Sexologie

Ah! Les fameux sites de rencontre!

CHRONIQUE / «Bonjour Myriam, ça m’est arrivé. C’était supposément fini avec mon chum. Durant cette séparation, il a eu recours aux sites de rencontre. Finalement, après la volonté de nous redonner une seconde chance, je me rends compte qu’il magasine encore sur ces sites en cachette ! Qu’en penses-tu ?»

Ah ! les fameux sites de rencontre ! Ce monde virtuel où bien des choses se passent à l’insu de plusieurs. Qu’est-ce que je pense de cette situation ? La femme s’abstiendra de répondre, histoire de faire taire ses valeurs, mais la sexologue vous dira par contre que tout est relatif ! Précisons…

Commençons chère amie par définir ce que signifiait d’abord pour votre couple cette dite séparation. Puisqu’il y a possibilité de double problématique dans la situation décrite, je me dois de tout analyser. Bon ! S’agissait-il d’une rupture définitive, du divorce en bonne et due forme, d’une cessation « finale-bâton » du couple ou plutôt d’une simple pause, d’une période de recul, de réflexion, d’analyse de votre vie à deux ?

Dans ce premier cas, votre chéri devenu désormais « ex » se voit libre de tout ! Adios amigos, grand bien lui fasse de rencontrer où il veut avec ou sans votre bénédiction ! Tout comme vous, d’ailleurs. Passons à autre chose. 

Mieux vaut prévenir

S’il en est autrement, en revanche, voilà où tout devient relatif. Pour reprendre les dires de mon amie Marie-Pier, la notaire, « rien de mieux que de prévoir avant coups » ! Ce qui implique, sexologiquement parlant, des règles précises définissant préalablement ce qui est acceptable ou non pour vous pendant la mise en veilleuse de la vie conjugale. Certains respecteront une entente maintenant l’exclusivité, si tel était le cas, alors que d’autres en profiteront pour vivre une récréation côté rencontre, libertinage, sexe. Les sites de rencontre ne deviennent alors que de simples outils pour en venir aux fins.

De ce fait, si absence d’accord il y avait entre vous deux, madame, officiellement que l’inscription à divers sites puisse vous avoir blessé quoique malencontreusement. Ce qui semble horrible pour l’un peut paraître fort convenable pour l’autre, d’où l’importance de jaser un tant soit peu avant !

Secundo. Le meilleur des mondes arrive maintenant ! Alléluia, vous voici raccommodés ! Partir sur des bases nouvelles pour offrir ce second souffle que votre couple nécessitait probablement. Un beau bonheur jusqu’à ce que la découverte se fasse. Oui, je me dois de déduire qu’encore cette fameuse exclusivité fasse partie intégrante de votre « prise 2 » puisque cachette vous m’avez mentionnée. 

Réaction variable

Votre réaction peut varier selon, bien entendu, les sites utilisés et forcément selon votre tolérance face aux rencontres 2.0. Oui, je constate souvent une hiérarchie-maison du degré de gravité des sites utilisés par l’autre en catimini en fonction du « produit » offert. Je vois aussi de ceux qui n’apportent pas le même intérêt au fait que les rencontres puissent se passer seulement et uniquement à travers un écran versus la concrétisation d’un rendez-vous dans la vraie vie. C’est selon ! Et pour vous ? 

Comment interpréter cette consommation furtive de votre chum ? Je ne le sais pas parce qu’il me manque des données ! Ceci dit, je pourrais facilement imaginer la vague d’émotions pouvant vous traverser ; colère, peine, sentiment de « bouche-trou », trahison, déception, découragement, agressivité, alouette…

Et si, pour éclaircir tout cela, la solution ne gravitait pas autour de la communication ? D’abord pour nommer votre découverte, ensuite pour étaler votre ressenti et finalement pour refixer vos limites. Comme quoi rien ne pourrait être plus clair ! Allez, bonne soirée…

D'une fille à l'autre

Politique spectacle!

CHRONIQUE / Comme plusieurs journalistes, j’ai tenté d’obtenir une entrevue avec le premier ministre, en début de semaine. On voulait ses réactions sur l’élection des nouveaux maires. C’est quand même avec eux qu’il brasse des projets au Lac-Saint-Jean. Est-ce que certains dossiers majeurs menés conjointement par le monde municipal et le provincial pourraient être retardés ? Et tant qu’à y être, je voulais aussi sa réaction à chaud sur la démission de Denis Lemieux.

