Bière

De la Mauricie au Saguenay-Lac-Saint-Jean

Pendant l’été, Philippe vous propose un carnet de bord au gré de ses rencontres et découvertes sur les routes du Québec, mais également d’Europe. « Sur la Route avec Philippe » est une chronique estivale qui donne le goût de voyager pour la bière.

Sexologie

Sous un drap d’étoiles

CHRONIQUE / C’est l’été ! Parce qu’il fait beau, parce qu’il fait chaud, parce que c’est confortable, êtes-vous de ceux qui congédient la chambre pour faire place à l’exotisme ? Je parle, bien entendu, des joies de faire l’amour ici, là, dehors, dans cet environnement gravitant bien au-delà de cette pièce trop souvent redondante. Patios, piscines, parcs, terrains vagues, zones portuaires, cabanes de baseball, stationnements désertés ; le sexe dans ces endroits hors normes, le pratiquez-vous ? L’occasion faisant le larron, tel que l’indique le dicton. S’épivarder sexuellement, une bonne idée ? Pourquoi pas !

Pour tous et toutes
Le sexe au-delà de quatre murs est souvent associé à ce jeune couple fougueux, nouvellement formé et contraint de s’écarter, faute de ne pouvoir contenir cette envie pressante de copuler. Mais de « vieux couples » adeptes du sexe en plein air, ça existe.

Le Mag

L’absolu Ovide Coudé

Ceux et celles qui se rendent régulièrement au quai de Sainte-Rose-du-Nord l’ont sans doute déjà entendu jouer de la guitare, assis sur l’un des bancs en bois. Ovide Coudé, un jeune homme de 25 ans originaire de la petite municipalité, s’y rend régulièrement pour y partager ses plus récentes compositions, entre deux spectacles ou une participation à un festival. Et s’il y a quelque chose qui n’arrête pas le sympathique jeune musicien, c’est bien sa cécité.

Ovide Coudé est né à Sainte-Rose-du-Nord. Il n’a jamais pu voir ce qui l’entoure. Atteint de l’amaurose congénitale de Leber, une maladie génétique grave de la rétine, Ovide peut seulement distinguer la clarté de la noirceur. Mais ses yeux n’envoient pas les images à son cerveau. Malgré sa non-voyance, Ovide ne s’est jamais laissé abattre, ayant appris à gratter la guitare alors qu’il n’était encore qu’un enfant.

Spiritualité

Pour le meilleur et pour la vie

CHRONIQUE / Devant les situations flagrantes d’injustice ou les actes ignobles de violence, une question revient sans cesse : pourquoi ? Pourquoi Dieu laisse-t-il faire cela ? Quel est donc ce Dieu qui regarde tout ceci sans rien faire ?

Et, depuis toujours, les réponses n’ont jamais satisfait complètement l’esprit humain qui cherche à comprendre.

Progrès technologique

Couper le cordon

CHRONIQUE / Cette relation en était probablement à la croisée des chemins. L’effervescence des débuts a laissé une grande place à la routine. Dans le salon, je passais devant elle dans l’indifférence la plus totale. Qui plus est, avec les années, elle prenait de l’expansion et me coûtait de plus en plus cher. Le peu de temps que j’avais, je le passais sur Internet, pendant qu’elle était là, sans broncher, dans mon salon, à m’attendre.

La grande rupture
J’ai repoussé cette décision pendant quelques mois, en me demandant ce que j’allais faire sans elle, sans sa présence si réconfortante.

D'une fille à l'autre

Au pays de Maria Chapdelaine

CHRONIQUE / Ça devait bien faire 10 ans que je n’étais pas allée à Dolbeau-Mistassini. Lorsque j’étais petite, mon père se faisait un plaisir, et peut-être un devoir, de faire le tour du Lac au moins une fois par été, en ma compagnie. Nous arrêtions souvent pique-niquer à la Chute à l’Ours, à Normandin, ou bien à l’ermitage Saint-Antoine de Lac-Bouchette. Lorsque j’étais chanceuse, nous allions au Zoo sauvage de Saint-Félicien.

