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Vivre avec un enfant et un adulte autistes

CHRONIQUE / Encore cette année, dans le cadre du mois de l’autisme, Marise Verreault, maman de trois enfants âgés de 5 à 20 ans, dont deux garçons autistes, nous raconte sa vie au quotidien via sa page Facebook.

Depuis quelque temps, les choses ont changé dans la famille Verreault-Pilote de Chicoutimi-Nord. « On parle beaucoup d’enfants autistes, mais l’adulte, lui ? Il est où ? », se questionne Marise. Son fils Pierre vient de franchir le cap des 18 ans. Ses besoins sont maintenant ceux d’un homme autiste qui a besoin de stimulation, d’exercice, d’apprentissage et d’aide. En plus de l’autisme, Pierre doit aussi vivre au quotidien avec le syndrome de Gilles de la Tourette, un trouble anxieux et un TDAH.

C’est toute une gymnastique pour cette mère dévouée qui doit se réajuster constamment entre la stimulation d’un petit de cinq ans et celle d’un jeune adulte de 18 ans. « La perspective de voir Pierre devenir un adulte m’effrayait, mais j’essaie de ne pas trop penser loin, sinon, ça me fait faire de l’anxiété et je ne dors plus », réfléchit Marise.

Même si Pierre et son petit frère Xavier sont des autistes non verbaux, leur famille a appris à les décoder. Pierre sait accomplir des tâches, il aime regarder des documentaires d’animaux, écouter de la musique, il fait de petits travaux et parfois même de l’artisanat. Les deux frères adorent faire des randonnées au Saguenay et regarder des livres. Ils ont aussi développé des méthodes de communication, notamment avec des pictogrammes et le langage signé. « Sans les pictogrammes, ce serait des crises constamment », souligne Marise. 

Le mois de l’autisme est un beau moment pour faire de la sensibilisation, mais pourquoi juste un mois, se demande Marise ? Comme ses fils sont autistes tous les jours, elle s’est donné comme mission d’en parler autant qu’elle le peut. « Je publie régulièrement, sur ma page Facebook, des histoires, des anecdotes drôles ou moins drôles et des commentaires qui m’ont été dits sur mes fils », précise-t-elle.

Difficultés sensorielles

Les difficultés sensorielles sont de grands obstacles pour les personnes autistes, que ce soit face aux textures, aux odeurs, aux couleurs, aux saveurs, aux vêtements et même aux lumières. « Xavier avait un dégoût terrible pour la pâte à modeler. Je trouvais ça triste parce que faire du modelage est un excellent exercice pour la motricité. J’ai donc décidé que l’obstacle deviendrait un tremplin », raconte Marise. Et pas question d’utiliser l’immersion ! « Je devais trouver quelque chose qui l’intéresserait tellement que la curiosité l’emporterait sur le dégoût », poursuit-elle. Comme Xavier adore les couvercles de pot de beurre d’arachide, elle a utilisé ceux-ci en faisant des empreintes du fameux motif d’ourson dans la pâte à modeler. « Ça a pris deux heures avant qu’il se décide enfin à la sentir et la toucher. Au début de l’exercice, il hurlait, mais il a finalement fait une super découverte et la pâte à modeler fait partie de son éventail restreint d’activités », constate la fière maman. 

Décrocher

Si la plupart des gens rêvent au vendredi pour décrocher de leur semaine de travail ou d’école, il est de même pour les garçons de Marise et de Stéphane. « Nos fils aussi ont besoin de décrocher, de trouver une source d’apaisement pour se recentrer. Si je ne respecte pas ce besoin, ils seront alors fatigués, impatients, envahis de tics (pour Pierre) et les crises seront présentes. Ils vont même jusqu’à régresser. Par exemple, ce matin, après une séance de travail avec Xavier, il m’a clairement montré sa fatigue mentale par des sons, des battements de mains et des balancements. Comme, je n’avais plus son attention, j’ai mis fin au travail. Il est rapidement entré dans son coffre à jouets (besoin d’un endroit restreint), il a lui-même éteint la lumière de sa chambre (trop stimulante) et il a seulement pris la douce lumière de son ourson. Quand il sera disponible, il va me le faire savoir », écrit Marise Verreault sur sa page Facebook. 