Par courriel, son attachée de presse m’invite gentiment à consulter le compte Twitter du premier ministre. Quoi! Les journalistes doivent maintenant se fier à Twitter et Facebook ?

Je ne lui en voulais pas. Elle reçoit des centaines de demandes chaque semaine. Les médias sociaux leur permettent de joindre plus de gens en faisant moins d’entrevues.

Mais relayer des gazouillis, très peu pour moi. Au Quotidien, on préfère encore parler de vive voix à nos élus. Tsé, c’est comme plus facile de le questionner au téléphone.

Je n’ai jamais eu mon entrevue. Mais je me suis quand même mise à regarder plus en profondeur les différents comptes du premier ministre.

Mon Dieu qu’on est loin du Philippe Couillard que j’ai rencontré lorsqu’il faisait campagne à la chefferie du Parti libéral. L’amateur de pêche qui semblait détester les artifices. On le voyait vêtu de confortables gilets de laine, les fins de semaine. Pas de polos Hugo Boss. Vous voyez le genre ?

C’est un premier ministre un peu plus moderne qu’on voit sur les médias sociaux. Justin Trudeau a visiblement influencé la classe politique provinciale.

Dans l’une de ses plus récentes vidéos, Philippe Couillard montre les coulisses de l’assermentation des ministres. Bon, on n’apprend pas grand-chose, mais on voit les députés dans des situations qu’on ne voit pas nécessairement d’habitude.

Il y a aussi cette vidéo sur la Distillerie du Fjord. Le premier ministre est allé rencontrer les entrepreneurs de Saint-David-de-Falardeau pour parler du populaire Gin Km 12.

« Contez-moi dont l’histoire », demande le premier ministre aux entrepreneurs, comme un animateur de table ronde. Il vole nos jobs !

Ben non je blague. Je pensais que sa petite entrevue avec les entrepreneurs allait susciter des réactions plus négatives. Mais non, les gens aiment ça ! Et de toute façon, les élus n’ont plus grand-chose à perdre. Est-ce que les gens pourraient être plus méchants ?

Il n’y a pas que Philippe Couillard qui a pris ce virage « people ». François Legault fait aussi des vidéos. On l’entend même parler de sa conjointe et de ses prochaines visites dans les régions du Québec. « Je vais aller vous voir bientôt », dit-il d’un ton chaleureux.

Jean-François Lisée était déjà bien en selle sur Instagram et autres médias sociaux. 

Les représentants de Québec solidaire utilisent sans surprise les mêmes outils.

En fait, il fallait s’y attendre avec notre propension à se désintéresser des vrais débats.

Gabriel Nadeau Dubois qui explique le programme de Québec solidaire attire 60 j’aime. Mais Gabriel Nadeau-Dubois qui fait du barbecue, ça, ça récolte 250 j’aime.

D'une fille à l'autre

Le spectacle de l’octogone

CHRONIQUE / Samedi dernier, c’était un grand soir pour bon nombre de Québécois. Les bars sportifs étaient pleins à craquer et le nombre de commandes auprès des câblodistributeurs a dû battre des records.

Pour ceux qui n’en ont pas entendu parler, c’était le grand retour de Georges St-Pierre dans l’octogone. Après quatre ans d’absence, l’un des athlètes chouchous des Québécois, mais aussi des Américains, affrontait le champion des poids moyens, Michael Bisping. 

J’ai toujours eu un faible pour St-Pierre, mais n’eût été mon chum, probablement que je n’aurais pas regardé le combat. J’aurais sans doute simplement écouté les comptes-rendus et visionné les meilleurs moments sur Internet. 

Une chose est certaine, je ne me serais pas tapé les cinq combats présentés ce soir-là, en direct du Madison Square Garden de New York. 

Mais que voulez-vous, l’amour nous pousse à faire des choses qu’on ne ferait pas normalement. Alors, nous avons loué la carte UFC 2017, dans le confort de notre salon. Je m’étais préparé à écouter mes « programmes » sur mon ordinateur, advenant le cas où je trouvais ça trop plate, voir deux personnes se tapocher dans l’espoir de repartir avec une grosse ceinture dorée. 

Et je les avais écoutés et lus, les experts, tout au long de la semaine, qui prédisaient St-Pierre perdant. Ça ne me tentait pas vraiment de regarder ce beau jeune homme se faire débâtir le sourire en direct à la télé. 

