D'une fille à l'autre

La lobotomie des retrouvailles

CHRONIQUE / Ce soir a lieu un grand événement.

Plus de 600 finissants d’Arts et technologie des médias (ATM) se retrouveront à Jonquière, histoire de célébrer les 50 ans du programme. Le seul programme de journalisme dispensé au niveau collégial. Des finissants des 50 dernières années et venant des quatre coins du Québec, ça se fête. J’ai moi-même décroché mon diplôme en 2008. Mais je brillerai par mon absence en cette soirée de retrouvailles. 

J’ai déjà un autre engagement et, à vrai dire, je ne suis pas friande des retrouvailles. S’il y a un sentiment que je ressens rarement, voire jamais, c’est bien celui de la nostalgie. Je passe vite à autre chose lorsqu’une étape de la vie est terminée. Je ne suis pas ennuyeuse, et mes amies aiment me taquiner en me qualifiant de «sauvage». 

C’est vrai que je suis un peu farouche. Pire encore, je suis lobotomisée lorsque je vois toutes ces personnes excitées à l’idée de se retrouver des années plus tard. Je ne comprends juste pas. Avec tous les moyens de communication mis à notre disposition, il me semble que les retrouvailles ne sont plus ce qu’elles étaient. On sait tout sur tout le monde en surfant sur Facebook. On sait qu’une telle a aujourd’hui cinq enfants. On sait qu’un tel a fait le tour du monde huit fois. On a même la chance d’en voir quelques-uns à la télé ou dans les journaux. 

Personnellement, ce genre d’événement représente plus une corvée qu’un plaisir. Et, avec le temps, je me suis promis de plus m’écouter. Je sais très bien qu’on va me trouver plate, mais si j’avais accepté d’y aller, ç’aurait été plus pour faire plaisir aux autres qu’à moi-même. Et surtout, pour éviter, justement, qu’on me trouve plate. Parce qu’elle est là, la pure vérité : je suis mal à l’aise dans ce type d’activité. Il va bien falloir que je l’accepte un jour ou l’autre.

Il faut dire que le cégep n’a pas été une étape charnière de ma vie. Plusieurs étudiants d’ATM proviennent de l’extérieur de la région, ce qui fait en sorte qu’ils vivent le cégep comme une immersion. Ils tissent rapidement des liens forts avec les autres étudiants. Ils participent aux initiations, aux fameux partys, ils vivent en colocation avec d’autres étudiants; bref, leur passage à Jonquière représente quelque chose de fort. Il laisse des traces, forge leur personnalité. 

Nous, les natifs, comme les autres nous appelaient, on continuait notre petite vie, on travaillait, on voyait nos amis des autres programmes ou des autres cégeps de la région. On ne vivait pas ATM de l’intérieur. On vivait chez nos parents. On était même un peu rejetés, avouons-le. 

Pourtant, il y a des personnes qui ont marqué mon passage en ATM. Mais je les compte sur les doigts d’une main. Je vous l’ai dit, je suis zéro nostalgique et je m’attache difficilement. Ce n’est pas parce qu’il n’y avait personne d’intéressant. Au contraire! C’est probablement moi, le problème. La lobotomie, je vous l’ai dit.

Si j’exclus ceux et celles avec qui j’ai étudié et que je continue aujourd’hui de côtoyer – parce que oui, j’ai encore des amis! –, il n’y a qu’une seule personne que je n’aurais pas voulu manquer. Et je savais que cette personne serait la grande vedette des retrouvailles, alors, possessive que je suis, je l’ai retrouvée en comité restreint pour en profiter comme elle le mérite. Une fille absolument extraordinaire qui n’a pas simplement marqué mes années de cégep, mais qui a marqué celle que je suis. 

On peut me reprocher de ne pas être nostalgique, mais on ne peut pas me reprocher de ne pas être fidèle en amitié. Et même si je ne suis pas celle qui a besoin de grandes retrouvailles pour le souligner, revoir ces quelques personnes qui ont marqué des époques de ma vie, après quelques années, me fera toujours un immense plaisir. Pour ça, je n’ai pas encore subi de lobotomie.  