Bleu

Le bleu est la couleur de l’autisme. « J’adore le thème ‘‘briller en bleu’’ parce que ça représente le ciel et l’infini. Ça veut dire que mes fils n’ont pas de limite. Si j’y mets mon cœur et mes tripes, on arrive à de grandes choses ensemble. Je souhaite que toutes les barrières tombent, emportant avec elles les préjugés, les peurs et l’ignorance face à l’autisme. Mon mari Stéphane, ma fille Valérie et moi, faisons de notre mieux pour que Pierre et Xavier puissent s’élever le plus haut possible et nous n’avons pas peur d’être les piliers qui les supportent. Comme dirait si bien l’un de leur superhéros préféré ‘‘vers l’infini et plus loin encore’’ », conclut Marise Verreault. 

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La friperie Le Dépanneur a de la relève

Olga Bergeron compte les semaines qui la séparent de sa retraite prévue en juillet prochain. Après 25 ans comme entrepreneure, la dame de Jonquière cède le flambeau à ses enfants.

« J’ai plein de projets ! Je veux voyager, profiter de la vie et, bien sûr, je veux continuer de faire du bénévolat pour ma fille qui prendra la relève de la friperie », lance la maman au grand coeur. 

L’aventure entrepreneuriale de la famille Bergeron-Boivin a commencé en 1994, alors que Mme Bergeron se lançait en affaires en achetant un dépanneur situé au 2316 rue Larouche à Jonquière. En 1998, elle faisait l’acquisition de la bâtisse au complet qui assurait un revenu grâce à des commerces loués et cinq appartements. Par la suite, elle a fait ajouter un loft présentement occupé par son fil Martin.

En 2010, le locataire du local loué par Banquets Saguenay quittait les lieux. « Je me suis retrouvée avec un immense local très difficile à louer », se remémore la femme d’affaires. Emballée par les défis, Mme Bergeron a l’idée de faire un appel à tous parmi ses contacts pour ramasser des vêtements dans l’optique d’ouvrir une friperie. Le projet s’est concrétisé en octobre 2010 et la friperie Le Dépanneur a vu le jour au 2325 rue Poitras. « Ici, on se sent bien. C’est comme une famille. C’est grand, c’est bien rangé, c’est propre et c’est agréable de magasiner. En plus Olga a toujours des thématiques selon les fêtes », raconte une fidèle cliente. 

Un sentiment d’appartenance s’est rapidement créé dans le secteur. « Tous les jours, j’ai de nouveaux arrivages et je garde beaucoup de choses au sous-sol pour faire ma grosse vente de garage qui a lieu tous les ans, en juin », poursuit l’originale propriétaire qui a aussi un coin de déguisements très populaire. 

N’ayant pas peur de l’ouvrage, Mme Bergeron a longtemps travaillé jusqu’à midi au dépanneur et, le reste de la journée, parfois jusqu’à tard le soir, elle était dans sa friperie. Comme elle habitait un loyer à même la bâtisse, il était difficile de décrocher du travail. « Sans l’aide de mon conjoint, Réjean Simard, je n’aurais pas pu faire tout ce que j’ai fait. Il m’a beaucoup aidée », remarque Mme Bergeron qui vient tout juste de déménager à Alma avec son conjoint.

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Apprivoiser l'absence de quelqu'un

Depuis qu’elle est toute petite, Catherine Salesse-Gauthier a l’impression que les gens se confient à elle naturellement. Si bien qu’elle en a fait son travail.

Tous les jours, la travailleuse sociale de Saguenay passe six heures à écouter des confidences. 

Elle remarque que, par maladresse d’amour, on tait souvent la vérité aux enfants pour les protéger ou embellir une réalité trop cruelle. Certaines explications du genre « grand-maman est au ciel », troublent le processus de deuil et peuvent avoir de graves conséquences. 

« C’est le cas de cet enfant d’une dizaine d’années qui avait tenté de s’enlever la vie parce qu’on avait embelli la mort d’un de ses proches », se remémore la professionnelle de la relation d’aide. Ou encore cet adolescent qui souhaitait en savoir plus sur le suicide d’un de ses parents. « Quand ce jeune a enfin eu les réponses à ses questions, grâce à la collaboration du meilleur ami de son parent, un énorme poids est tombé et son anxiété a diminué de beaucoup », poursuit Mme Catherine qui croit que la sécurité réside dans la vérité.