Mais plus la soirée avançait et plus je me découvrais une nouvelle passion pour les arts martiaux mixtes. Bon, je dois aussi avouer que plus la soirée avançait et plus j’avais le visage enfoui dans les coussins. Et je me suis même surprise à hurler lorsque St-Pierre a donné le coup de poing qui lui permettrait de mettre la main sur la ceinture tant convoitée et, par le fait même, réussir son grand retour. 

Ce que j’aime par-dessus tout, c’est lorsque des sportifs font mentir les experts. Et, surtout, lorsqu’ils remettent à leur place ceux qui les avaient humiliés durant les jours précédents. Bon, je sais que ça fait partie de la game, mais s’il y a quelque chose que je déteste avec les sports de combat, c’est bien cette manie de rire et d’humilier son adversaire. 

Vous me direz que c’est bien pire de fesser à coups de poing et de coups de pied, mais j’ose croire qu’il y a énormément de technique dernière ces combats et que les athlètes s’entraînent durant des mois pour survivre à l’octogone. 

Je dois donc admettre qu’ils m’impressionnent, ces hommes et ces femmes qui s’affrontent. Mais ce qui m’impressionne moins, c’est toute cette mascarade qui entoure les événements. Et c’est bien là qu’on se rend compte qu’en fait, ce n’est qu’un spectacle. 

Progrès technologique

Pour bien s’accrocher à la route

CHRONIQUE / L’hiver est à nos portes, et cette année ne fera certes pas exception à la règle. Pour plusieurs d’entre vous, c’est la saison de la « merde blanche » où chaque sortie devient un véritable chemin de croix ! Que dire de l’état parfois lamentable du réseau routier et des fameux quartiers blancs qui sont trop souvent de véritables patinoires où les voitures font office de pierres de curling ! Les voitures modernes sont dotées de multiples dispositifs de sécurité qui facilitent parfois la conduite hivernale, mais malgré cela, il ne faut pas oublier que votre rutilante bagnole ne fait contact avec la route que par 4 petites bandes caoutchoutées qui doivent être efficaces dans les conditions les plus extrêmes ! Mal nécessaire pour le conducteur québécois, les pneus d’hiver sont de véritables bijoux technologiques dont la genèse remonte aux années 1930.

L’autoneige ou l’auto dans la neige ?

Pendant qu’au Québec Joseph-Armand Bombardier développait sa première autoneige, en Finlande, on travaillait au tout premier pneu conçu pour l’hiver. D’abord destiné aux camions, le Kelirengas, ou pneu météo de la compagnie Nokian, possédait une semelle munie de blocs permettant d’évacuer la neige et la boue vers l’extérieur du pneu. Cette semelle, dont le design rudimentaire s’apparentait à celui des chenilles de tracteur, était une révolution, car à cette époque, les voitures devaient se munir de chaînes afin de se déplacer dans les conditions hivernales. Par contre, le type de gomme utilisée à l’époque était le même que pour les pneus d’été, occasionnant du fait même le durcissement du caoutchouc à basse température. Les gommes évoluant très peu dans les 20 années qui suivirent, les manufacturiers introduisirent les pneus à crampons de métal, communément appelés pneus à clous, afin d’augmenter l’adhérence sur les surfaces glacées. Je peine à imaginer le confort rudimentaire de ces premiers pneus à crampons à une époque où ceux-ci étaient à carcasses diagonales de nylon.

L’avènement du pneu radial

Dans les années 70, le pneu radial fait son apparition sur le marché nord-américain, un changement majeur dans le monde de l’automobile. Le pneu radial possède un flanc flexible qui améliore le confort et permet à la semelle d’avoir un meilleur contact sur la route. Pour les pneus d’hiver, cette technologie permet d’offrir un dessin de semelle plus raffiné ainsi qu’une évacuation plus constante de la neige en raison d’une surface de contact plus grande.

Les lamelles et la glace

Il faut attendre au début des années 90 pour qu’une véritable bataille entre les manufacturiers s’amorce. Le Blizzak de Bridgestone a connu un grand succès au Québec en raison de ses lamelles souples combinées à un composé de gomme révolutionnaire pour l’époque. Les lamelles souples s’ouvrent au contact de la glace, créant ainsi une plus grande surface de contact. Bien que d’autres fabricants utilisaient cette technique quelques années auparavant, Bridgestone, via son grand réseau de distribution, l’a démocratisé. Aujourd’hui, nous assistons à une véritable course technologique dans le monde du pneu hivernal. Les grands manufacturiers offrent des composés de gommes de plus en plus efficaces et durables. 

Quel pneu choisir ? 

