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Les petits fruits nordiques : un potentiel à développer

COLLABORATION SPÉCIALE / Le potentiel de développement des petits fruits nordiques comme la camerise est intéressant pour le Saguenay–Lac-Saint-Jean, mais il demeure quelques défis à relever afin d’en tirer un plein potentiel.

Les études se poursuivent afin de mieux comprendre et saisir les opportunités que représentent des petits fruits comme la  camerise, l’amélanche, l’argousier, la baie de sureau et l’aronia. Actuellement, le fruit qui offre le meilleur potentiel est la camerise.

D’ailleurs, la production est en plein essor avec 65 producteurs qui ont cultivé un total de 360 000 plants sur 170 hectares pour une production de 100 000 livres de fruits en 2017. « La problématique pour l’instant est d’accroître la productivité. En Saskatchewan, d’où provient la camerise, la production est d’environ 10 livres par plant et dans la région on n’atteint pas une livre, il y a encore beaucoup de  recherche à faire pour accroître la productivité de plants. On sait que la taille, l’irrigation, la fertilisation et la pollinisation sont importantes, nous poursuivons nos recherches. Si nous voulons développer cette filière, il faudra la rendre plus productive pour que ça devienne rentable », explique la directrice générale du créneau d’excellence AgroBoréal Isabelle T. Rivard.

Un autre gros défi pour la camerise se situe dans sa mise en marché. Comme le fruit est encore plus fragile que le bleuet, il est impensable de développer le marché du frais. Il faut donc se tourner vers la transformation. « Oui, il y a la possibilité de la congeler et de faire comme pour le bleuet. Par contre, si on utilise le même modèle que le bleuet, on ne réussira pas. Si on se dirige que vers le congelé, le prix va baisser comme pour les autres fruits et dans le contexte de production que nous avons, ça ne sera pas rentable de cultiver la camerise. Il faut absolument se tourner vers la transformation et caractériser l’offre », avance-t-elle.

Selon Isabelle T. Rivard, il ne faut pas que miser sur les produits artisanaux et développer une gamme de produits qui permettra de mettre de l’avant les vertus santé de ce fruit. En effet, la camerise a des propriétés antioxydantes plus élevées que pour le bleuet. On retrouve aussi une très haute teneur en vitamines B et C de même qu’en anthocyane et polyphénol. 

En cuisine

Les chefs de la région sont de plus en plus nombreux à utiliser les petits fruits nordiques dans leur menu. « Nous en sommes encore aux balbutiements, le développement du potentiel agroalimentaire des petits fruits est immense. Il faut miser sur ces petits fruits nordiques pour montrer notre différence et la particularité de notre climat », affirme le chef Jonathan Grenon de l’Auberge des battures à La Baie.

Le chef utilise la camerise pour concocter une sauce qui accompagne des viandes de gibier comme le cerf et le bison. Il en prépare une onctueuse au chocolat et camerise pour servir avec la poitrine de canard. Jonathan Grenon fabrique aussi des gelées et confitures à partir de la camerise et autres petits fruits. « C’est un fruit spécial et unique dont le goût est comme un mélange du bleuet, de la rhubarbe et de la fraise.  Il s’incorpore à merveille dans mes recettes comme l’amélanchier, l’argousier ou l’aronia. Ce sont des produits uniques qui vont nous permettre de nous démarquer comme région », ajoute-t-il.

Il pense qu’une route des petits fruits va se développer au cours des prochaines années. « Nos clients nous demandent où ils peuvent trouver ces petits fruits. Évidemment comme je m’approvisionne qu’en région et je mets les noms des producteurs sur le menu, je les invite à visiter des gens comme Camerise Mistouk et les Jardins de Lily. Les Européens sont notamment très attirés par ce type de produits distinctifs ».

Selon le chef Grenon, de nouveaux produits vont émerger au cours des prochaines années. Isabelle T. Rivard est  du même avis. Par contre, elle précise que les intervenants devront travailler ensemble au lieu d’en vase clos.

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Petits ambassadeurs de saveurs: dix services de garde éducatifs maintenant accrédités

Ils sont plus d’une vingtaine de services de garde éducatifs (SGÉ) à avoir intégré la cohorte des Petits ambassadeurs de saveurs lancée par la Table agroalimentaire du Saguenay – Lac-Saint-Jean. De ce nombre, dix sont maintenant accrédités comme tels. Une initiative dont on n’a visiblement pas fini d’entendre parler.