En complexifiant le processus de deuil d’une personne, on ne sait jamais quand les répercussions apparaîtront. « En fait, le deuil, c’est apprivoiser l’absence de quelqu’un, y compris la perte d’un animal ou un parent moins présent », poursuit la passionnée travailleuse sociale. 

Pour faire de la place à une perte, l’intervenante doit parfois user d’imagination. Planter un arbre, écrire une lettre, visiter un cimetière et aller jouer au parc sont des activités que Catherine fait régulièrement avec ses clients qu’elle accompagne dans le deuil. « En bougeant, on active nos neurones et on libère les émotions. »

Deuil-Jeunesse

Pour bien apprivoiser les épreuves reliées à un abandon, une séparation, une maladie ou un décès, il y a dix ans, Deuil-Jeunesse voyait le jour au Québec. Depuis 2015, du haut de ses 14 années d’expérience comme travailleuse sociale, Catherine Salesse-Gauthier est fière de faire partie de cet organisme de bienfaisance qui regroupe 37 intervenants au Québec et en France. « Deuil-Jeunesse me permet de suivre des formations en continu tout en restant à jour face aux nouvelles tendances et aux nouveautés en lien avec le deuil », précise Mme Catherine.

Parcours

Dans la cour de son école primaire, Catherine savait déjà bien garder les secrets de ses amies. Après son secondaire, c’était clair dans sa tête, qu’elle allait poursuivre ses études en technique de travail sociale au cégep, puis décrocher un baccalauréat à l’université. Passionnée par son travail, elle dévore des biographies et s’intéresse aux humains plus que jamais. Elle se trouve chanceuse d’être payée pour entendre le vécu des autres et ne cache pas son désir, un jour, d’écrire un livre pour aider les gens à trouver un équilibre en se concentrant sur leurs forces.

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Un rêve à portée de mots

Une originale technicienne en éducation spécialisée de Jonquière s’est donné comme mission de faire découvrir la musique aux jeunes. Véronique Godin a donc fait entrer les albums de l’auteur-compositeur-interprète Simon Boudreau dans l’enceinte de l’école Trefflé-Gauthier.

Tout comme ses collègues, Luis Arseneau-Valenti, qui s’occupe du sport, et Marie-Claude Pilotte, qui s’occupe des arts, Mme Véronique cherchait aussi à combiner sa passion à son travail. En début d’année, elle a demandé à sa directrice, Marie-Claude Harvey, de faire venir un musicien qu’elle apprécie particulièrement. Charmée par l’originalité des enseignants qui l’entourent, Mme Harvey a accepté avec joie. 

Depuis ce temps, l’école est plongée régulièrement dans l’ambiance musicale de Simon Boudreau, qui s’est fait connaître en 2014 avec sa chanson Fleur bleue. « Ç’a vraiment créé un buzz! Tous les enseignants ont embarqué et écoutent la musique de Simon dans leur classe. Les élèves ont fait découvrir ce chanteur à leurs parents, et certains ont acheté ses albums », poursuit fièrement Mme Véronique, qui adore encourager les artistes du Québec. 

Le 27 mars, Simon Boudreau est enfin débarqué à l’école Trefflé-Gauthier. Quelle surprise il a eue en voyant chanter les élèves, qui connaissaient ses chansons par coeur ! De 8h à 15h, il s’est promené de classe en classe pour présenter de captivantes animations. Même la cloche de la récréation n’arrivait pas à détourner le regard des élèves suspendus aux lèvres de leur coloré invité. 

Fier de gagner sa vie avec la musique, l’homme de Lanaudière souhaite démontrer aux petits de la maternelle jusqu’aux étudiants du cégep que tout le monde peut composer des chansons. « Éventuellement, j’aimerais aussi aller rencontrer les personnes âgées », projette Simon, qui habite à Saint-Norbert. 

Bien qu’il fasse des animations depuis 15 ans, Simon Boudreau fait partie du répertoire Culture à l’école depuis à peine un an. Cette année, il fera une cinquantaine de spectacles avec ses musiciens et passera 75 journées dans les écoles. Il reviendra à Dolbeau au début du mois de mai pour huit jours, afin de visiter des écoles de ce secteur.