Le choix d’un bon pneu d’hiver peut s’avérer difficile en raison du choix et de la gamme de prix. D’ailleurs, le prix ne devrait pas être votre premier critère. L’argument « c’est juste pour aller du point A au point B » n’est pas valide non plus, car il s’agit déjà du but premier d’un transport. Le choix de votre pneu doit se faire en fonction de plusieurs éléments.

Le type de véhicule : est-ce un sport utilitaire, une camionnette ou voiture ? Est-ce une traction, une propulsion ou un véhicule à traction intégrale ? Le poids du véhicule aura une incidence directe sur l’efficacité du freinage sur la glace. Le type de route que vous faites. Pour vous rendre au travail, vous faites combien de kilomètres et dans quels types de conditions ? Est-ce que vous faites beaucoup d’autoroutes où vous restez principalement en ville ?  Est-ce que vous allez au centre de ski ou au chalet régulièrement ?

Avec ou sans crampons ? Il est certain que les pneus à crampons vous offriront une meilleure adhérence sur les surfaces glacées tout en réduisant les distances de freinage. Par contre, ils sont plus bruyants. Si vous faites beaucoup de kilométrage sur l’autoroute, ce n’est peut-être pas pour vous. 

Et le confort : jadis, les pneus d’hiver étaient synonymes d’inconfort, mais maintenant, bien qu’ils soient plus bruyants que les pneus d’été, le confort est tout de même au rendez-vous. Michelin, par exemple, offre des bandes de roulement silencieuses avec des flancs plus souples, ce qui augmente le confort.

Depuis une dizaine d’années, nous assistons à une invasion de nouvelles marques de pneus en provenance d’Asie à des prix très bas. Avec des dessins de semelles similaires aux grandes marques, mais pour une fraction du prix, ils peuvent sembler une bonne affaire, mais dans la majorité des cas les gommes sont nettement inférieures à la moyenne, ce qui mine grandement l’efficacité du pneu. Pour bien des marques obscures asiatiques, je me demande même si le produit est testé dans des conditions hivernales avant d’être mis en marché tellement ils sont inefficaces. Parfois, il vaut mieux payer une centaine de dollars de plus pour passer un hiver en sécurité.

Picotte

Les douze chiens de Sara Dufour

CHRONIQUE / Une semaine après le triste départ de Picotte, Râto recevait une grande mission : il devait aller à la rencontre d’humains sympathiques afin de recevoir leurs confidences en lien avec les animaux.

Sa première rencontre a eu lieu avec la chanteuse Sara Dufour, de passage au Valinouët pour le Yourte Fest, organisé par Imago Village. Bien blotti sur les cuisses de la talentueuse artiste native de Dolbeau-Mistassini, Râto le confident canin l’a sagement écoutée parler des 12 chiens de sa vie qui ont marqué la période des années 90.

À travers ses histoires, Sara nous rappelle ce que c’était d’avoir des animaux à cette époque. Enfant, la petite fille gênée et discrète adorait la compagnie de ses chats, de ses chiens, de ses lapins et de ses hamsters. 

« Mon premier chien s’appelait Princesse. C’était un gros chien blanc, bâtard. Elle a eu plusieurs portées de chiots et elle est morte de vieillesse à 14 ans », se remémore Sara. C’est certain qu’à ce moment-là, la stérilisation n’était pas une intervention très populaire et les chiens errants étaient nombreux. « D’ailleurs, je me souviens quand les médailles de la ville ont commencé à être obligatoires et qu’on devait payer pour enregistrer nos chiens », ajoute Sara. Rêvant de s’occuper des animaux en devenant vétérinaire, la fillette était toujours prête à sauver toutes les bêtes. « Je vais toujours me souvenir de ce beau berger allemand errant qui avait été battu dans la cour de mon école par des enfants. Je l’avais amené chez moi et appelé Shadow », poursuit Sara. 

Magie

Avec les animaux, il se passe parfois des choses magiques. « Un soir, j’ai vu une étoile filante passer dans le ciel et j’ai fait le vœu d’avoir un chien juste à moi. Le lendemain, un ami de ma mère m’offrait Zoulou, un beau labrador noir pure race », raconte-t-elle. Évidemment, avoir des animaux, c’est aussi vivre des deuils. Dans les années 90, on n’était pas aussi sensibilisé à la vaccination. C’est pourquoi Zoulou est décédé de la rage. Et comment oublier ce jour où elle a vu son beau chien Saké mourir noyé dans la rivière au Foin ? 