Sur ce, je souhaite, sincèrement, de belles retrouvailles aux 600 finissants des dernières générations de ce programme qui m’aura quand même permis de faire ce que j’aime aujourd’hui! Amusez-vous! Je sais que vous êtes capable de le faire comme il se doit. Je n’y serai peut-être pas, mais j’aurai une pensée pour vous. Je ne suis quand même pas si sans coeur.

100% original

Entretenir des lieux et des liens

En juillet, Isabelle Dufour et Stéphanie Morel fêteront la première année de leur entreprise Entretiens Privilège SagLac. Leur mission est d’entretenir des lieux, mais aussi de bâtir des liens de confiance avec leur clientèle.

Même si les débuts n’ont pas été faciles, les deux associées sont fières de gagner leur vie grâce à leurs forces entrepreneuriales, mais aussi grâce à leur sympathique personnalité. Elles comptent maintenant une trentaine de clients réguliers divisés à parts égales entre des entreprises et des particuliers.

Avant de se lancer dans l’entrepreneuriat, les deux Jonquièroises ont travaillé pendant quatre ans dans le domaine de l’entretien, pour un patron. « Nous avons utilisé cette expérience comme un apprentissage majeur dans notre vie. Nous avons souvent manifesté à notre patron de l’époque que nous désirions nous intégrer plus à l’entreprise pour l’améliorer, en rajeunissant son image et en offrant un plus vaste éventail de services. Ce projet n’a jamais abouti », raconte Isabelle Dufour.

Il y a un peu plus d’un an, quand elles ont fait la rencontre de gens du Saguenay, bien implantés dans le milieu des affaires, elles ont cru que le moment était idéal pour se lancer. « On leur a parlé de notre projet de démarrage d’entreprise, et, rapidement, ils nous ont proposé deux gros contrats en échange d’une petite part de notre entreprise », se remémorent Stéphanie et Isabelle. Emballées par la proposition, les deux femmes ont donc lâché leur emploi, prêtes à s’investir dans leur rêve. 

Détermination

Soudain, l’entente n’était plus la même. Leurs futurs associés voulaient 50 % de l’entreprise, sans investir temps ou argent. 

Découragées et sans emploi, Isabelle et Stéphanie ont refusé ce partenariat non équitable. Poussées par leur détermination, elles ont frappé aux bonnes portes. « On a eu le support de l’organisme Femmessor, qui nous a permis de rencontrer des fiscalistes, des avocats et une brochette de spécialistes qui nous ont aidées à mettre le tout en place », poursuivent-elles. 

Constatant que le milieu de la conciergerie manquait d’image, elles ont fait identifier leur véhicule, Isabelle a créé le logo, et elles portent fièrement des vêtements aux couleurs leur entreprise. Pour elles, l’expression du cordonnier mal chaussé ne tient pas la route. Organisées et méthodiques, elles ont une façon de se présenter aussi impeccable que le résultat de leur travail. 

Picotte

Rigolo, absurde... ou inquiétant!

Depuis plus de 15 ans, cette page est alimentée dans Le Progrès, et le temps est venu de faire vous rapporter les réflexions les plus drôles et absurdes que nous avons entendues ou lues concernant les animaux. Ça nous aide à comprendre pourquoi François Bellefeuille a lâché la médecine vétérinaire pour devenir humoriste !

• « Quand je mets trois biscuits dans ma poche de manteau et que j’en donne deux à mon chien, il sait qu’il en reste un. Qu’on ne vienne pas me dire que les chiens ne savent pas compter. » – Lu sur un groupe d’amateurs de chiens

• Un homme et une femme viennent d’adopter un chien qui les mord au sang quand vient l’heure des repas. S’ils passent à moins de trois pieds de son bol, le chien s’élance sur eux. Ayant des petits-enfants, le couple considère que le problème demande trop de gestion. Il décide de rapporter le chien au refuge. « Voyons ma petite dame, votre chien est seulement méchant deux fois par jour. Il n’y a rien là », lui répond le responsable du refuge.

• « On devrait organiser un tournoi où on pourrait tirer sur les chasseurs, juste pour voir un peu leur réaction », a écrit une personne, sur un site de défenseurs d’animaux. Elle a reçu beaucoup d’appuis. À se demander qui sont les plus dangereux entre les chasseurs et les amis des animaux !