Animations

Dans sa première partie d’animation, le chanteur interprète quelques-unes de ses chansons à la guitare et raconte son parcours. 

« À 13 ans, j’ai commencé à écouter de la musique. J’écoutais juste du punk rock en anglais. Je n’étais pas encore très curieux. En finissant mon secondaire, je suis allé au cégep pour faire une technique en administration dans le but de devenir comptable. Je suis resté trois semaines », confie-t-il. 

Selon lui, dans la vie, il faut être curieux et se permettre de se tromper. « Comme je suis travailleur autonome, je consacre une demi-journée par semaine à faire ma comptabilité. Ce que j’ai donc appris en trois semaines me sert encore », précise Simon. 

Dans la deuxième partie de son atelier, le faiseur de chanson prouve à son auditoire que tout le monde peut écrire des chansons. Dans la classe de sixième année, les élèves ont choisi ensemble quelques thèmes. Les garçons voulaient écrire sur le thème de Fortnite (un jeu vidéo), alors que les filles voulaient parler de l’amour. Au final, c’est le thème de la vie qui a fait l’unanimité. En 15 minutes, ils ont composé quelques phrases de huit syllabes, et le tour était joué ! Le talentueux musicien a saisi son ukulélé pour mettre de la musique sur les paroles. 

« Je ne me définis pas par mon travail. Tout le monde est capable de le faire. On ne devrait pas nous mettre sur un piédestal », conclut Simon Boudreau, qui souhaite faire germer des rêves dans l’imaginaire des gens qu’il croise. 

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Des finissants en ébénisterie aspirants entrepreneurs

Les 13 finissants de 2018 inscrits au DEP en ébénisterie du Centre de formation professionnelle (CFP) d’Alma viennent de livrer leur projet final. Après 1650 heures, ils ont créé un meuble de A à Z en y intégrant les différentes techniques apprises au cours de leur année et demie de formation.

Marine Conan s’est démarquée avec un meuble original muni de marqueterie. La femme de 28 ans a fait un minutieux travail de recherche en utilisant les motifs naturels du bois pour recréer un paysage. Sa formation en ébénisterie, qui fait suite à une formation en décoration d’intérieure, lui a même inspiré la création de Crea Mano, une boutique d’art et d’artisanat en ligne. On retrouve, entre autres, des bijoux en bois. (www.facebook.com/atelier.marineconan).

Quant à Alexis Bouchard, après un an d’étude en musique au Collège d’Alma, il s’est rendu compte que malgré son amour pour la musique, il ne voulait pas nécessairement gagner sa vie comme enseignant. Il a donc choisi de faire une formation en ébénisterie dans l’optique de poursuivre en lutherie. « J’ai fait ma demande au Cégep de Limoulou en lutherie et j’attends ma réponse. Je sais que c’est contingenté », confie le jeune homme de 20 ans. Son rêve est d’éventuellement démarrer son entreprise. Il est épaté de voir ce que la formation lui a permis de faire. « Je n’en reviens pas qu’en si peu de temps, je suis arrivé à faire cette chaise berçante en y intégrant de la sculpture », lance fièrement le résidant d’Alma. 

Cette formation professionnelle est offerte depuis 15 ans, mais, comme dans plusieurs secteurs, elle connaît une baisse d’inscription chaque année. « Une autre cohorte de 11 étudiants terminera en février 2019, mais il y a seulement cinq élèves inscrits pour septembre prochain… Il faut être dix sinon on ne décolle pas », remarquent les trois enseignants qui ne cachent pas leur inquiétude. 

La formation, qui est dirigée par trois jeunes enseignants dynamiques, dont Bruno Simard, Jean-Samuel Gauthier et Marie-Andrée Lebel, s’est adaptée à la nouvelle réalité. En effet, depuis cette année, le DEP en ébénisterie a revu son programme pour se rapprocher de ce qui se fait en entreprise et offrir plus de possibilités d’emploi aux étudiants.

Comme plusieurs rêvent de lancer leur entreprise, le programme compte un volet « lancement et gestion d’une PME ». Parmi les finissants de février 2018, Nicolas Rochefort, de St-Honoré, a démontré beaucoup d’intérêt pour devenir entrepreneur. De plus, pendant leurs études, les apprentis ébénistes réalisent une dizaine de projets qu’ils peuvent garder, y compris le projet de fin de formation. 

