Camil Tremblay est moniteur de ski depuis environ 40 ans.
Camil Tremblay est moniteur de ski depuis environ 40 ans.

« Je ne sens pas mon âge ! »

« J’ai tellement de plaisir. Le bonheur n’est pas très loin. Dans notre tête, nous pouvons faire n’importe quoi. »

Le chalet du Centre de ski Mont-Fortin de Jonquière était bondé, mercredi passé, lorsque Le Progrès est allé à la rencontre d’un sympathique octogénaire, Camil Tremblay. Des dizaines de jeunes du sport-études se préparaient à prendre d’assaut les pentes, mais M. Tremblay et ses amis retraités n’avaient absolument rien à envier à leur énergie.

L’homme de 88 ans fait du spinning le mardi et le jeudi, du ski le mercredi et le vendredi, en plus de l’enseigner le samedi au Mont-Fortin. L’été, il joue au golf et fait du vélo. Celui qui a pris sa retraite comme électricien chez Alcan il y a 29 ans n’a donc pas le temps de s’ennuyer. En lui parlant, on en vient même à se demander s’il ne manque pas de temps pour tout faire.

Camil Tremblay fait du ski plusieurs fois par semaine, en plus de l’enseigner.

Même s’il a combattu un cancer de la prostate il y a une vingtaine d’années, M. Tremblay se dit très en forme et en bonne santé. Il passe son temps avec de bons amis et entretient son réseau social.

Lors de l’entrevue, attablé avec ses amis André Bérubé, Claude Nadeau et Yvon Otis, il se remémorait d’ailleurs sa journée de ski de la veille au Mont-Édouard, où il avait essayé la pente #4. Vous savez, cette piste homologuée super-G FIS, la seule au Québec, d’une longueur de 1,4 kilomètre et avec des portions de pente allant jusqu’à 52º pour un dénivelé de 390 mètres.

« Je me suis parlé ! , dit-il d’emblée en riant. On le fait toujours à deux pour se protéger, par sécurité, parce que c’est à pic ! C’était la deuxième fois que je la faisais et la première fois, j’avais atteint 70 km/h. Mais hier j’étais plus tranquille. Y comprend pas vite vite le gars ! »

Pas question pour Camil Tremblay de faire des descentes tranquilles. Il a besoin de virages parce qu’il ne veut pas toujours voir ce qui s’en vient plus bas.

Selon M. Tremblay, tous les centres de ski sont différents. C’est pour cette raison qu’il a autant de plaisir, peu importe la place, que ce soit au Mont-Édouard, au Valinouët, au Mont-Fortin ou au Mont-Lac-Vert. Il sort même de la région à l’occasion. Mais attention ! Pas question pour lui de faire des descentes tranquilles. Il a besoin de virages, parce qu’il ne veut pas toujours voir ce qui s’en vient plus bas.

« J’aime quand ça bouge plus. Je veux toujours aller plus haut pour vérifier si je suis encore bon. J’aimerais encore descendre des pentes à 100 ans ! »

Questionné sur les blessures, M. Tremblay dit ne s’être jamais blessé – « mais j’ai pris des sacrifices de fouilles ! » –, avant de se remémorer cette fois dans les pentes du Mont-Édouard. « Il y avait un planchiste assis dans la pente, dans un détour. J’ai réussi à le parer, mais je suis quand même tombé et je me suis blessé à l’épaule. »

Camil Tremblay (avec le manteau rouge) a toujours autant de plaisir avec ses amis André Bérubé, Claude Nadeau (l’ancien directeur de l’école de ski du Mont-Fortin) et Yvon Otis.

Transmettre sa passion

Camil Tremblay est moniteur de ski depuis environ 40 ans. Maintenant, il n’est là que le samedi et n’enseigne qu’à des adultes. « Me vois-tu avec des enfants ! questionne-t-il, toujours en riant. Je suis quand même un peu plus tranquille qu’avant ! »

Et qu’est-ce qui a changé, depuis toutes ces années ?

« Maintenant, ce sont les enfants qui amènent leurs parents. Ils viennent avec eux, alors aussi bien prendre un cours au lieu de rester dans le chalet », explique-t-il, avant d’être interrompu par une ancienne élève venue le saluer et qui a justement été entraînée dans les pentes par ses petits-fils.

Camil Tremblay fait du ski plusieurs fois par semaine, en plus de l’enseigner, lui qui est moniteur depuis 40 ans.

Et côté équipement ? « C’est le jour et la nuit ! Avant, les skis étaient en bois, mesuraient deux mètres. Là, c’est plus profilé et plus performant », mentionne M. Tremblay, en montrant fièrement son nouveau casque avec une visière intégrée, « beaucoup plus pratique pour avoir une meilleure vision ». Selon lui, l’arrivée massive de la planche à neige n’est pas étrangère à l’évolution des skis parce que les gens espéraient plus de performance.

Pour en revenir à l’enseignement, M. Tremblay dit avoir encore énormément de plaisir. Quand les gens ont peur, il les rassure et se met au même niveau qu’eux. « Il faut être à l’aise. Quand j’enseigne, il faut avoir du fun », assure-t-il.

Garder la forme

Le ski n’est pas la seule activité de Camil Tremblay. Deux fois par semaine, il fait du spinning avec un de ses amis. Quand on lui demande si c’est un sport qu’il pratique depuis longtemps, il répond « depuis six ans », mais quand on lui fait remarquer qu’il a commencé à 82 ans, ça le fait bien rire.

Pas question pour Camil Tremblay de faire des descentes tranquilles. Il a besoin de virages parce qu’il ne veut pas toujours voir ce qui s’en vient plus bas.

Il y a quelques années, il pouvait également faire jusqu’à 1000 ou 2000 kilomètres de vélo par année, mais il en fait un peu moins maintenant. Par contre, il continue de jouer au golf.

Ce père de cinq enfants – tous retraités ! –, grand-père de six petits-enfants et de quatre arrière-petits-enfants habite aux Jardins Sainte-Émilie et il se considère très chanceux de pouvoir être encore aussi en forme à son âge.

« Ça me montre à apprécier ce que je fais, avoue-t-il, quand il se compare avec d’autres résidents. Quand le médecin me dit qu’il me reste 12 ans avant d’avoir 100 ans... ouf !

Camil Tremblay est moniteur de ski depuis environ 40 ans.

« Je ne sens pas mon âge ! Quand je le dis, je suis gêné », a-t-il dit au Progrès, sous le regard amusé de ses amis qui l’attendaient pour s’attaquer aux pentes du Mont-Fortin.

« Ils sont malcommodes, mais là, c’est rien, ils sont tranquilles ! », a-t-il dit avant de nous saluer.