Vers l’âge de neuf ans, c’est le chien Ti-Poux qui gardait les secrets de Sara. « Il était à peu près de la grosseur de Râto. N’étant pas castré, il se battait parfois avec Mousse, notre gros chien montagne des Pyrénées qui n’était pas castré non plus. Un jour, Ti-Poux a “cruisé” Belle, la femelle de Mousse, et il s’est fait violemment attaquer. Ma mère a toutefois réussi à le guérir », se souvient Sara. Les aventures de Ti-Poux ne se sont pas arrêtées là ! Il a plus d’une fois été retrouvé au village après avoir suivi des voitures. « Je l’ai même déjà trouvé pris dans un collet à lièvre, mais il n’avait pas bougé pour ne pas s’étrangler. Finalement, vers l’âge de 12 ans, mes parents l’ont fait euthanasier, mais je n’ai jamais vraiment su pourquoi », raconte l’expressive chanteuse. 

Dans les années 90, l’euthanasie était souvent l’unique solution à certains problèmes. Le plus dur moment s’est produit quand l’adolescente a assisté à l’euthanasie d’un de ses chiens, parce que sa famille quittait la campagne pour déménager à Mistassini.

Au secondaire, en découvrant l’impro, Sara sort de sa coquille et son amour pour la scène devient vital ! Quand elle part vers Montréal en 2004, à l’âge de 19 ans, après un concours pour jouer dans les trois dernières saisons du téléroman jeunesse Watatatow, elle met une croix sur les animaux, étant donné son mode de vie. « Mais j’aime encore les animaux ! D’ailleurs, ma sœur vient de s’acheter un petit chien croisé caniche. Il est tellement beau. Je vais le voir demain », conclut Sara, toujours excitée de revenir dans sa région pour voir sa famille.

Libreados

Le malaise des billets de loto

CHRONIQUE / Je partage ma vie avec un gars très poli. Il vouvoie tout le monde, il est gentleman et très serviable. Il est si gentil qu’il est presque incapable de refuser quoique ce soit aux gens. Même aux commis de dépanneur, qui lui offre un billet de loto, il dit oui.

Il prend donc un billet une fois de temps en temps quand on lui en offre. Le problème, c’est que lui et moi, nous avons un gros malaise avec les billets de loto. Je ne sais pas pourquoi, mais ça me gêne d’en acheter et encore plus d’aller les faire valider. Je ne veux pas faire attendre tout le monde. Pourtant, quand des gens font valider leurs billets, je ne suis pas du genre à soupirer. Ça ne me dérange même pas.

J’ai une application sur mon cellulaire pour valider les codes QR des billets de loto, mais quand on gagne, il faut bien réclamer nos prix. Personne de nous deux n’est brave de le faire. Alors, les billets gagnants ou gratuits s’empilent dans le fond d’une armoire. On se sent toujours visé quand on entend parler de billets non réclamés. Il y a quelques semaines, on a pris notre courage à deux mains et on est allé dans un dépanneur avec nos billets gagnants. On s’est placé dehors, devant le dépanneur, et on attendait qu’il n’y ait plus de voiture dans le stationnement pour entrer afin de ne pas déranger personne. Quand on se trouvait trop louche, on repartait marcher un peu et on revenait.

Évidemment, un moment donné, il a fallu que je tombe sur quelqu’un que je connaissais et que je n’avais pas vu depuis des années. Voyant nos faces de malaise, je me suis sentie obligée de lui expliquer la situation. « On a des billets de loto à faire valider, mais on n’est vraiment pas à l’aise », lui dis-je. Il nous trouvait tellement « simples » que ça nous a donné un peu de courage pour entrer. On s’est accoté au comptoir et on a fait signe aux clients de passer, comme si on avait tout notre temps.

Un moment donné, le commis nous a demandé ce qu’on voulait et on a sorti notre pile de billets que mon chum tenait bien cachés dans la poche intérieure de sa veste carreautée. « On a ça à faire valider », murmurais-je. « Oui ! Venez-vous-en, je vais vous valider ça », s’exclame le commis, comme si on lui faisait un cadeau. La file de monde, qui allait jusqu’aux réfrigérateurs du fond, patientait en silence.

J’avais l’impression que dix mille paires d’yeux étaient rivées sur nous… Sérieusement, il devait y avoir au moins sept personnes qui faisaient la file. Au bout de quelques longues minutes, on s’est acheté un petit paquet de gomme sans sucre et on est reparti en vitesse avec notre montant d’argent qui montait à moins de 10 $. »

Libreados

Une journée abracadabrante au Séminaire de Chicoutimi

CHRONIQUE / Le 31 octobre dernier avait lieu la journée d’Halloween des élèves du Séminaire de Chicoutimi.