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Il invente une ingénieuse chenille motorisée

La dernière fois qu’on a parlé de Carl Boivin dans ce journal, c’était en 1997, pour présenter un vélo des sables ressemblant drôlement à ce qu’on appelle aujourd’hui un fatbike. Depuis ce temps, il a inventé bien des choses, dont une chenille motorisée !

Fraîchement retraité, M. Boivin peut maintenant consacrer tout son temps à concrétiser ses nombreuses idées. « Autrefois, mes projets pouvaient s’étendre sur un ou deux ans, mais maintenant, en quelques semaines, j’y arrive », remarque fièrement l’homme, qui a gagné sa vie comme mécanicien soudeur à l’hôpital de Jonquière pendant 37 ans. 

Toujours dans l’optique d’améliorer son environnement ou de faciliter ses loisirs, il fabrique et innove, pour le plaisir. « Je reste tout près du Saguenay, et le chemin pour se rendre est très à pic. C’est difficile de remonter avec mes bottes de ski. Je cherchais une façon de remonter facilement les 300 pieds de chemin », explique le résidant de Shipshaw. Amateur de ski, de kayak et de cerf-volant traction, il voulait revenir chez lui plus rapidement après avoir pratiqué ses sports sur le Saguenay. 

Un moteur quatre temps de 15 forces, une chenille de motoneige de 20 pouces, un bras de débroussailleuse, quelques bouts de fer et cinq semaines plus tard, il avait conçu sa chenille motorisée. Avec un budget de 2000 $ de pièces et un salaire de base, Carl Boivin calcule un total d’investissements de 7000 $ en temps et en argent pour cette dernière création. 

Quand il a fait ses premiers tests, en février dernier, sa machine a dû faire un retour forcé au garage. « Un ressort s’est cassé et a fait beaucoup de dommages. J’ai dû recommander des pièces, et cette fois, j’ai mis un vrai bras de tension (tensionneur) », précise M. Boivin. Une fois bien réparé, il a repris les tests. Évidemment, avant de maîtriser sa machine, il a fait quelques cascades ! Rapidement, il est devenu un habile pilote. Puis, il a roulé aux côtés d’une motoneige pour constater, à son grand bonheur, que son invention portait mieux et callait deux fois moins dans la neige. 

Sa chenille motorisée peut atteindre une vitesse d’environ 60 km/h. « Ça prend une certaine adaptation. Mais on peut aller partout avec ça, même dans la grosse neige », ajoute-t-il fièrement. Évidemment, il ne laisserait pas un débutant partir sans mise en garde. « Il y a quand même une machine d’environ 200 livres qui te suit dans le derrière ! Il faut être très prudent. Mais je compte adapter le guidon pour pouvoir aussi conduire par en avant de la chenille », lance l’inventeur. Une attache-remorque à l’arrière de la chenille permet aussi d’y accrocher une traîne pour transporter des passagers ou des bagages. Misant sur la sécurité, la chenille motorisée est munie d’un arrêt d’urgence en cas de chute. 

M. Boivin a déjà commencé sa prochaine invention. Et pas question de répéter deux fois le même projet. L’artiste en lui a constamment besoin de se renouveler. Il planche donc sur une version électrique de sa chenille ! 


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Des collectes de sang dans les écoles

Le 19 février, l’École secondaire de l’Odyssée Lafontaine/Dominique-Racine de Chicoutimi était la deuxième école de la région à organiser une collecte de sang en collaboration avec Héma-Québec. La première avait eu lieu en mai 2017 à l’École secondaire des Grandes-Marées de La Baie.

C’est Dominic Labarre, un enseignant en français, qui souhaitait conscientiser ses élèves à l’importance de donner du sang. « Mon père a reçu des dons de sang quand il était malade. Depuis qu’il est décédé du cancer, disons que je suis plus sensibilisé à la cause, et c’est ma façon de contribuer », explique M. Dominic qui a déjà une vingtaine de dons de sang à son actif. 

Pour l’occasion, une équipe d’Héma-Québec s’était déplacée pour installer tout le matériel. « C’est notre travail à temps plein. On est toujours sur la route », indique une des six infirmières présentes. 