• Une vieille dame flatte un de ses chats en nous racontant qu’elle aime ses nombreux chats autant que ses enfants, qu’elle a élevés avec beaucoup d’amour. En essayant de prendre une photo pour immortaliser ce beau témoignage, le chat bouge et ne collabore pas beaucoup. La dame s’impatiente et prend une grosse voix. « Arrête Kiki ! Arrête ! Maman va se fâcher. Hey ! Maman va être obligée de te battre là. Je vais te battre », s’exclame-t-elle en brusquant son animal.

• Une dame ayant à coeur le bien-être des chats publie, sur sa page Facebook, une photo d’un chat avec une oreille en moins, possiblement à la suite d’une engelure. « À toi mon écoeurant qui a abandonné son chat dehors ! Si on te pogne, tu vas en manger une maudite, compte sur moi », menace-t-elle. On a censuré quelques bouts, mais on remarque que les défenseurs d’animaux sont souvent agressifs.

• Sur Facebook, une personne demande la recette miracle pour apprendre à un chiot à arrêter de japper ? Quelqu’un lui répond ceci : « On peut lui dire, et surtout, lui montrer le mot ‘‘pas fort’’ ou ‘‘on parle pas fort’’. »

• Dans un parc, des gens parlent de l’éducation de leur chien. « Moi, quand je marche avec mon chien et que je croise un autre chien, il jappe. Je lui donne donc une gâterie, parce qu’il ne peut pas japper pendant qu’il mange, explique une dame. Depuis ce temps, quand mon chien croise un autre chien, il jappe et il attend sa gâterie. »

• « Moi, je mange juste des oeufs provenant de poules heureuses. » – Une personne presque végétarienne

• Quand elle envoie son chat dehors, et qu’il ne veut pas entrer, la famille de ce chat lui dit : « Attention ! Il y a un gros ours. » Et le chat entre tout de suite dans la maison. 

Souvent entendu 

• « Mon chien est super gentil. C’est le meilleur chien au monde. Je l’adore. Son seul défaut, c’est qu’il attaque tous les autres animaux. Mais à part ça, il est super fin. »

• « Mon chien a mordu le voisin, mais ce n’est pas de sa faute. C’est parce qu’il me protégeait. »

> Les gens ont tendance à pardonner facilement les mauvais comportements de leurs animaux adorés !

• « Je n’attache pas mon chien dans les lieux publics parce qu’il aime aller voir les autres chiens. Il est très sociable. »

> Ce raisonnement contrevient au règlement qui stipule qu’un chien doit être tenu en laisse dans les lieux publics. De plus, ce n’est pas tous les chiens qui sont sociables. Le chien en liberté sera en danger s’il rencontre un chien réactif.

• « Je ne peux plus garder mon animal, mais je vais le faire euthanasier parce que personne ne pourra s’en occuper aussi bien que moi. »


Envoyez-nous les réflexions comiques que vous avez entendues ou lues provenant d’attentionnés propriétaires d’animaux à picotte@lequotidien.com.

Libre ados

Côtoyer les différences dès la maternelle

À l’école Notre-Dame-de-L’Assomption de Jonquière, dans la classe de maternelle d’Annik Morissette, il y a deux enfants ayant des besoins particuliers. Un petit garçon est atteint du trouble du spectre de l’autiste (TSA), et une fillette porte des appareils auditifs.

Au début de l’année, la communication entre les enfants était parfois difficile. C’est pourquoi le Centre de réadaptation en déficience physique est venu rencontrer la classe à quelques reprises pour démystifier les différences de Médrik et de Daphnée. 

« Au début de l’année, on choisissait des amis pour jouer avec Médrik et Daphnée. Aujourd’hui, tout le monde veut jouer avec eux. Les élèves ont le souci qu’ils soient bien », remarque Mme Annik. 

Ces deux inspirants élèves, entourés d’un solide cercle d’amis, ont permis la réalisation de projets originaux. Depuis quelques mois, les 18 enfants pratiquent une chanson en langue des signes. Le spectacle devant les parents est prévu le 8 juin. Ce projet cadre dans un des mandats des écoles, qui souhaitent contrer l’intimidation et la violence, en posant des gestes empreints de bonté et de gentillesse. 