Concrètement, l’accréditation
«Petits ambassadeurs de saveurs» désigne les enfants d’un service de garde du Saguenay–Lac-Saint-Jean qui se distingue par la mise en valeur des produits typiques de la région à l’intérieur de son établissement. Pour obtenir l’accréditation, le SGÉ doit offrir et faire découvrir aux jeunes des aliments locaux et variés, tout en misant sur des activités leur permettant d’intégrer des notions telles que la cueillette, la transformation de matières premières et l’agriculture, de manière créative et stimulante.

Officiellement lancée la semaine dernière, l’accréditation touche pas moins de 800 «petits ambassadeurs de saveur».

Encourager l’achat local, une grande fierté

«L’accréditation «Petits ambassadeurs de saveurs» a pour objectif de faire valoir les services de garde éducatifs qui respectent les trois engagements suivants : intégrer les produits locaux à leur menu, proposer des activités éducatives en lien avec l’agroalimentaire et finalement respecter la charte des saines habitudes de vie», explique Émilie Tremblay, agente de développement, marché institutionnel à la Table agroalimentaire du Saguenay – Lac-Saint-Jean.

L’accréditation vient en quelque sorte encadrer une pratique que nous avons lancée avec la cohorte des «Petits ambassadeurs de saveurs»à la fin 2016. Pour en établir les bases, nous avons consulté les principaux intéressés, les services de garde éducatifs, lesquels ont fait preuve d’une incroyable ouverture», souligne Mme Tremblay.

Si de prime abord, le projet peut sembler contraignant, il n’en est rien. Les services de garde éducatifs certifiés s’entendent pour dire qu’ils mettaient déjà en pratique de nombreuses exigences de la certification.

«Mettre en valeur les produits locaux et faire affaire avec des producteurs de la région, on le faisait déjà. Maintenant, on peut le faire valoir. C’est une grande fierté pour nous et cela permet à notre service de garde de se démarquer», lance Marie-Ève Turcotte responsable au soutien à la pédagogie au CPE L’Enfanthèque d’Alma.

Même son de cloche du côté du Petit monde des arts et des sports de Jonquière: « C’est en lien direct avec nos valeurs, exprime Mélissa Valiquette, codirectrice de l’établissement. Dès le lancement de la cohorte, nous avons été emballés par le projet. Nous faisions déjà des activités en lien avec l’agroalimentaire, maintenant le programme nous permet de pousser l’expérience encore plus loin en adoptant la culture locale en alimentation. Nous sommes particulièrement fiers d’être accrédités, car cela met en lumière le travail quotidien de toute notre équipe pour encourager l’achat local», souligne-t-elle.

Évidemment, pour les responsables des services alimentaires, les défis sont tout de même importants. Bien que l’offre régionale soit riche et variée, encore faut-il que l’achat de produits locaux entre dans le budget des SGÉ alloué à l’alimentation.

«C’est définitivement un bon travail de recherche pour notre équipe. Heureusement, notre responsable des services alimentaires est passionnée par son travail et a à cœur les valeurs prônées par notre service de garde et par le projet des «Petits ambassadeurs de saveurs». Ensemble, nous avons su trouver des entreprises prêtes à nous fournir des produits locaux de qualité, en quantité suffisante et en format avantageux, mais il reste du travail à faire», exprime Mme Valiquette.

À ce niveau, la Table agroalimentaire apporte également son aide.

«Nous avons jusqu’ici un excellent soutien de la part de la Table agroalimentaire qui fait en quelque sorte le lien entre les producteurs et les services de garde éducatifs. Par exemple, elle peut nous informer que tel producteur local est en mesure de nous fournir en pain de blé ou que tel autre est disposé à nous offrir son produit en format de 4L plutôt qu’en portion individuelle. Ça fait tout une différence pour nous», mentionne pour sa part Marie-Ève Turcotte.

La Table agroalimentaire du Saguenay–Lac-Saint-Jean a également développé des outils visant à accompagner les services de garde dans l’intégration de produits locaux dans leur menu et d’activités agroalimentaires dans leur programme. C’est le cas de l’Ouvre Boîte/Zone Boréale. Offerte en location, cette dernière contient tout le nécessaire pour la réalisation d’ateliers de cuisine.