Donneurs réguliers

À l’Odyssée Lafontaine/Dominique-Racine, plusieurs membres du personnel font partie de la liste des donneurs réguliers. C’est le cas d’Alain Bélanger, le directeur de deuxième secondaire, qui approche de son 140e don de plasma! Le 19 février, le directeur de l’école secondaire, Jean-François Proulx, a lui aussi posé un geste de bravoure en offrant son tout premier don! « Aller chercher de nouveaux donneurs, c’est exactement l’objectif d’Héma-Québec. De plus, on offre la possibilité à une tranche d’âge difficile à atteindre, soit les parents, qui manquent souvent de temps pour donner du sang », remarque la conseillère en organisation de collectes de sang au Saguenay–Lac-Saint-Jean, Sylvie Fortier. 

Sylvie Fortier s’est montrée très présente pour encadrer l’événement organisé par M. Dominic et une trentaine d’élèves. « En novembre, Héma-Québec nous a d’abord envoyé une trousse pour nous guider pendant plusieurs semaines. Mme Sylvie nous a rendu visite à trois reprises », précise M. Dominic. 

Volet pédagogique

Les élèves devaient créer des slogans, des publicités et apposer leurs affiches dans les commerces avoisinants. « C’est une démarche qui touche à plusieurs volets pédagogiques. Les élèves doivent être, entre autres, capables de bien s’exprimer pour faire connaître leur cause. Ils apprennent aussi l’importance du bénévolat », précise Mme Sylvie. 

La collecte a eu lieu de 13h à 20h pendant une journée pédagogique. 

« Même si c’est une journée de congé, les 26 élèves bénévoles sont présents et bien motivés. Je suis vraiment fier d’eux », lance l’enseignant. 

75 donneurs

Près de 75 personnes sont venues faire des dons, et plus de la moitié étaient de nouveaux donneurs. 

Les jeunes bénévoles étaient là pour accueillir les donneurs, les soutenir, les encadrer, les remercier et valoriser leur geste. 

Prochaine collecte

La prochaine collecte dans une école de la région aura lieu en mai à l’École secondaire des Grandes-Marées de La Baie, qui a reçu 138 dons de sang lors de sa première édition. « Plusieurs écoles en région montrent un intérêt pour l’organisation de collecte de sang, mais comme nous sommes basés à Québec, c’est difficile à gérer », ajoute Mme Fortier.

Ce projet scolaire, offert par Héma-Québec, existe depuis huit ans à Québec, et une centaine d’écoles par année se lancent dans l’aventure. « Évidemment, les jeunes de moins de 18 ans ne peuvent pas donner de sang, mais ils sont les donneurs de demain. L’organisation d’une collecte les prépare à devenir des adultes soucieux du bien-être de leur communauté », conclut Mme Sylvie. 

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Une entreprise forestière en pleine expansion

Bien que l’industrie québécoise du bois soit en souffrance, La Forestière JFS Gagnon inc. de Saint-François-de-Sales est en pleine expansion et déborde de projets. Les trois actionnaires souhaitent éventuellement opérer douze mois par année, en plus de mettre en place une stratégie d’affaires pour acquérir encore plus de territoire.

Pour assurer son avenir et sa prospérité, La Forestière JFS Gagnon inc. transforme le bois, provenant en partie de ses lots privés, de la première à la troisième transformation. Parmi leurs produits, on retrouve du bois de chauffage en passant par le bois de construction et le bois de finition. 

Même si l’entreprise familiale du Lac-Saint-Jean gère une vingtaine de lots privés, les propriétaires ne sont pas tout à fait maîtres chez eux. « On doit suivre un plan d’aménagement lié à la protection et à la préservation de la faune. On doit aussi respecter des normes, notamment sur la protection des cours d’eau » précise Jean-François Gagnon, président et actionnaire de l’entreprise. Ce contrôle très serré permet d’éviter l’abus. « Malgré tout, on voit encore des coupes à blanc et je ne comprends pas que ça se passe encore », réfléchit l’entrepreneur. 

