À peine sortie du secondaire, dès la mi-août, Ariane Grégoire-Tremblay quittera le Saguenay pour s’installer à Montréal et étudier en thanatologie.

À 17 ans, elle rêve de devenir thanatologue

Ariane Grégoire-Tremblay vient tout juste de terminer son secondaire à l’École secondaire de l’Odyssée Lafontaine/Dominique-Racine de Chicoutimi. L’an prochain, elle poursuivra ses études à Montréal en thanatologie, au Collège Rosemont, pour une technique de trois ans.

« J’aimerais ensuite revenir dans ma région et me perfectionner avec une technique en éducation spécialisée pour mieux accompagner les gens endeuillés. Et je voudrais travailler au Saguenay », précise la jeune femme de 17 ans.

Avant, la personne qui s’occupait d’organiser les funérailles et de transporter les cadavres jusqu’au cimetière s’appelait un croquemort. « On les appelait ainsi parce qu’il y a très longtemps, pour s’assurer qu’une personne était bel et bien morte, le croquemort devait lui croquer le gros orteil », explique Ariane, en riant.

Tous les ans, le Collège Rosemont accepte 50 étudiants à la Techniques en thanatologie. « J’ai fait ma demande en février. En mars, je recevais une lettre comme quoi je devais aller passer un test psychométrique là-bas pour voir si j’avais le profil et la force pour ce domaine », poursuit-elle.

Une soixantaine d’étudiants potentiels avaient répondu présents pour ce test, dont plusieurs affichaient un style vestimentaire gothique (vêtements noirs et plusieurs piercings). « Je pense que dans ce domaine, on a tous notre petit côté sombre », réfléchit Ariane.

Après avoir été acceptée officiellement, Ariane a réalisé que 500 kilomètres la sépareraient de sa précieuse famille pendant trois longues années. Elle appréhende aussi le moment où elle devra composer avec la mort d’un enfant. « Mais il y a beaucoup plus de choses qui m’attirent que de points négatifs ! Il y a aussi un côté très artistique dans ce travail, alors qu’on doit reconstituer et maquiller des corps », souligne-t-elle.

Devenir thanatologue est un rêve qui la suit depuis longtemps. « J’ai toujours senti que j’avais quelque chose de différent. Déjà, à l’âge de 6 ans, j’étais attirée par la médecine forensique (médicolégale). C’est à l’intérieur de moi, c’est inexplicable », raconte Ariane.

Fascinée par les séries télévisées comme Bones et par les lectures de faits surprenants, elle dit avoir un petit côté ésotérique, et rien ne l’écoeure. « Ariane a toujours été très sensible. Quand elle était petite, j’ai dû mettre sa chambre à l’étage parce qu’au sous-sol, elle disait qu’elle se sentait observée. Elle ressentait des vibrations qu’on ne sent pas toujours », se remémore sa mère, Isabelle Grégoire.

Par contre, ce malaise s’est vite tassé. Aujourd’hui, le sous-sol est un endroit où l’adolescente adore se réfugier. Depuis quelque temps, accompagnée de sa mère, elle fait aussi de la méditation et développe son côté spirituel.

Même si elle ne connaît personne qui travaille dans le domaine de la thanatologie, aucun de ses proches n’était surpris par son choix de carrière, qui colle parfaitement à sa personnalité.

Outre la douloureuse perte de ses animaux, Ariane n’a jamais vu la mort de proche ni même vu quelqu’un dans un cercueil. « Ce qui m’attire dans ce travail, c’est aussi de donner une fin de vie respectueuse aux personnes qui décèdent et d’encadrer celles qui vivent un deuil », ajoute la future étudiante.

Par contre, elle ne croit pas que la mort est la seule responsable des deuils. « J’ai vécu un deuil quand ma mère s’est séparée de son chum », mentionne-t-elle.

Derrière son beau sourire, son air angélique et sa joie de vivre se cache un petit côté plus sombre. Selon son humeur, Ariane enfile parfois des vêtements qui lui donnent un style plus gothique.

Elle aime marcher dans les rues de son quartier, en pleine nuit, avec son chien, et savourer cette tranquillité. Dans sa gang d’amis, elle est reconnue pour être celle qui exprime ce qu’elle pense.

Entourée de ses soeurs de 14 ans et de 22 ans, Ariane est la première de la famille à quitter la région. Pour se préparer à vivre cet éloignement, l’ambitieuse et travaillante jeune fille a même choisi de passer son été à Tadoussac. « Je travaille tout l’été avec ma meilleure amie pour une entreprise qui offre des croisières », conclut Ariane.

Techniques en thanatologie
Le technicien en thanatologie exerce ses fonctions dans des entreprises de services funéraires et auprès de familles en deuil appartenant à divers milieux et à diverses cultures et religions. Les perspectives professionnelles sont : thanatopracteur, conseiller funéraire, directeur de funérailles, préposé à la crémation, au transport ou à l’accueil et directeur ou administrateur de funérarium. Pour en savoir plus : https://www.crosemont.qc.ca/formations-techniques/thanatologie.