Un projet à grand rayonnement

«Le projet des «Petits ambassadeurs de saveurs» nous permet, en tant que service de garde, de favoriser la découverte des produits locaux chez les enfants, d’attiser leur curiosité pour l’agroalimentaire, de les amener à développer de saines habitudes de vie, mais aussi de leur transmettre d’importantes valeurs notamment en ce qui à trait aux bonnes pratiques d’achat local, soutient Mélissa Valiquette. Lorsqu’ils partent à la maison, la petite graine que nous avons semée continue de grandir. Ils discutent de ce qu’ils ont vu ou appris avec leurs parents qui à leur tour sont interpelés par l’offre agroalimentaire de la région».

Les services de garde éducatifs qui ont récemment reçu l’accréditation «Petits ambassadeurs de saveurs» remettront bientôt aux parents des enfants impliqués, si ce n’est déjà fait, une carte postale expliquant l’initiative à laquelle prend part leur SGÉ.

«Notre conseil d’administration est déjà au courant du projet et le soutien à 100%. Nous prévoyons en informer tous les parents dès cet automne et déjà, de nombreuses idées ont été lancées pour dynamiser davantage notre initiative comme une activité de dégustation», fait part la responsable du soutien à la pédagogie au CPE L’Enfanthèque d’Alma.

De son côté, la Table agroalimentaire est persuadée que le projet aura des répercussions positives sur l’ensemble de la population.

Rappelons que les «Petits ambassadeurs de saveurs» se joignent aux «Ambassadeurs de saveurs» en restauration ainsi qu’aux Marchands/Zone boréale pour mettre en valeur les produits agroalimentaires du Saguenay–Lac-Saint-Jean.

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La différenciation des produits agroalimentaires

La différenciation, c’est l’art de présenter au consommateur un produit qu’il a besoin de façon à ce qu’il soit distinct de celui de la compétition.

Elle est au cœur des stratégies des entreprises qui désirent accroître leurs revenus et peut se faire sur plusieurs aspects dont le prix, l’image, la marque, etc. La différenciation est aussi au cœur de plusieurs initiatives régionales telles les Tables agroalimentaires et dans ce contexte, plusieurs démarches de marques territoriales ont vu le jour. Il suffit de regarder le nombre de démarches de différenciation à tous les niveaux pour se rendre compte de la multitude d’initiatives : marque territoriale, marque de commerce, marque de certification, etc.

Ce n’est pas d’hier que l’on parle de différenciation. À titre d’exemple, au début des années 1990, certaines initiatives visaient à se différencier du produit agricole standard en misant sur le biologique. On y voyait ainsi une façon de différencier la petite entreprise agricole de la grande qui utilisait des méthodes plus industrielles. Aujourd’hui, la technologie et les nouvelles méthodes de culture rendent possible l’industrialisation du biologique comme on a pu le voir dans un récent reportage de La semaine verte où on montre qu’en Europe en particulier, le biologique est maintenant l’affaire des grandes entreprises de transformation et de celles de la grande distribution. L’avantage de la petite entreprise que l’on voyait à l’époque s’est donc estompé. 

Ainsi, dans notre exemple, la valorisation ne doit plus être mise sur le caractère biologique de la production, mais possiblement sur le fait que l’on est en circuit court (ex.: vente directement par le producteur) ou de proximité, par rapport au circuit long (ex.: grande chaîne de détail). 

Il en est de même pour « le local ». En effet, les consommateurs sont de plus en plus à s’interroger sur la provenance des produits et le local est à la mode, ils sont aussi à la recherche de liens de confiance. Certains producteurs en ont profité, mais depuis quelques temps les distributeurs l’ont bien compris et multiplient les annonces qui vantent les mérites des produits locaux qui se retrouvent sur leurs tablettes. Certains bien sûr ont des ententes avec des producteurs locaux qui profitent à tous. Par contre, le local peut prendre plusieurs définitions comme on peut le noter dans une récente annonce du géant Wal-Mart sur les produits locaux. La différenciation est donc un concept dynamique qui doit évoluer avec le contexte socioéconomique et technologique.

Quelle leçon peut être tirée pour une organisation régionale telle une Table agroalimentaire qui désire promouvoir les produits régionaux tout en s’assurant que cette différenciation puisse franchir les années? À mon avis, dans cette démarche de différenciation, la distinction du rôle de chacun : entreprises et gestionnaires de la Table, doit être clairement établie. Ceci doit mener à une initiative qui soit inimitable de la part des grandes entreprises qui fonctionnent en circuit long. 

