Le Toronto Christmas Market, dans le Distillery District, est un incontournable de Noël dans la Ville-Reine.

Noël à la torontoise

Les Torontois adorent les Fêtes. Ils s’agglutinent devant les grandes vitrines, patinent au son de «Jingle Bells» et boivent du vin chaud par milliers au Toronto Christmas Market. Si l’envie vous prenait d’aller y passer quelques jours — c’est un peu moins loin que New York et c’est en dollars canadiens! — voici nos suggestions pour vous mettre dans l’ambiance et pour faire votre magasinage de Noël.

Le Distillery District est un petit quartier entièrement piétonnier, autrefois occupé par la distillerie Gooderham & Worts, avec ses 47 édifices victoriens qui témoignent de l’architecture industrielle de la ville. Il a été rénové au début des années 2000, pour devenir un «village» avec des restaurants, des boutiques, des salles de spectacles, des galeries, des condos, une brasserie de saké et une… distillerie.

Depuis quatre ans, c’est aussi un peu le village du père Noël. Ouvert depuis le 15 novembre, le Toronto Christmas Market est fréquenté par les familles, les groupes d’amis, les couples, les touristes, bref, par à peu près tout le monde qui veut se plonger dans l’ambiance des Fêtes.

N’écoutez surtout pas les Grinch. La féerie est réelle et s’exprime dans les milliers de petites lumières qui parent les édifices une fois la nuit tombée, dans les grandes terrasses chauffées (celle du restaurant mexicain El Catrin est vraiment étonnante), dans le sapin géant, dans les schnitzel, bratwurst et pilon de dinde géant qu’on peut s’enfiler, dans les cadeaux uniques qu’on peut trouver sur place.

La terrasse chauffée du restaurant mexicain El Catrin.

Pour magasiner, on peut zieuter les stands un peu kitsch du marché ou entrer dans les belles boutiques et galeries permanentes. Nous avons craqué pour Hoi Bo (vêtements et accessoires pour femmes), Mini Mioche (vêtements éthiques pour enfants), The Saucy Milliner (chapeaux) et quelques galeries-studios-boutiques de l’édifice Artscape, dont Proof.

Si, après tout ça, vous avez envie de vous attabler et de déposer vos sacs, sachez que la majorité des restaurants du Distillery District ont un petit côté commercial, pour ne pas dire attrape-touriste. Nonobstant la musique d’ascenseur, nous avons bien aimé siroter un manhattan au xérès en grignotant des charcuteries et fromages espagnols au Madrina, le petit nouveau du quartier, caché derrière le carrousel. Ne manquez surtout pas les patatas bravas en millefeuille.

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Dehors, c’est gratuit!

De l’avis de tous ceux qui ont vécu les deux, l’hiver torontois est beaucoup moins rigoureux que le montréalais. Et il n’en demeure pas moins que la saison froide canadienne passe généralement mieux lorsqu’on sait profiter de ses activités extérieures.

Depuis l’an dernier, les Torontois ont de nouveau accès (gratuitement) à Ontario Place, un parc d’attractions qu’ils fréquentaient dans leur tendre enfance, tout au sud de la ville, sur le lac Ontario.

À notre passage, il y a deux semaines, les installations n’étaient pas encore ouvertes officiellement, mais quelques nostalgiques s’y trouvaient déjà avec leurs patins et leurs guimauves.

Dans l’île ouest, on peut faire des boucles sur la petite patinoire artificielle, se réchauffer au bord du feu et faire le tour des 18 installations lumineuses, chacune créée par un ou une artiste de la province. La Cinesphere (salle IMAX) est également rouverte, avec une programmation de classiques et de films cultes comme Blade Runner, La mélodie du bonheur, Le Seigneur des anneaux, etc.

Avec ses arbres habillés de guirlandes étincelantes et le son des vagues du lac Ontario en trame de fond, le parc est un beau havre d’hiver. Le gouvernement de Doug Ford n’exclut toutefois pas la possibilité d’y construire prochainement un casino et des condos : mieux vaut en profiter dès maintenant.

Jusqu’au 23 mars

ontarioplace.com/fr/home

Il est possible de faire griller quelques guimauves à Ontario Place.

Dans le même coin

Le Bentway est un autre espace inutilisé que l’on présente comme un nouveau terrain de jeu pour ceux et celles qui habitent les innombrables tours à condos du sud de la ville. L’hiver dernier, on y a inauguré un petit sentier de glace, balisé par des œuvres d’art public. L’exposition actuelle, qui dure jusqu’au 18 février, est fort intéressante. Le Bentway se situe sous l’autoroute Gardiner, qui traverse une partie de la ville d’ouest en est, le long du lac. À terme, il devrait s’étendre sur 1,75 km. Attention, la patinoire n’ouvre que le 21 décembre et il y a peu d’intérêt à y aller avant.

www.thebentway.ca

Vous aurez peut-être l’impression d’être loin de tout, sous l’autoroute, mais en réalité, vous êtes à 15-20 minutes de marche d’une pléthore de bons restaurants. Inscrivez tout de suite ces adresses testées dans votre carnet : Campechano (tacos), Forno Cultura (sandwicherie et biscuiterie italienne), Bar Buca (petits plats italiens), Edulis (cuisine conviviale, réservation requise), Canis (menu fixe dans un cadre décontracté, façon Mousso, sur réservation). Et si vous avez envie de vous réchauffer, le spa Hammam est également à 15 minutes de marche.