« Au début de la journée, les élèves ont participé au tournage de la chorégraphie du concours Danse comme un Wixx 5. La diffusion de la vidéo se fera au mois de novembre », explique Adélaïde Fallu, ministre des Communications au Séminaire de Chicoutimi.

Les élèves ont aussi eu droit à de nombreuses activités comme un concours de momies, un concours de jarres lumineuses ainsi qu’une activité d’équipe et un rallye photos. « À cette occasion, le gouvernement étudiant a conçu tout le décor de la salle de l’épouvante où l’on pouvait retrouver notamment un bar à bonbons, des cocktails mystérieux, un karaoké endiablé ainsi qu’un photobooth », poursuit Adélaïde. 

Visite

À la grande surprise de tous, M. Bertrand Bergeron, un écrivain de la région, est venu raconter des contes et légendes du terroir. Le comité des parents a contribué à la décoration et à l’animation d’un kiosque. De plus, comme chaque année, le Séminaire de Chicoutimi a ouvert ses portes en soirée pour accueillir les jeunes fanatiques de bonbons du quartier.

« Nous tenons à remercier tous les bénévoles, les parents et professeurs pour l’aide apportée lors de cette grande journée », conclut Adélaïde Fallu. 

100% original

Création Moheli: couturière depuis l’âge de dix ans

CHRONIQUE / Depuis 2011, Mireille Morin a le bonheur de coudre dans son atelier signé Création Moheli. Installée à Chicoutimi depuis deux ans, elle ouvre sa boutique uniquement sur rendez-vous. Artiste dans l’âme, elle laisse aller son inspiration selon son humeur.

« Je fais rarement le même morceau dans plusieurs grandeurs. Souvent, j’apporte des différences, ce qui fait que mes vêtements sont presque tous uniques », précise la designer de mode. En plus de sa collection de prêt-à-porter, confortable et fait de matière extensible, Mireille offre aussi l’ajustement et la réparation de vêtements, tels que les robes de bal. Tous ses tissus proviennent à 100 % de la région du Saguenay. « Je fais aussi des soirées de filles avec des présentations à domicile », ajoute la sympathique couturière.

Étant mère de deux enfants de sept et dix ans, Mireille a le privilège de travailler dans sa maison et d’organiser son horaire en conséquence. Ses filles sont habillées de la tête au pied de ses créations. « Mes filles trouvent ça plate les vêtements en boutique », relate la fière maman en riant. 

Abordable

Ses vêtements ne se trouvent pas en consigne dans des boutiques. « Si je mettais mes vêtements en consigne, je devrais les vendre presque le double », précise-t-elle. 

Comme elle n’a pas non plus de location de local à payer, ses prix sont d’autant plus avantageux pour des vêtements faits presque sur mesure. « J’ai aussi la liberté de ne pas nécessairement répéter un même morceau dans plusieurs grandeurs, comme m’obligerait une boutique », remarque la propriétaire de Création Moheli. Son chaleureux atelier est devenu un refuge inspirant pour créer. 

« Mon conjoint a aménagé presque la totalité du sous-sol pour qu’il soit fonctionnel pour mon travail », poursuit la femme d’affaires qui travaille avec sept machines à coudre, dont une industrielle, cinq semi-industrielles et une domestique de base. 

Parcours

Après son secondaire, Mireille ne se pose pas trop de questions. Ayant grandie entourée d’une grand-mère et d’une mère couturières (sa mère fabriquait tous ses vêtements), le choix est clair; elle souhaite étudier en mode. Faisant de la couture depuis l’âge de dix ans, elle s’inscrit donc en design de mode.

À ce moment-là, on lui promet un taux de placement de 93 %. Pourtant, après trois ans d’études dans un collège privé, la réalité de la finissante n’est pas aussi belle. « En fait, pour justifier ce pourcentage, on considère que tu travailles dans ton domaine, aussitôt que tu es dans un milieu qui a le moindre rapport avec la mode, comme une boutique », explique Mireille, qui est native de Québec. Elle fait donc plusieurs petits boulots en lien avec la couture, pour finalement atterrir dans une boutique de chaussures pendant 11 ans. 