Ce que je propose c’est que la différenciation doit être envisagée selon certaines dimensions stratégiques. La première : la stratégie organisationnelle où la coordination de tous les acteurs doit être au centre des décisions. Bien qu’une telle coordination existe déjà, il est primordial de ne pas perdre de vue que cette dernière doit mettre de l’avant une meilleure adéquation entre les besoins exprimés par les consommateurs et les actions des entreprises pour les satisfaire. La deuxième : la stratégie territoriale où la valorisation des ressources et du savoir régional doit être mise en vedette. Cette stratégie permet de rassurer le consommateur sur les vraies valeurs qui définissent l’offre des produits régionaux et ainsi rassure sur la provenance et l’origine. Finalement : la stratégie privée où l’entreprise est la seule responsable de la différenciation fine de son produit (ex.: par une marque de commerce) avec en appui, les deux premières stratégies. À mon avis, ces deux dernières doivent être au service de la stratégie privée. C’est aussi une façon de maximiser les chances que nos produits régionaux trouvent une place dans l’assiette des consommateurs et des institutions et de faire en sorte que les producteurs intéressés par la démarche de différenciation profitent de la valeur qu’ils amènent dans l’offre alimentaire. La coordination tel qu’envisagée, est en quelque sorte une façon de se différencier des pratiques de la grande entreprise. À ce titre, une organisation, telle une Table agroalimentaire, doit s’assurer du meilleur positionnement afin de mieux répondre aux besoins du milieu.

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Production et transformation «maison» : Hopera relève le défi

Il y a de cela quelques mois, la microbrasserie et pizzeria Hopera rejoignait le prestigieux rang des Ambassadeurs de saveurs de la Zone Boréale. Pour les propriétaires de l’établissement jonquiérois, cette reconnaissance vient couronner de nombreuses années de travail d’intégration de produits locaux.

En effet, l’Hopera peut se targuer d’avoir atteint un taux de plus de 80 % de produits transformés sur place ou achetés localement. 

«Il serait facile pour nous d’acheter en vrac et en gros, mais jamais nous n’aurions accès à une telle qualité. C’est pour nous une fierté d’encourager les producteurs et entreprises d’ici. Au fil des ans, nous avons développé un réseau remarquable de partenaires qui, comme nous, ont le souci d’offrir des produits frais,  de première qualité. Il y a une grande notion de coopération autour de ce réseau. Les producteurs nous connaissent, savent ce que nous recherchons et sont en mesure de bien nous conseiller. Il y a une belle proximité», fait valoir Mathieu Roy, propriétaire de l’Hopera.

Transformation sur place

En plus d’offrir à sa clientèle des produits locaux, l’Hopera a une liste de «faits maison» bien garnie. Car en plus de brasser de la bière et de faire de la succulente pizza cuite au four à bois, l’établissement fume ses viandes et ses poissons, fait ses propres charcuteries et sa sauce tomates. 

Poussant toujours plus loin le défi de la transformation sur place, cette année, l’Hopera a acheté ses cochons entiers pour faire ses charcuteries maison. Son équipe vient aussi de compléter une série de formations pour faire son fromage mozzarelle et ses charcuteries italiennes.

«Notre vision d’entreprise est la suivante : faisons tout par nous-mêmes. Cette philosophie nous permet d’assurer un contrôle de qualité et une traçabilité pour tous nos produits, en plus de contribuer à réduire notre empreinte écologique. On se fait un point d’honneur de produire nos tomates, de faire notre pâte à pizza tous les jours, de fumer nos viandes et poissons et même de faire de la salaison maison. Quand les gens viennent chez Hopera, ils sont assurés de déguster un repas composé d’aliments frais et d’une qualité inégalable. Également, le fait d’être aussi intrinsèquement impliqué dans la production des aliments que nous servons nous permet de suivre l’évolution de notre produit. C’est un peu comme un enfant que l’on voit naître, grandir et vieillir. On est là pour chaque étape importante de sa vie. Par exemple, quand on part des plants de tomates en semences, que l’on prend soin des plants et de ses fruits jusqu’à la récolte, pour ensuite transformer de nos mains les tomates en sauce, lorsque vient le temps de présenter le produit final et d’en parler à nos clients, on ressent une grande fierté et un sentiment de travail accompli. Aucun produit commercial ne peut égaler ça», note Mathieu.