Contrairement aux autres classes, où l’on retrouve habituellement une seule enseignante, Mme Annik est toujours entourée de deux autres collègues, et parfois même trois. Véronique Tremblay est éducatrice spécialisée. Elle agit comme interprète. Elle accompagne Daphnée tous les jours, en traduisant les mots de Mme Annik en langage des signes. Daphnée a des implants cochléaires, mais les bruits environnants sont parfois très dérangeants. « Parfois, au lieu de se concentrer sur les explications de l’enseignante, Daphnée va davantage entendre les bruits environnants, comme les élèves qui bougent sur leur chaise », précise Mme Véronique. 

Quant à Médrik, il est toujours accompagné d’Émilie Lamontagne, qui est préposée aux élèves avec un handicap. Une heure par jour, Médrik reçoit aussi la visite de Stéphanie Claveau, qui est éducatrice spécialisée. Pour arriver à une telle harmonie, la routine est de rigueur. « C’est aussi un gros travail d’équipe », avoue Mme Annik, qui se trouve privilégiée d’être entourée de Mmes Émilie, Véronique et Stéphanie. 

D'une fille à l'autre

Fidèle à une seule équipe politique?

CHRONIQUE / Les retrouvailles de Michel Gauthier avec la politique ont été accueillies froidement par certains critiques. Un ex-chef bloquiste maintenant sympathisant conservateur, ça peut frapper l’imaginaire. Mais bon Dieu que c’est sain!

Je n’ai même pas 35 ans et j’ai pratiquement voté pour tous les partis qui existent. 

Alors, pourquoi demande-t-on aux élus ou aux anciens politiciens de rester fidèles? 

Aimer la même formation politique pendant toute une vie, ça relève de l’impossible, à mon avis, ou même de l’aveuglement. 

Ça existe pourtant, me direz-vous. En effet, comme des gens qui restent en couple même s’ils ne s’aiment plus. 

Si la fidélité politique est perçue comme de la crédibilité par certains, je pense plutôt qu’elle peut agir comme un frein. Certains, d’ailleurs, ont passé au-dessus du principe de loyauté pour aller joindre une autre formation et réaliser ce qu’ils voulaient. 

On pense à Dominique Anglade et à Gaétan Barrette, qui ont quitté la Coalition Avenir Québec pour grossir les rangs libéraux. Le chef caquiste, François Legault, est aussi un ancien péquiste. Je me souviens d’ailleurs de cette grande conférence qu’il donnait à l’époque sur les finances d’un «Québec souverain». 

Plus récemment, Vincent Marissal a admis avoir parlé aux troupes de Trudeau, avant de s’abandonner à Québec solidaire. 

Et Alexandre Taillefer, qui dirige la campagne libérale, a confirmé posséder des cartes de membre de presque tous les partis politiques.

On s’entend, ce sont tous des gens brillants. Qu’on les aime ou non, on ne peut pas les traiter d’imbéciles ou d’ignorants. 

Ce que ça démontre, clairement, c’est que la notion de clan politique commence à s’effriter. On est loin des États-Unis, où les républicains et les démocrates se divisent plus profondément. 

En plus, au Québec, ce n’est pas comme si nos partis politiques défendaient des idées diamétralement opposées. Mis à part la souveraineté, bien des partis proposent des idées similaires à un moment ou un autre. Québec solidaire, je l’admets, sa vision se démarque un peu plus. 

Tout le monde veut enrichir les Québécois, sauver l’environnement et offrir de meilleurs services publics. Ça pourrait être le slogan de tous les partis. 

Peut-être qu’il y a trop de formations aussi. Ceux qui souhaitent se lancer en politique pour changer les choses ont beaucoup de choix. C’est comme une célibataire devant trop de prétendants séduisants. Un potentiel candidat dans la région me confiait d’ailleurs la semaine dernière hésiter entre le Parti libéral du Québec ou la Coalition avenir Québec.

Les gens choisissent aussi un parti pour les personnes qui s’y trouvent. La gang libérale, conservatrice, bloquiste ou péquiste change au fil des décennies. C’est peut-être aussi ce qui pousse les sympathisants naturels à changer de clan. 

En politique, on peut aimer, aussi, juste un peu. Qui n’a jamais voté pour le moins pire ou voté stratégiquement pour bloquer un autre parti ? 

