupçonnant que des vedettes étaient en ville », conclut « Elvis ».