Par la bande, le client qui fait affaire avec eux contribue aussi à valoriser la forêt puisqu’à chaque corde de bois vendue, La Forestière JFS Gagnon inc. s’engage à planter trois arbres. « De plus, si on arrive sur une couchette d’orignaux, on laisse les bêtes tranquilles. On ne coupe pas les arbres morts qui servent de nourriture pour les pics-bois et on ne coupe jamais un arbre qui fait six pouces à la base », ajoute Jean-François Gagnon. 

Les arbres qui ne proviennent pas de leurs lots, comme le bois franc, sont achetés chez des producteurs locaux. La Forestière JFS Gagnon souhaite encourager l’économie locale et créer de l’emploi dans sa communauté. L’été, de la main-d’œuvre est engagée pour assurer les travaux sylvicoles, dont la plantation, la coupe d’éclaircie et le débroussaillage. Malheureusement, ces personnes sont difficiles à trouver. « Certains employés restent quelques jours, mais comme c’est très physique, ils abandonnent vite. Je compte sur mes trois fils de neuf, huit et deux ans d’ici quelques années », poursuit le technicien forestier. 

Depuis sa création en 2006, l’entreprise du Lac-Saint-Jean a investi quelques millions dans la construction de bâtisses et l’achat de machineries. « L’été, on ne compte pas nos heures, mais je me sens privilégié de travailler avec ma famille et de vivre de nos terres », mentionne l’homme de 38 ans.

Histoire

Tout a commencé il y a 12 ans alors que Jean-François Gagnon venait de terminer ses études en foresterie et en architecture. Âgé de 26 ans, il rêvait de démarrer une entreprise en ébénisterie. Après une étude de marché, il a constaté que la viabilité de son projet s’annonçait difficile. En juillet 2006, après avoir eu l’accord de ses parents, qui étaient propriétaires de quatre lots à bois à Saint-François-de-Sales, le jeune entrepreneur s’est lancé dans l’exploitation des lots à bois familiaux. La forestière JFS Gagnon Inc. voit le jour. François Gagnon et ses deux fils, Stéphane et Jean-François sont devenus actionnaires à parts égales. Étant à l’extérieur du pays, Stéphane s’occupe de la comptabilité à distance. François Gagnon a gagné sa vie comme opérateur de machinerie lourde à Saint-Félicien. Il savoure maintenant sa retraite en s’amusant sur ses lots à bois, avec son fils et bientôt ses petits-fils.

Hiver

L’hiver, surtout par grand froid, c’est la saison morte pour Jean-François et son père. Ils en profitent pour faire de l’abatage et monter un inventaire de billots de bois dans la cour afin de les transformer au retour du beau temps.

En cette période de l’année, La Forestière JFS Gagnon prépare aussi les livraisons de bois de chauffage. En mai prochain, ils livreront entre 1000 et 2000 cordes de bois sur tout le territoire du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Leur bois de chauffage est livré coupé, séché et fendu. « On peut sauver sur le prix en achetant du bois en longueur, mais si le client calcule le temps et l’énergie dépensée pour couper et fendre le bois, il ne fait pas une grosse économie », remarque Jean-François.

Pour en savoir plus, visitez leur page Facebook: www.facebook.com/forestierejfsgagnon.

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Les sociables mésangeais des monts Valin

Le mésangeai du Canada, anciennement appelé geai gris, est très présent sur les monts Valin. De nature très sociable, il vient candidement manger dans nos mains.

Petits et grands seront charmés par la beauté et par la nature peu craintive du mésangeai. Attention, le mésangeai ne se gênera pas pour voler votre lunch à même votre sac à dos si celui-ci est mal fermé! Si vous gagnez sa confiance, il risque même de se jouquer sur votre tuque pour observer de plus près votre sandwich. Et si vous avez envie de vous amuser avec cet animal, vous serez servi. Brillant et espiègle, il se fera un plaisir d’embarquer dans vos fantaisies en échange d’un bout de nourriture. 

Le mésangeai est un opportuniste qui associe rapidement la présence humaine à la nourriture, surtout près des chalets. Certains le trouvent même indésirable et dérangeant. Pour éviter de l’attirer, il faut absolument ne laisser aucune trace de nourriture. Même à plusieurs kilomètres dans le fond des bois, ils repèrent rapidement la présence humaine, pour se régaler de la nourriture laissée ici et là. 