Un peu comme Michel Gauthier, qui croit sans doute que les conservateurs sont les mieux placés pour battre Justin Trudeau aux prochaines élections. 

En tout cas, personne ne pourra l’accuser d’avoir eu une relation d’adultère avec les troupes d’Andrew Scheer. Il a attendu de rompre officiellement avec le Bloc québécois avant de retomber en amour.

Sexologie

Feu vert au sexe pendant la grossesse!


COURRIER DES LECTEURS

Bonjour Myriam,
Je suis enceinte de quelques semaines. Pourrais-tu me dire s’il est vrai que le sperme d’un homme peut provoquer une fausse couche durant le premier trimestre de grossesse ? Je suis embêtée. J’ai eu plusieurs versions et je t’avoue que je ne sais pas trop quoi en penser.
Honnêtement, j’ai toujours eu une vie sexuelle active avec mon conjoint. Et, depuis ma grossesse, ce sont des craintes comme celles-ci qui me poussent à  revirer mon homme de bord, à son grand malheur !
Je suis certaine que je ne suis pas la seule à me le demander. J’ai entendu dire tellement de trucs. Merci !

CHRONIQUE SEXO / Première grossesse, premier trimestre, première expérience ; un amalgame d’appréhensions pour bien des mères en devenir. Qu’adviendra-t-il de ce minuscule petit être déjà si important dans la tête et encore plus dans le coeur ?

Je me revois il y a de ça quasi 14 ans, entichée à la puissance mille à mon embryon nommé tendrement « crevette ».

Je me faisais le devoir d’à peine l’aimer avant les 12 semaines fatidiques, histoire de ne pas trop pleurer si jamais « j’étais juste due pour le perdre », comme me le rationalisait mon bon vieux gynécologue montréalais. 

Du premier au dernier jour

Nombreuses sont celles qui déploient des stratégies plus abracadabrantes les unes que les autres et qui adoptent des précautions multiples pour éloigner toute éventuelle interruption involontaire de grossesse. 

Envie ou pas, le sexe en prend souvent pour son rhume, principalement au premier stade de la grossesse, mais, aussi, pour quelques-unes, jusqu’au jour fatidique de l’accouchement. Erreur ! 

Pour remettre les pendules à l’heure, je me permets de vous dire ce qu’il en est. Ni le sexe, ni les pénis, ni le sperme, ni les doigts ; rien, comme dans rien pantoute, ne provoque ladite fausse couche. 

En fait, pour être plus claire encore, je vous confirme que la sexualité, quelles que soient vos préférences, se voit autorisée du premier au dernier jour de la grossesse, mis à part si vous avez une contre-indication médicale. Par ceci, j’implique un médecin, un vrai de vrai, qui vous indique de vous abstenir de contacts sexuels pour des fins médicales. Final bâton ! 

Le pourquoi du comment ? 

Pour toute grossesse dite sans risque, l’utérus, où se loge petit bébé d’amour, est en réalité une véritable forteresse cadenassée à double tour, jusqu’à l’apparition du travail lié à l’accouchement. Le col utérin étant inaccessible, la possibilité d’une perturbation utérine est écartée. 

De ce fait, aucune forme de pénétration n’entrera en contact avec les produits de conception. Ni vu ni connu de votre bébé, qui nage dans une mer d’eau. Faites l’amour comme au dernier jour, si vous le voulez ! Au diable les risques de fossettes chez ce dernier ! Toutes les croyances populaires ne sont que le fruit d’une imagination ô combien fertile ! 

En avez-vous envie ? 

La voici la réelle question une fois la peur dissipée. Il est très envisageable pour certaines de voir la grossesse, et ses inconvénients, comme un possible turn-off ! Une véritable montagne russe que l’épopée hormonale qu’engendre la grossesse ! Oui, il y a des femmes qui passent par toute la gamme de la libido !

Du premier au troisième trimestre, la future maman navigue entre les nausées, la fatigue, la lune de miel sexuelle, la bedaine de plus en plus grosse, les troubles de vessie, les varices... alouette ! 

Il est donc normal qu’il soit difficile de s’y retrouver sexuellement parlant, peut-être au grand dam du futur papa qui tente de suivre les tendances ! 