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L'identité culinaire: «Moteur de développement économique»

En 1993, le Guide du routard présentait notre culture culinaire comme suit : «La gastronomie québécoise est une vraie cuisine de bûcheron à déconseiller à ceux qui entreprennent un régime, mais parfaite par temps froid : calorique, énergétique, bourrative, toujours généreuse et généralement bon marché».

Évidemment, cette description honteuse a été critiquée, puis retirée. Pourtant, lorsqu’on cherche les mots «Identité culinaire Québec» ou «gastronomie Canada» sur le web par un moteur de recherche, on trouve encore majoritairement de la soupe au pois, des déjeuners de cabanes à sucre, de la poutine et du pouding chômeur. Est-ce que le Québec a le potentiel de se démarquer sur le marché international du Tourisme Gourmand ?

Le monde est grand et chaque coin du globe est défini par culture culinaire. Si je vous nomme l’Italie ou le Mexique, vous avez immédiatement une image de ce qu’on peut y manger. Et si je vous
dis Scandinavie ? La
Scandinavie (Danemark, Norvège, Suède) est un bel exemple récent d’un positionnement sur une gastronomie nordique. Elle se démarque mondialement depuis quelques années.

Jusqu’en 1850, la cuisine scandinave s’appuyait essentiellement sur des ragoûts, où on mijote tout dans le même plat. À cette époque, la cuisine du Nord avait la réputation de ne pas avoir de goût. Puis on a commencé à cuire les aliments séparément et à y ajouter des épices. Les chefs ont spécialisé leur savoir-faire et ont révolutionné la cuisine locale. Aujourd’hui, la cuisine scandinave s’appuie avant tout sur des produits uniques que l’on nous vend comme extraordinaires. 

Les Québécois sont issus d’une culture pour la majorité française, vivent dans une société anglaise et ont un mode de vie américain. À ça s’ajoute les influences amérindiennes, multiculturelle, l’immigration, le voyage, Internet, … Pas surprenant que nous nous serions perdus au niveau culinaire. Pour parvenir à une culture culinaire mieux alignée à notre territoire, notre histoire et notre culture, il faut actualiser cette cuisine traditionnelle en l’allégeant et en raffinant les ingrédients en plus de mettre en valeur les produits des différentes régions du Québec. Heureusement, déjà plusieurs chefs, comme nos Ambassadeurs de saveurs, travaillent à ce renouveau. 

En fait, il faut différencier Ingrédients phares de la gastronomie québécoise (Sirop d’érable, cidre de glace, canneberges, pommes du Québec, fraises du Québec, bleuets sauvages, maïs sucré, épices boréales, champignons sauvages, têtes de violon, topinambours, porc du Québec, agneau de Charlevoix, …) et Traditions culinaires québécoises (Épluchettes de blé d’inde, repas de cabane à sucre, tourtière du Lac-Saint-Jean, poutine, cipaille, fèves au lard, pâtés à la viande, ragoût de pattes de cochon, …).  Contrairement à ce qu’on pourrait penser, tout n’est pas à définir ! Les produits sont là, les chefs en sont friands…. Il suffit donc de faire connaître nos produits et le travail magnifique des chefs. 

Le Québec doit donc reposer l’ensemble du positionnement de son identité culinaire sur ses régions et leurs produits phares. C’est en allégeant et en raffinant nos traditions culinaires que nous arriverons à démarquer les régions, puis la province sur le marché du Tourisme Gourmand. Oui, on peut rêver d’un Québec gourmand, raffiné et différent. Une gastronomie qui donnerait envie aux gens de se déplacer pour venir goûter nos belles régions.

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Traçabilité alimentaire : une façon simple de connaître la provenance d’un produit

Les récents cas de contamination alimentaire causée par des framboises et de la laitue romaine démontrent toute l’importance de la salubrité et de la traçabilité alimentaire.

«Les consommateurs s’inquiètent et se questionnent beaucoup sur la provenance, mais surtout sur la fiabilité des aliments qu’ils consomment. Ils ont des exigences et ces exigences ont des répercussions dans le domaine agroalimentaire et dans l’agriculture», témoigne Émilie Villeneuve consultante en sécurité alimentaire et microbiologiste agréée de Services Enviro+.