C’est en 2011, alors qu’elle reste au Nouveau-Brunswick, que son conjoint, Michael Ouellet, lui propose d’aménager la maison pour démarrer sa propre collection de vêtements. En 2015, celle qui partage sa vie avec un militaire déménage au Saguenay. Le couple n’a que quelques jours pour trouver une maison. Ils s’installent au 766 Grandin à Chicoutimi et Michael rénove la propriété de A à Z.

 Évidemment, bien qu’elle soit présentement installée à Chicoutimi, Mireille ne sait jamais ce que le destin lui réserve ! 

Pour faire connaître ses vêtements, la propriétaire de Création Moheli participe à plusieurs salons et événements. Elle sera au Marché de Noël de Shipshaw (25 et 26 novembre), ainsi qu’au Grand Bazar de Noël à l’Hôtel La Saguenéenne (3 décembre). Pour en savoir plus, suivez Mireille Morin sur sa page Facebook (www.facebook.com/creation.moheli) ou visitez sa boutique Etsy (www.etsy.com/ca-fr/shop/Moheli)

Jeunesse

Presque 16 ans d’histoires avec Picotte

CHRONIQUE / À la question « que feras-tu quand Picotte ne sera plus là ? », Mélissa Viau a toujours répondu qu’elle était confiante de croiser le chemin d’un autre animal aussi inspirant que sa petite jack russell terrier.

Avoir des animaux, c’est aussi vivre des face-à-face avec la mort et entamer des processus de deuil. Picotte a été le premier chien adopté par Mélissa au printemps 2002. C’est un des êtres vivants avec lequel elle a passé le plus de temps, soit près de 16 années de sa vie. On a beau dire que c’est juste des animaux, ils sont parfois les relations les plus durables qu’on rencontre.

Dire adieu à son chien, c’est un peu comme tourner la page sur un chapitre de sa vie. Picotte a inspiré une chronique dans Le Progrès, l’écriture du livre Les Animaux, le Bonheur et Moi et une chronique à KYK 95,7 Radio X. « C’est aussi de sa faute si j’ai eu envie d’en apprendre plus sur les animaux », réfléchit Mélissa. 

Picotte et Mélissa se sont continuellement adaptées une à l’autre. Du haut de ses 10 livres, la populaire petite jack russell terrier du journal Le Progrès a donné envie à bien des personnes d’avoir cette race de chien énergique, mais pas toujours facile à éduquer. Nombreux ont été les gens qui ont adopté, puis abandonné leur jack russell parce qu’il était trop actif.

Le 27 octobre dernier, Mélissa acceptait d’abréger les souffrances de Picotte, dont la santé s’était dégradée dans les dernières semaines.

Santé

Il y a un an, Picotte s’est mise à changer mentalement. Elle était plus difficile à gérer, notamment face à sa fixation sur la nourriture. Puis, physiquement, son corps s’est mis à vieillir. Elle ne jappait plus, ne nageait plus, ne jouait plus et n’entendait plus. Elle dormait la plupart du temps. Comme elle s’étouffait beaucoup avec sa nourriture et que tout ce qu’elle aimait faire c’était de manger, elle avait droit à de la nourriture maison, cuisinée juste pour elle. Elle ne pouvait plus se faire garder, car elle requérait trop d’encadrement, surtout au niveau de la propreté. N’étant plus capable de se retenir pour ses besoins, on ne pouvait pas quitter la maison plus de trois heures. Mais on se dit souvent, tant qu’ils mangent… 

Détachement

« Jamais je n’aurais pensé que Picotte subirait aussi lourdement les effets de la vieillesse. J’en oublie presque qu’elle a déjà couru, jappé et sauté. Si elle avait pesé 100 livres, c’est certain qu’il aurait fallu que je me sépare d’elle bien avant », confie Mélissa. Comme elle n’entendait plus, pour communiquer avec Picotte, on utilisait un seul et unique signe. « On faisant semblant d’avoir de la nourriture dans notre main pour l’attirer où on voulait », ajoute Mélissa. Elle avait oublié tous les autres trucs appris jadis. Un processus de détachement s’opérait depuis un an, puisqu’elle n’avait plus aucune interaction, ni avec les humains ni avec les autres animaux. 

Inoubliable

Picotte n’a pas été un chien facile. Bien qu’elle se soit adaptée à notre vie, on a aussi dû s’adapter à la sienne. Réactive avec les autres chiens, aventurière et téméraire, elle s’est plus d’une fois mise les pieds dans les plats. Faisant rapidement des associations, elle était capable de tout pour arriver à ses fins. « Elle a été mon meilleur prof canin. Jusqu’à la fin, elle m’aura appris à devenir meilleure et à toujours me remettre en question », poursuit Mélissa. 