C’est curieux, mais je me souviens surtout de la route qui séparait Saguenay de Saint-Félicien, du côté sud du majestueux lac Saint-Jean. Peut-être que je dormais lorsque nous étions rendus à redescendre par l’autre bord. L’autre bord, le nord, je ne sais pas si c’est moi, mais il me semble qu’il soit un peu boudé par les Saguenéens. Peut-être même par les Jeannois, mais ça, je ne veux pas parler en leur nom.

À la vôtre

Des vignes résistantes au changement climatique ?

Depuis 2000, la France enregistre un cycle d’évolution très net vers un climat plus chaud et plus sec. Ce changement climatique doublé de l’impératif de diminuer l’emploi de pesticides remet en question la légitimité des cépages actuels et ouvre la voie à une toute nouvelle génération de vignes naturellement résistantes.

Sans vouloir renchérir sur le changement climatique — souhaitable pour les uns, nettement moins drôle pour les autres, selon d’où on use du sécateur —, force est de constater que les stades de développement de la vigne s’enchaînent à un rythme accéléré (développement des feuilles, floraison, maturation des baies, etc.). Un des changements les plus flagrants concerne la date des vendanges qui bat des records de précocité. Ceci impactant cela, on constate chez les vins une hausse de la teneur en alcool et une diminution de l’acidité. Dans le Languedoc-Roussillon seulement, le taux d’alcool moyen a augmenté de 3 % depuis 1984. Une hausse qui s’explique en partie par un perfectionnement des pratiques culturales et de l’encépagement, mais pas que...

Second pépin dans l’engrenage : la grande sensibilité des vitis vinifera (chardonnay, pinot noir, cabernet sauvignon, etc.) aux maladies et aux champignons de la vigne (oïdium, mildiou). Autour de 20 % des pesticides appliqués en France sert l’industrie viticole (avec seulement 3 % de la surface agricole utilisée!)
Face à ces deux enjeux majeurs, il apparaît indispensable de penser à un plan B. Des chercheurs de l’INRA de Pech Rouge (Institut national de la recherche agronomique dans le Languedoc) et le CIVL (Conseil interprofessionnel des vins du Languedoc) se sont engagés dans une démarche vitidurable visant à produire des vins exempts de produits sanitaires, moins alcoolisés et répondant aux goûts des consommateurs.

Il ne s’agit pas de créer des clones ou des OGM, mais plutôt de produire de tous nouveaux cépages par hybridation et « rétrocroisements » (croisements d’un hybride avec l’un de ses parents ou d’un proche parent afin de favoriser les caractéristiques d’une des variétés) avec à la base la muscadinia rotundifolia, une espèce américaine très résistante au mildiou et complètement béton face à l’oïdium.

À ce jour, une vingtaine de cépages ont été mis au banc d’essai. Les résultats sont prometteurs. Les sujets présentent une composition génétique voisine du vitis vinifera variant entre 95 et 99,7 %, en plus d’être naturellement résistants à l’oïdium et au mildiou, responsables de 80 % de l’emploi de pesticides. Les cépages en cours de développement sont aussi naturellement antioxydants. Comme le jus ne brunit peu ou pas, très peu de sulfites, voire aucuns, sont nécessaires pendant la vinification.

Les variétés les plus concluantes sont présentement mises à l’essai à grande échelle. Si les résultats s’avèrent concluants, les candidats retenus pourraient être subséquemment ajoutés au catalogue viticole. Une rencontre est aussi prévue (si ce n’est pas déjà fait) avec les élus et le gouvernement pour faire évoluer la législation en réponse au changement climatique.

Merci à Herman Odeja et Jean-Louis Esculier, respectivement directeur et ingénieur de recherche au site INRA de Pech Rouge ainsi qu’à Bernard Auger, délégué général du CIVL pour leurs explications.

Source : Escudier, Bigard, Ojeda, Samson, Caillé, Romieu, Torregrosa, De la vigne au vin : des créations variétales adaptées au changement climatique et résistantes aux maladies cryptogamiques, 2017.