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Shopping pompette

Avant Noël, l’entreprise Drink Toronto, spécialisée en visites guidées pour amateurs de bière, vin et cocktails, propose une virée des bars et restaurants les plus festifs autour du Centre Eaton. Sur les 160 $ que coûte cette activité comprenant plusieurs boires et plusieurs petits plats, 10 $ sont remis à l’organisme Second Harvest.

Le Holiday Drink and Shop Tour nous a permis de découvrir quatre excellentes adresses à la vitesse grand V. John & Sons Oyster House est un très mignon bar à huîtres du Financial District ouvert par un ancien courtier — le John en question —, il y a bientôt 10 ans. Assembly Chef’s Hall est le rêve du foodie, mais le cauchemar de l’indécis : 16 comptoirs de bouffe (dont une expérience de «sushi debout» de 30 minutes, sur réservation) par 18 chefs torontois triés sur le volet et un bar.

Oui, un bar dans une foire alimentaire! Les baklavas d’agneau de Reyna sont tout à fait divins.

Au prochain arrêt, on découvre Rosalinda, un restaurant végétalien d’influence mexicaine avec des cocktails exceptionnels. C’est la plus récente adresse d’un trio de restaurateurs aguerris : Grant van Gameren (Bar Isabel, Bar Raval, etc.), Max Rimaldi (Pizzeria Libretto, Bar Isabel, etc.) et Jamie Cook (Pizzeria Libretto).

Dernière escale : le tout nouveau Drake Mini Bar, qui offre une de ces formules polyvalentes déjeuner-dîner-souper, arrosé au café, au cocktail ou au vin. En quittant cette petite oasis située dans l’entrée d’une tour à bureaux (veinards, ces travailleurs!), on attrape un chocolat chaud. Le moment est venu d’aller admirer les vitrines de Noël de La Baie d’Hudson. Puis, notre guide nous dépose devant le sapin du Eaton Center, qui mesure pas moins de 108 pi. La portion magasinage peut commencer! (Pssst! Les soldes sont déjà en cours!)

www.drinktoronto.ca/tours/holiday-drink-and-shop-tour

johnandsonsoysterhouse.com

www.assemblychefshall.com

www.rosalindarestaurant.com

www.thedrake.ca/drakeminibar

Le Drake Mini Bar est le petit nouveau de l’empire Drake 
et offre une de ces formules 
polyvalentes déjeuner-dîner-
souper.

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La longue promenade

Marcher des kilomètres durant fait partie des plaisirs du tourisme en ville. Ce ne sont pas les quartiers intéressants qui manquent à Toronto. La populaire rue Queen West s’étire sur près de 5 km. À l’est, la reine des rues est en voie de devenir tout aussi intéressante, dans les quartiers Riverside et Leslieville.

Cette fois-ci, nous sommes partis à la découverte des rues Dundas West et Roncesvalles. À partir de Bathurst, vers l’ouest, la rue Dundas se jalonne de petits commerces indépendants tous plus mignons les uns que les autres. Nous vous recommandons, entre autres : Saving Grace (populaire resto à déjeuner), Saudade (importations portugaises), Arts Market (boutique d’artisans locaux), Rhum Corner et Cocktail Bar, Paris Paris (bar à vin), Penny Arcade (friperie), Hanmoto (brasserie japonaise), Ease (mode féminine).

Vous passerez peut-être devant Elephant in the Attic, en pensant qu’il ne s’agit que d’une mignonne petite brocante. Mais permettez-vous d’y entrer et, surtout, d’y prendre votre temps. Ici, la propriétaire Caitlin Brubacher offre un service plutôt unique. Elle vous permet de fouiner dans ses cartons de photos, illustrations et collages recyclés, pour choisir les images qui vous touchent. Au terme de l’exercice, les choix sont interprétés par Caitlin, puis encadrés pour former ce qu’elle appelle un «cluster», point de départ possible d’un mur galerie à la maison. Qu’on la fasse pour soi ou qu’on l’offre en cadeau, cette expérience est loin d’être banale.

Elephant in the Attic peut donner l’impression de n’être qu’une petite brocante, mais c’est bien plus que cela. Entrez et vous verrez!

Si vous poursuivez votre chemin vers l’ouest encore un peu, traversant la voie ferrée, vous atteindrez Roncesvalles (Roncy pour les intimes), qui est une avenue parsemée de petits trésors, elle aussi. Arrêtez-vous à la galerie-boutique Likely General, au Ardith (mode féminine), à l’épicerie italienne Alimentari, dans un restaurant polonais, au magasin de chaussures Imelda, puis vous vous retrouverez éventuellement à Queen, extrémité ouest, dans le quartier Parkdale.

Mais ça, c’est pour une autre promenade, à moins qu’il vous reste encore des jambes! 

www.elephantintheattic.ca