Euthanasie

Quand on doit avoir recours à l’euthanasie pour mettre fin à la vie de son animal, on se pose inévitablement cette question : où est la limite entre l’euthanasie acceptable et l’inacceptable ? La réponse est simple… Elle est enfouie dans le cœur de la personne qui est responsable de son animal. Même si on se dit que tant que l’appétit va, tout va, Picotte n’a jamais perdu l’appétit.  

Après 

Puisque Mélissa s’occupait intensivement de Picotte depuis les dernières semaines, c’est certain que son départ cause un vide immense. « Tous les matins, je me levais à 6 h pour la sortir dehors pour ses besoins. J’y allais avec elle, car elle ne voyait plus bien les marches d’escalier quand il faisait noir », souligne Mélissa qui avait aussi mis une croix sur les voyages depuis plus d’un an et demi. 

Nouveau projet

Il y a près de deux ans, Mélissa croisait la route de Râto. Un nouveau chapitre débutait. Depuis ce temps, il lui a inspiré des conférences pour parler de l’abandon, de l’intimidation, du respect et de l’espoir. Avec Picotte, sans le vouloir, on a fait la promotion du jack russell terrier. Avec Râto, on fera la promotion des chiens abandonnés, toutes races confondues !

D'une fille à l'aute

L’ancienneté, oui mais...

CHRONIQUE / L’ancienneté. Un concept particulièrement abstrait en 2017.

Au boulot, j’ai souvent l’impression que je ferai toujours partie de cette génération de « jeunes ». Et si je regarde mes amies qui ont toutes autour de 30 ans, ce sentiment semble généralisé. Peut-être est-ce dû au fait qu’en 2017, plusieurs des jeunes travailleurs avancent plus lentement qu’en 1980. Des postes permanents à la sortie de l’école, c’est de plus en plus rare. Et des jeunes qui débutent différentes carrières avant de s’établir véritablement, ça, c’est de moins en moins fréquent.

Après neuf ans, je suis maintenant la plus vieille des jeunes au bureau. Je jouis donc d’une ancienneté, mais entre vous et moi, je souffre parfois du syndrome de l’imposteur lorsqu’il est temps de revendiquer mes droits. 

À vrai dire, j’ai toujours eu bien de la difficulté à m’affirmer professionnellement, ayant peur de déplaire, de décevoir. 

Je me sens presque coupable d’avoir mes fins de semaine de congé, lorsque je vois les plus jeunes travailler tous les samedis. Même si des samedis et des dimanches, j’en ai fait à la tonne au cours de ces dernières années. Je me sens presque coupable de prendre deux semaines de vacances, lorsque je vois les plus jeunes travailler tout en suivant des cours et en essayant d’avoir une vie personnelle au milieu de tout ça. 

C’est pour cette raison que le concept de l’ancienneté, aussi abstrait soit-il, reste quelque chose de bien nécessaire. Surtout pour les gens comme moi, qui ont bien de la misère à demander. 

Et pourtant, je trouve bien normal qu’un plus vieux gagne plus cher, qu’il puisse réserver ses dates de vacances avant les plus jeunes et qu’il jouisse d’un horaire plus intéressant. 

C’est ça, à mon avis, les avantages d’une ancienneté. 

Ce qui me dérange, par contre, c’est cette manie des plus anciens de pelleter dans la cour des plus jeunes générations, prétextant le fameux concept de l’ancienneté. 

« Demande à un jeune de le faire » ou « Il est capable d’en prendre, il est jeune », sont des phrases trop souvent entendues dans les milieux de travail. 

Et bien que les fondements d’une ancienneté soient, à mes yeux, une bonne chose pour l’équité professionnelle, surcharger les p’tits jeunes ne devraient pas être une solution. Parce que les plus jeunes deviendront les plus anciens un jour. Et parce que j’ai aussi l’impression qu’on en demande toujours plus à ceux et celles qui en donnent déjà beaucoup. 

« On fouette toujours plus nos meilleurs chevaux », entend-on, souvent. C’est sans doute vrai, mais on devrait aussi leur donner des breaks, aux meilleurs chevaux, histoire qu’ils ne s’essoufflent pas trop. Même s’ils sont jeunes et qu’ils sont capables d’en prendre.

Et même s’ils ne sont pas en tête de la liste d’ancienneté.