Cet oiseau omnivore consomme couramment des arthropodes (des insectes, notamment), des baies, des charognes, des oeufs, des oisillons d’autres espèces et des champignons. Comme son alimentation comporte de la charogne, il risque de ne pas être très propre. Il est mieux de porter des gants ou se laver les mains si vous avez un contact avec lui. Évidemment, ne tentez pas de le flatter, car comme tous les animaux sauvages, il ne veut rien savoir de vos caresses.

Observation

L’observation des oiseaux est un loisir amusant à faire en famille. En installant des mangeoires dans votre cour, il est possible d’attirer des dizaines d’espèces différentes selon les saisons. Lunette d’approche au cou, vous aurez vite envie de sortir pour observer encore plus d’espèces dans d’autres décors. 

Cette activité est prisée au parc de la Rivière-du-Moulin, à Chicoutimi, et au club de ski de fond Le Norvégien, à Jonquière. On peut y observer de nombreuses mésanges, qui sont aussi de petits oiseaux très curieux qu’on peut facilement attirer au creux de notre main avec de la nourriture. Elles se délectent particulièrement de graines de tournesol. 

Rusé

Le mésangeai est un oiseau rusé qui cherche toujours des trucs pour se nourrir sans trop d’efforts. Ces petits oiseaux adorent la viande, surtout celle du lièvre. C’est pourquoi les amateurs de petite chasse, qui tendent des collets pour les lièvres, voient souvent leurs captures grignotées par ces oiseaux. 

Il n’est pas le seul animal qui use d’astuce pour se nourrir. Pour les trappeurs, les belettes et les écureuils volants sont bien pires. « Ils ne s’attaquent pas juste aux lièvres, mais à tout ce qu’on capture. La belette brise toutes les proies dans les pièges, sans nécessairement les manger. Pareil pour l’écureuil volant. Les deux déclenchent souvent les pièges pour voler les appâts de castors », explique le trappeur, Carl Dubé. 

Pie-grièche

Plusieurs confondent le mésangeai avec la pie-grièche, beaucoup plus rare. Cette dernière est désignée « menacée », selon la Loi sur les espèces menacées et vulnérables du gouvernement du Québec, et « en voie de disparition », selon la Loi sur les espèces en péril du gouvernement du Canada. 

Quant au mésangeai du Canada, il n’est nullement en danger, et aucune mesure particulière n’est prise pour sa protection. Le mésangeai doit faire face à de nombreux prédateurs, dont les faucons, les busards et, pendant la période de nidification, les hiboux. 

Certains mammifères (les écureuils, les martres, les porcs-épics et les ratons laveurs) peuvent attaquer les nids et dévorer les oeufs. 

Les corvidés, tels que corbeaux et corneilles, s’en prennent également aux couvées. 

Il faut être futé pour survivre à autant de prédateurs!

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« Toutoudous » réconfortants

Il y a à peine deux ans, Valérie Tremblay découvrait les plaisirs de tricoter. Elle a commencé en fabriquant des pantoufles. Un an plus tard, la femme de Jonquière créait un accessoire très prisé par les petits.

La maman de trois enfants s’est inspirée de ce que les petits aiment pour tricoter des doudous munies d’une tête de toutou, qu’elle appelle des « toutoudous ». Elle cherche constamment des modèles et des images sur différentes plateformes Internet. « Pour les têtes des animaux, j’utilise des patrons. Je suis nulle en dessin, mais je suis bonne pour reproduire », remarque Valérie. 

Comme elle travaille à temps plein et qu’elle a fait un retour aux études à temps partiel dans le but de percer en médecine, la maman de trois enfants tricote à temps perdu. Travaillant dans un laboratoire médical, elle utilise parfois ses pauses pour avancer ses tricots. « C’est un passe-temps que j’aime beaucoup. Je fais ça pour le plaisir », poursuit-elle.

Ses créations sont vendues dans la région à un prix très abordable, principalement grâce à Facebook. Elle a une trentaine de toutous confectionnés, et ses modèles les plus populaires sont la licorne et le dragon. « J’ai une collègue de travail qui en a offert un à son petit-fils, et quand il se réveille la nuit, il faut qu’il ait son dragon sinon il réveille ses parents pour l’aider à le trouver », raconte Valérie Tremblay. 

Pour voir les créations de Valérie Tremblay, visitez sa page Facebook « Créations De Maman Poule ».