Bonne nouvelle, un changement dans la Loi sur la salubrité des aliments vient mieux encadrer cette pratique en obligeant les entreprises de transformation à intégrer des processus pour assurer la sécurité alimentaire, dont celui de la traçabilité. La nouvelle réglementation est en application depuis le 31 mars 2018.

Les consommateurs avertis, et ils sont de plus nombreux, veulent connaître le chemin qu’a emprunté un produit alimentaire de sa récolte jusqu’à l’assiette. Leurs exigences obligent les transformateurs à plus de transparence. 

La traçabilité est devenue très importante pour les entreprises de transformation. Si on prend l’exemple des framboises contaminées en provenance de Chine. Si une entreprise québécoise a fabriqué des confitures avec les petits fruits, elle doit être en mesure de savoir quelles quantités ont été fabriquées avec les framboises contaminées et à quels points de vente ils se trouvent afin de pouvoir faire un rappel.

«Pour une entreprise, ça représente des investissements à moyen terme, mais elle va réaliser des économies, car elle va réduire ses pertes. Il n’y a que des avantages. Ça assure la qualité du produit et un accès au réseau de distribution. Ça va leur  permettre de conserver et surtout conquérir de nouveaux marchés. À long terme, c’est plus rentable», mentionne la spécialiste.

Et les exigences sont particulièrement élevées quand arrive le temps d’exporter dans d’autres, pays notamment en Europe. L’entreprise contrôle et maîtrise les risques tout en obtenant un gain de productivité.

Les grandes bannières comme Loblaw, Métro ou Sobeys exigent des certifications de ses fournisseurs. Ils doivent faire la preuve qu’ils ont un système efficace de traçabilité et de sécurité alimentaire. Les entreprises de transformation peuvent faire appel à une compagnie externe ou à une spécialiste comme Émilie Villeneuve pour les accompagner  à mettre en place des procédés qui assurent  la sécurité alimentaire.

L’entreprise doit intégrer des systèmes sur l’ensemble de la chaîne logistique comme la gestion des stocks, les fournisseurs, les commandes, les transports et  la gestion du personnel. Alors, si on découvre une contamination dans la chaine de production, il est plus facile de savoir si le lot concerné se trouve dans un camion, un entrepôt ou dans une épicerie. Le produit est plus rapidement retiré.

Autre avantage indéniable, avoir un processus de traçabilité efficace ajoute à la crédibilité et à la notoriété de la marque. Ce qui ultimement peut faire accroître les ventes.

Synergie

Les exigences de la traçabilité favorisent une synergie entre l’agroalimentaire et l’agriculture. « Prenez l’exemple d’une entreprise qui transforme des céréales. Pour respecter les exigences de traçabilité et de sécurité alimentaire, elle devra obtenir des garanties de la part de ses fournisseurs de céréales. Les producteurs devront donc se conformer et/ou améliorer leurs pratiques s’ils veulent vendre à des transformateurs. Ça va renforcer la filière », estime Émilie Villeneuve.

Il est important de spécifier que les exigences de la Loi ne touchent pas l’agriculture.

Cette façon de faire est déjà en place dans l’industrie du bleuet dans la région. Les producteurs doivent respecter les standards de qualité de cueillette fixés par les transformateurs. De plus, chaque lot de bleuets est identifié à son producteur. Ce qui permet d’avoir une traçabilité.

Cette synergie aura un effet bénéfique sur l’achat local.  Il est beaucoup plus simple d’obtenir des garanties des producteurs locaux. De plus les exigences de salubrité et les contrôles ne sont pas les mêmes d’un pays à l’autre. « Les normes ne sont pas aussi sévères dans certains pays. De là l’importance de préférer les produits locaux. Aussi les consommateurs sont de plus en plus sensibles au kilométrage qu’a parcouru un aliment avant de se retrouver dans son assiette. Il s’agit d’un autre élément à considérer pour un transformateur », souligne la conseillère en sécurité alimentaire.

Risque toujours existant

Malgré la mise en place de systèmes de traçabilité et de sécurité alimentaire, il y aura toujours des risques. Des épisodes de contamination aux framboises et à la laitue romaine comme récemment pourraient se répéter. «La présence des virus dans les aliments n’est pas facile à détecter. Il y a des progrès dans les technologies de détection, mais ce n’est pas parfait.  Comme on travaille avec des produits frais qui sont manipulés, il y a des risques. Et évidemment plus le produit voyage, plus les délais sont longs pour se rendre aux consommateurs. Ce qui accroît les chances que le produit se détériore», conclut-elle.