Bref, sexe et grossesse font officiellement bon ménage, à condition, bien entendu, d’être d’humeur pour ça ! Bon neuf mois ! 

Spiritualité

Génération de communauté spontannée

SPIRITUALITÉ / J’entends souvent de vives critiques sur les réseaux sociaux. On dit qu’ils sont virtuels, pas réels. Que les gens s’isolent devant leur écran et ne sont plus présents dans le monde qui les entoure. Même si cette dernière remarque est parfois bien justifiée, il arrive aussi que des événements réels surviennent sur les réseaux sociaux auxquels on s’en voudrait de ne pas avoir pu participer. La privation des outils qui permettent d’y accéder aurait pour conséquence qu’on ne serait jamais témoin de telles expériences.

Aux soins intensifs

C’est arrivé dernièrement. Une animatrice de communauté de Google+, Natalie Villalobos, s’est épanchée de sa tristesse de savoir que sa cousine australienne de 10 mois, atteinte d’une maladie très grave, se retrouvait aux soins intensifs. 

Tous les habitués des réseaux sociaux voient passer des messages de ce type chaque jour. Natalie a rapporté avoir demandé à sa grand-mère ce qu’elle pouvait faire pour aider sa cousine et sa famille. 

La grand-maman lui a simplement répondu : « Nous avons mis en place une chaîne de prière dans notre cercle d’amis et nous allons prier à 19 h (heure du Pacifique) pour Mia ». Natalie a été touchée par cette initiative et l’a relayée sur son compte Google+, en invitant ceux et celles qui le voulaient à se joindre à cette chaîne de prières.

À l’écoute

En moins de temps qu’il le faut, plus de 1200 internautes ont cliqué sur +1 (équivalent du « J’aime » de Facebook). Plus de 250 ont partagé la publication, et plus de 450 abonnés de Google+ ont inscrit un commentaire pour indiquer qu’ils prieraient pour Mia à 19 h ou à d’autres moments. Quelqu’un a écrit : « De toute façon, Dieu est à l’écoute 24 h sur 24 et 7 jours sur 7».

Ce qui m’a épaté, en faisant défiler la liste des commentaires, c’est de prendre conscience que la petite Mia, 10 mois, a attiré vers elle des prières, des pensées ou des ondes positives – appelez ça comme vous voulez – de tous les coins de la planète. En quelques heures, une communauté spontanée s’est réunie autour d’un petit être fragile, peut-être voué à la mort.

Vous en ferez ce que vous voudrez, mais moi, ça me touche que des gens soient capables de se mettre ensemble, sans se connaître ni se fréquenter par la suite, simplement pour soutenir un bébé hospitalisé, une vie pratiquement anonyme, quelque part sur le continent australien.

Capacité d’appel

Cela m’incite à croire en la forte capacité d’appel qui naît de la fragilité. L’humanité est encore capable de répondre à de tels appels. Il y a tellement d’autres exemples comme celui-ci que ça ne peut que nourrir notre espoir que ce monde n’est pas seulement un agrégat d’individualistes au coeur endurci.

Merci Natalie, que je ne connais pas, de m’avoir montré l’existence de Mia et d’avoir appelé ma compassion à se manifester au sein d’une communauté qui n’existe déjà plus, mais qui persiste certainement quelque part, dans le coeur de chacun de ses membres.

Jocelyn Girard,

agent de pastorale

Encore plus

Le néphrologue qui voulait aider financièrement ses patients

Touché et préoccupé par les difficultés financières de ses patients en attente d’une greffe rénale, le néphrologue Jérôme Pineault a voulu leur venir en aide. Ne pouvant leur payer personnellement les frais engendrés par les traitements, il a décidé de lancer une nouvelle fondation : le Fonds des maladies rénales du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Et il a tenu à impliquer des patients souffrant de maladie rénale au sein de ce nouvel organisme.

Au Saguenay–Lac-Saint-Jean, 60 patients subissent des traitements d’hémodialyse à l’hôpital, ce qui représente trois traitements par semaine, de quatre heures chacun. Soixante-dix autres patients subissent des traitements de dialyse péritonéale à la maison, et cinq autres patients se sont tournés vers l’hémodialyse nocturne, c’est-à-dire des traitements de huit heures effectués à la maison tous les deux jours, durant le sommeil. Le nom de tous ces patients pourrait figurer sur la liste de dons de Transplant Québec. Mais les frais encourus par ce processus freinent l’inscription de certains patients. 