Le Bourlingueur

À la ferme sur l’île Grosse Boule

Quand on me disait « Sept-Îles », je ne voyais que l’Aluminerie Alouette. Remarquez, ce n’est pas gênant considérant ses 1500 employés. Ouverte en 1989, elle constitue un véritable moteur économique pour cette ville de la Côte-Nord.

L’aluminerie, impressionnante vue de proche, consommerait à elle seule la même quantité d’électricité que toute la ville de Québec. Bref, c’est normal qu’on y pense.

Ce qui est plus gênant, c’est de ne pas penser d’emblée aux îles quand on parle de Sept-Îles. C’est gros comme le nez au milieu du visage, mais je ne voyais pas. Mea culpa.

On trouve pourtant là de quoi décrocher et se retrouver dans un autre monde. Ce serait vraiment sacrilège de passer par Sept-Îles sans s’aventurer dans la baie, et même sans passer par l’île Grosse Boule.

L’île Grosse Boule, logiquement située à côté de l’île Petite Boule, aurait été aperçue par Jacques-Cartier vers les années 1535. Aujourd’hui, on s’y rend en zodiac et la propriétaire de la Ferme Maricole Purmer, Sandra Blais, nous y accueille comme si on revenait à la maison.

Elle bénéficie d’un droit acquis pour demeurer sur l’île en raison de l’exploitation de sa ferme, où elle récolte les algues marines, les moules et les pétoncles.

« L’eau est froide et il y a toujours du soleil. C’est la température idéale pour nos activités », raconte Mme Blais pour expliquer l’élevage de la laminaire, cette algue ayant l’apparence d’une immense pâte à lasagne. On peut d’ailleurs la manger en lasagne, en salade ou en croustilles.

Si les éleveurs d’algues marines se comptent sur les doigts d’une main au Québec, on n’en trouve pas beaucoup plus pour élever la moule, qui met trois ans à être prête à la consommation. Une excursion en mer permet de connaître les techniques de l’élevage marin et même de déguster les produits cultivés par la ferme. Après, on peut dire qu’on a goûté la laminaire sous toutes ses formes.

Il est aussi possible de découvrir l’île et ses merveilles sur un sentier qui la traverse. On s’y retrouve en pleine nature avec la quasi-impression d’être seul au monde. Avec un peu de chance, on atteint le récif Saint-Olaf, de l’autre côté de l’île, qui porte le nom du bateau à vapeur s’y étant échoué en novembre 1900. L’accident avait entraîné 21 personnes dans la mort.  

Libreados

Pourquoi dégriffer son chat?

« Bonjour, je m’appelle Leannka Barbarie et je suis en sixième année à l’école Sainte-Bernadette de Jonquière. Cette lettre s’adresse aux vétérinaires qui ne veulent plus dégriffer les chats. Je comprends que vous trouvez que cela est inapproprié pour les chats, mais avec les arguments que je vais vous donner, j’espère vous faire changer d’avis. »

Premièrement, les gens aiment avoir cet animal tout doux et tout mignon, mais ils aiment aussi avoir des meubles et des rideaux non brisés. Quand leur maître n’est pas là, les chats s’ennuient. Et quand ils s’ennuient, ils font leurs griffes un peu partout dans la maison.

Encore plus

1200 km pour la fibrose kystique

Du 13 au 17 juillet, Martin Bernier parcourra près de 1200 kilomètres à vélo pour relever un nouveau défi en roulant jusqu’à Halifax, en amassant au passage des fonds pour la fibrose kystique. Ce sera pour lui un moyen de venir en aide à sa nièce et à son neveu, Léonie et William Côté, tous deux atteints de la maladie incurable.

« Il faut avoir des rêves dans la vie et il faut prendre les moyens de les réaliser », lance d’emblée Martin Bernier, rencontré à sa résidence de Saint-Eugène-d’Argentenay, quelques jours avant son départ. Mais pour certaines personnes atteintes de la fibrose kystique, atteindre ses rêves peut être beaucoup plus difficile, car la maladie s’attaque aux organes et réduit notamment leur capacité pulmonaire. « Je veux offrir de l’espoir à Léonie et à William », dit-il.