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Les intervenants de la région seront formés en bonne pratiques d’achat local

Au cœur de la Zone boréale se trouvent des entreprises de production et de transformation alimentaires. Autour de celles-ci gravitent divers acteurs sensibilisés voulant faire prospérer nos produits et nos entreprises dans leur secteur. En parallèle, on vit actuellement une période où le consommateur est plus que jamais sensibilisé aux produits locaux.

Aujourd’hui, une tendance s’inscrit dans la démarche d’achat responsable qui gagne du terrain chez les consommateurs et en plus des avantages économiques et environnementaux, les gens consomment de plus en plus les produits locaux pour leur diversité, leur qualité et leur disponibilité. 

C’est dans cette optique que la Table agroalimentaire du Saguenay–Lac-Saint-Jean, gestionnaire de la Zone boréale lance différents outils destinés à appuyer et renforcer cette mobilisation positive.

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C’est le temps des semis

Au cours des dernières années, vous avez redécouvert les plaisirs de l’horticulture. Chaque été, vous faites maintenant pousser des fines herbes et divers plants de légumes sur votre balcon ou dans votre cour arrière, de sorte que vous avez accès à des produits frais aussi simplement qu’en allant les cueillir dans votre jardin. Mais voilà que vous désirez franchir une nouvelle étape dans cette belle aventure qu’est le jardinage, celle de la préparation des semis. Ça tombe bien! Le mois d’avril y est justement consacré.

Au Saguenay – Lac-Saint-Jean, le maraîchage, soit la culture des légumes, semble regagner en popularité. Les citoyens sont en effet de plus en plus nombreux à s’y intéresser. Malgré tout, peu d’entre eux démarrent leurs propres semis, préférant se procurer de jeunes plants cultivés en serre au début de l’été. Il y a pourtant de nombreux avantages à préparer ses propres semis au printemps.

«Tout d’abord, faire ses semis nous permet de choisir nos variétés favorites de légumes et d’en découvrir de nouvelles, mentionne Gabrielle
Filliatrault, professionnelle en agriculture urbaine et adjointe au projet des municipalités nourricières chez Eurêko. «Dans les centres-jardins et les serres, on retrouve principalement des variétés de légumes plus communes. Lorsqu’on choisit nos semences, on se rend compte à quel point le choix est vaste et diversifié», mentionne-t-elle.

Le facteur économique, sans oublier le plaisir rattaché à cette activité, sont aussi à considérer. «C’est une superbe activité à faire en famille, avec les enfants. Ça nous permet entre autres de leur apprendre d’où proviennent les légumes qu’ils consomment. La préparation de semis est également très économique. Les semences sont peu couteuses. Pour à peine quelques dollars, on se procure un sachet contenant de nombreuses graines qu’on peut ensuite conserver pour l’année suivante. Il suffit de bien les entreposer dans un endroit sec et hermétique. On peut facilement les conserver durant trois à quatre ans», souligne la professionnelle.

Variétés et qualité des semences

«Il existe évidemment différentes qualités de semences et de nombreuses variétés. Dernièrement, une Fête des semences a eu lieu à Larouche. Cet événement annuel est une formidable occasion de rencontrer les semenciers et de s’informer sur les semences qu’ils offrent et leurs particularités», rappelle Gabrielle Filliatrault.

On retrouve sur le marché des semences biologiques, comme celles proposées par l’entreprise québécoise Les Jardins de l’écoumène vendues chez différents marchands de la région. Il existe aussi d’autres types de semences comme celles OGM, celles hybrides et celles du patrimoine qui sont en fait d’anciennes variétés.

L’important lors de l’achat est de s’assurer que les semences choisies sont adaptées à notre climat, soit à la zone de rusticité 3.

L’ABC de la préparation de semis

Faire des semis, c’est facile! En soi, cette activité demande bien peu de choses. «Au niveau matériel, il faut se procurer du terreau à semis, qu’on retrouve dans la plupart des magasins à grande surface, ainsi que des contenants à semis. On peut même remplacer ces derniers par des contenants récupérés, comme ceux de yogourt, plutôt que d’en acheter des neufs. Il suffit simplement de les nettoyer et de percer des trous au fond», explique Gabrielle Filliatrault.