« Lorsqu’on s’inscrit sur la liste pour recevoir un organe, il est nécessaire de passer plusieurs examens, à Québec, notamment, et notre état de santé général doit être optimal. Par exemple, je voyais des patients qui auraient pu être en attente d’un rein, mais il devait préalablement aller chez le dentiste, puisque la santé buccale est importante lors d’une greffe. Certains patients n’ont pas les moyens de payer les frais dentaires. J’avais le goût de payer personnellement les frais dentaires de mes patients pour qu’ils puissent s’inscrire à la liste de don, mais je ne pouvais pas faire ça, évidemment. J’ai donc décidé de créer un fonds pour leur venir en aide », explique Dr Pineault. La mission de la fondation sera donc de donner un coup de pouce financier aux patients, afin d’accélérer le processus de greffe. Le temps d’attente d’une greffe rénale est déjà de deux ans et demi, du moment où le patient a commencé ses traitements de dialyse. 

« Il y a plusieurs choses qui ne sont pas couvertes par la Régie [de l’assurance maladie du Québec] et que les patients doivent assumer. Il y a les frais dentaires, oui, mais il y a aussi les soins des pieds, par exemple. À l’hôpital, on fait ce qu’on peut, mais parfois, les patients auraient besoin d’une infirmière à domicile pour le soin de plaies. Il y a même des patients qui ne peuvent pas se rendre jusqu’à Québec pour passer les examens nécessaires à l’inscription, puisqu’ils n’ont pas l’argent pour l’essence ou l’autobus. Ce n’est pas drôle. Le fonds viendra en aide à ce genre de personnes », explique Dr Pineault. 

Actuellement, 50 greffés du rein sont suivis à l’hôpital de Chicoutimi.

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176 jeunes exposent leurs talents

Tous les ans, depuis une dizaine d’années, les élèves de cinquième secondaire de l’École polyvalente Arvida ont la chance de montrer leurs vraies couleurs dans un cours que tout le monde adore.

Le cours « Projet intégrateur » a comme but de responsabiliser les élèves en leur donnant une plus grande liberté. «Ils doivent développer leur autonomie en apprenant, entre autres, à gérer leur temps », explique l’enseignante Véronique Fortin. 

Dès le début de l’année, les élèves choisissent de faire un projet qui cadre dans l’une de ces trois catégories : un essai (livre), une création (fabrication) ou l’organisation d’un événement. « Je leur demande de consacrer un minimum de trente heures à leur projet pendant l’année et d’investir le moins d’argent possible. Évidemment, plusieurs dépassent le nombre d’heures minimums », poursuit l’enseignante. 

Ingéniosité

Mme Véronique remarque que certains projets sont si inspirants et chers pour les élèves qu’ils sont poursuivis même après l’année scolaire. C’est le cas de Pierre-Luc Guy et de Charles-Antoine Boily, qui ont mis sur pied une petite entreprise de supports décoratifs pour les bouteilles de vin, faits de bois de palettes recyclé. Les deux partenaires d’affaires ont l’intention de poursuivre leur projet cet été en prenant des commandes. « L’an passé, un élève a reçu une bourse offerte par le cégep pour son jeu de rôle. On souhaitait ainsi souligner son initiative entrepreneuriale. Il a même la possibilité de le commercialiser », ajoute Mme Véronique. 

Certains combinent aussi l’utile à l’agréable en revampant un véhicule. C’est ce que Maryan Turcotte a fait avec une très rare motoneige Ariens 1969 achetée par son père Stéphane il y a 22 ans. La future mécanicienne de véhicules lourds a restauré l’engin qui sert de bolide de course pour le père et la fille. Félix Blanchette a aussi saisi l’occasion de refaire lui-même la carrosserie de sa voiture dans le cadre de son cours projet intégrateur.

Doué en informatique, Jérémy St-Germain a fabriqué une borne d’arcade réunissant huit consoles et une vingtaine de jeux différents. Jérôme Bédard Tardif et Jérémy Martel ont, quant à eux, conçu un jeu géant de Puissance 4, version basketball, pour le Patro de Jonquière. « Le Patro nous a financé une partie des matériaux, et nous avons fait des collectes de fonds pour amasser l’argent nécessaire qui manquait, par exemple pour l’achat des anneaux », précise Jérôme. L’imposant module est démontable pour faciliter le transport. 

Le 4 mai, le gymnase de l’École polyvalente Arvida avait pris des allures d’un salon d’exposition, alors que les 176 jeunes présentaient le fruit de leur travail. Tous les élèves de l’école, les parents, les jeunes des écoles primaires voisines et des étudiants du cégep étaient invités à venir visiter cet impressionnant salon. 

Sexologie

Des contacts pas vraiment accidentels

CHRONIQUE / Bain de foule, transport en commun, passage incongru, piscine publique. Autant de prétextes pour courir aux rapprochements physiques. Certains aiment la proximité. Qui sont-elles, ces personnes pour qui le «frôlage» n’a plus aucun secret et celles qui affectionne le frottage un peu, beaucoup ou à la folie? Les connaissez-vous? En avez-vous été victimes? Êtes-vous l’une de celles-ci? Pour le savoir, voyons ce qu’il en est, du frotteurisme.

Le frotteurisme, c’est quoi?

Aussi simple que puisse paraître ma définition, le frotteurisme consiste à se « frotter » contre un tiers individu sans son consentement, mais aussi, dans une situation absolument hors contexte. Par simple souci du contact physique avec l’étranger, pour humer son odeur, pour sentir ses formes. Des raisons pour se rapprocher, en voulez-vous, en voilà! 

Certains de ses adeptes se verront plutôt cachottiers, vivant la proximité sans trop déranger, inopinément. Comme si, oups, par magie, le contact humain était inévitablement, par exemple pour se déplacer. On pourrait presque crier à l’accident! 

D’autres peuvent repasser pour leur subtilité. Tel un chien dans un jeu de quilles, exit la discrétion! Ils se frottent, au grand dam de leurs victimes, sans toutefois faire preuve de coercition. Juste un tantinet moins subtiles, vous pigez? 

Le plaisir, où est-il?

Cette question est louable chez celui pour qui ce type d’effleurage n’apporte rien en termes d’excitation sexuelle. Par contre, le fidèle du frotteurisme, quant à lui, y ressent une source de satisfaction indéniable, ce qui le pousse à recommencer de plus belle, et peut-être même, dans des contextes plus à risques. Nous parlons alors de progression. 

Certains font agir quasi incognito. Ils réussiront à approcher Mme Unetelle ou M. Untel de façon ni vue ni connue. Puisqu’ils ne sont pas démasqués, ils pensent jouir d’un grand pouvoir et d’être en contrôle...

Au contraire, d’autres verront leur plaisir plus que bonifié lorsqu’ils susciteront des réactions. Déranger, ils aiment ça! La carte de l’accident ou du hasard représente certes un moteur d’excitation sexuelle toujours plus vif. Se faire rabrouer peut aussi faire partie de l’équation du plaisir. 

Le silence, l’ignorance et l’absence de réaction risquent de représenter une source d’humiliation, de mécontentement ou de sentiment d’échec pour ces agresseurs. Dénoncer reste toujours la meilleure chose à faire. 

Pourquoi?

Le frotteurisme est une forme de sexualité atypique. Mais, pourquoi s’y adonner? Les causes justifiant le frotteurisme restent vagues. Des difficultés interpersonnelles semblent se démarquer en guise d’explication principale. Pour certains, c’est plus facile de se frotter que d’entrer en relation avec les autres. 

À quelle fréquence?

Et si je vous disais qu’il s’agit probablement d’une des paraphilies les plus rependues, mais pourtant des moins judiciarisées, seriez-vous surpris? Comment réellement prouver, hors de tout doute raisonnable, que l’agresseur sexuel commet ce type de contact intentionnellement? 

Le fait de ne pas trop craindre de conséquences donne du pouvoir et incite à recommencer. La majorité des victimes sont des femmes, mais l’inverse existe aussi. 

Le frotteurisme n’est jamais banal. Il y a de l’aide qui existe, d’un côté comme de l’autre. Gardons nos distances!