Une fois le matériel rassemblé, on remplit nos contenants de terreau et on y plante les semences. Sur chaque sachet de semences, on retrouvera les indications de semis et de culture propres à la variété potagère.

On installe ensuite nos semis au soleil et on s’assure de garder le terreau bien humide. 

«Pour une culture optimale, on utilise des néons, mais la lumière et la chaleur du soleil suffisent à préparer nos semis. Bien sûr, il ne faut pas oublier de les arroser quotidiennement à l’aide d’un vaporisateur», souligne Mme Filliatrault. 

Pour une personne qui n’aurait aucune expérience en jardinage, la préparation des semis pourrait s’avérer un grand pas à franchir. Ainsi, il vaut mieux ne pas en être à ses débuts en horticulture avant de se lancer dans cette aventure.

Aussi, si vous souhaitez rendre votre première expérience positive, commencez par des semis plus faciles à réussir comme les fines herbes, les cerises de terre et les tomates-cerises qui auront en plus une belle productivité cet été.

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Saguenay - Lac-Saint-Jean, t'es beau dans mon assiette!

Toute personne en quête d’améliorer son alimentation s’est déjà retrouvée devant un étalage complet de produits dits «miraculeux» et «santé» et a éprouvé, à ce moment, une confusion totale… C’est là que ça se corse.

Pourtant, nos priorités ne sont-elles pas d’avoir un accès facile à l’information, à la qualité et à la diversité ? Pourquoi ne pas simplement se tourner vers nos bonnes vieilles habitudes  et notre beau savoir-faire agroalimentaire ? Permettons-nous, en 2018, une vision bien plus réaliste et attrayante de la saine alimentation. Cette dernière devient ainsi beaucoup plus appétissante et ça, nos entreprises agricoles et agroalimentaires régionales l’ont bien compris !

Les habitudes alimentaires qui n’apportent aucune satisfaction ne sont heureusement plus d’actualité. Visez plus haut : votre bien-être nutritionnel, mais aussi personnel, économique et environnemental !

Les produits locaux du Saguenay – Lac-Saint-Jean sont si beaux dans nos assiettes et répondent à tellement d’attentes:

La fraîcheur exceptionnelle

Qu’on pense aux produits de saison ou aux produits de boulangerie frais du jour, en se procurant des aliments locaux, on s’assure d’une fraîcheur irréprochable. En plus, ce souci de qualité est généralement associé à une simplicité de la liste des ingrédients. Nul besoin d’apprendre le latin pour la lire, les produits agroalimentaires régionaux sont en général uniques, peu transformés et sans ajouts inquiétants !

La variété surprenante

Une alimentation équilibrée passe avant tout par la diversité des aliments qui la constituent. L’offre régionale déborde de surprises : miels, chanvre, produits laitiers, boissons fermentées ou alcoolisées, produits biologiques, légumes et fruits colorés de saison et même produits gourmands qu’on se plaît à courtiser. Ce n’est qu’une infime partie de l’offre ! Consultez notre répertoire au zoneboreale.com pour connaître toutes les entreprises.

Les économies bien appréciées

En saison, l’abondance est un allié majeur pour économiser des sous, mais qu’en est-il l’hiver ? La conservation des produits régionaux est beaucoup plus facile et efficace qu’elle ne le paraît. Parez et congelez vos fruits et légumes, réduisez vos citrouilles en purée au lendemain de l’Halloween et ajoutez-les à vos recettes tout au long de l’année !

Le plaisir de savourer

Cet aspect est NON NÉGLIGEABLE. Choisissez des aliments que vous aimez, visitez les entreprises régionales pour vous procurer vos produits à la source et en apprendre davantage sur leurs passions, découvrez les produits gourmands sans arrière-pensées… Soyez épicurien !

L’environnement

Saviez-vous qu’en moyenne les aliments parcourent 2 500 km ? En favorisant l’achat de produits locaux, ceux-ci n’auront pas à traverser le pays et à passé par de multiples
intermédiaires pour se rendre dans votre assiette, évitant du même coup le suremballage. Aussi facile que ce soit, l’achat d’aliments de proximité signifie déjà beaucoup pour l’environnement. Rendre l’utile à l’agréable comme on dit !

Tenons-nous informés du savoir-faire régional et bénéficions du travail acharné de nos agriculteurs et transformateurs qui ont pour but d’offrir simplicité, typicité, qualité, et ce, à longueur d’année.