Lorsqu’il est question d’horticulture, la Terre mère sert de modèle jusqu’en Chine.

Mosaïculture Gatineau 2018: «Mon exposition préférée»

L’été est peut-être terminé, mais l’automne et ses couleurs offrent une toile de fond encore plus intéressante pour découvrir l’exposition Mosaïculture Gatineau 2018, qui réunit pour la première fois en un même endroit une quarantaine d’œuvres dépassant l’imagination tant par leur qualité artistique que par le brio de leur conception.

« C’est mon exposition préférée. C’est la plus belle de nos dix-huit ans », explique Lise Cormier, directrice générale de Mosaïcultures Internationales, cette architecte-paysagiste de L’Assomption, qui avait lancé l’idée de créer une première exposition de Mosaïculture à Montréal en 2000.  

Depuis, le groupe qu’elle a créé et qu’elle dirige a remporté de nombreux grands prix au niveau international. Lise Cormier se dit elle-même très fière des résultats obtenus par l’équipe d’une soixantaine de personnes qui travaillent à créer ces œuvres qui remportent les honneurs partout où elles sont présentées, notamment en Chine, au Japon et aux États-Unis. 

« Nos œuvres ont gagné le prix du public, en plus de prix du jury, ce qui est une belle surprise à chaque fois. Ce fut le cas notamment en Chine », poursuit Mme Cormier. 

Après le succès obtenu lors de MosaïCanada 150 au parc Jacques-Cartier, l’équipe a redoublé d’ardeur pour monter cette exposition inédite qu’après avoir eu le feu vert en avril dernier seulement.

Lise Cormier, d.g. de Mosaïcultures Internationales

La préparation des plantes a nécessité plusieurs mois de travail, et l’équipe a tenu cet été à présenter toutes les 209 différentes espèces et variétés de plantes à leur état normal au parc de la rue Laurier. 

« Nos expositions sont artistiques, mais l’idée derrière est toujours que chaque œuvre illustre un message. Avec Terre mère, il y a un enseignement écologique. Nous voulons aussi créer une ambiance. Nous voulons émerveiller les gens, mais nous voulons leur apprendre quelque chose. Nous avons une équipe formidable, sans doute la meilleure que nous ayons réunie depuis les débuts. Quand les gens aiment ce qu’ils font, ils ont le sourire », rappelle la directrice générale. 

Cet été, la météo a donné du fil à retordre davantage au public qu’aux plantes puisqu’elles sont « en très bonne santé » grâce à l’excellent travail d’une soixantaine d’horticulteurs dont la majorité est de Gatineau.  

En parlant de la Terre mère, une œuvre magistrale, elle explique qu’elle sert de modèle dans les cours d’horticulture donnés jusqu’en Chine. Elle admet en même temps qu’il serait difficile de penser à la refaire, en raison de sa grande complexité. 

L’Arbre aux oiseaux, qui se veut un hommage à Frédéric Back, celui qui a réalisé le film d’animation L’Homme qui plantait des arbres, vient aussi rappeler l’importance de l’action positive de l’homme sur l’environnement. 

« Un pincement au cœur »

Lorsque la fin de l’exposition tombera le 15 octobre, Lise Cormier dit qu’elle aura « un pincement au cœur », tellement elle en est fière.  

Elle admet en même temps qu’il ne faudra pas compter revoir une exposition comme celle présentée cet été au parc Jacques-Cartier. 

« C’est une exposition unique, mais aussi très complexe à monter, notamment à cause du financement. Il faut beaucoup de sous », souligne Mme Cormier.  

Une fois l’exposition terminée à la mi-octobre, les œuvres seront démantelées. 

Toutefois, la ville de Gatineau et des provinces seraient intéressées à en conserver. 

Le groupe planche déjà sur divers autres projets, dont celui d’une exposition ayant comme thème Alice au pays des merveilles du Jardin botanique d’Atlanta. D’autres demandes viennent aussi de l’Asie, explique Mme Cormier.

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Plus de 350 000 plantes ont été utilisées pour réaliser l’Arbre aux oiseaux, une œuvre incontournable de Mosaïculture Gatineau 2018.

DES OEUVRES MAGISTRALES CÉLÉBRANT LA NATURE

Avec ses 45 sculptures végétales gigantesques conçues avec plus de 5,5 millions de plantes, célébrant la nature dans toute sa splendeur, Mosaïculture Gatineau 2018 est un rendez-vous incontournable dans la région de Gatineau.  

Après avoir remporté un succès fou l’été dernier avec MosaïCanada, l’équipe est revenue s’installer au parc Jacques-Cartier, en bordure de la rivière des Outaouais, à quelques pas du Musée de l’Histoire, du Musée des beaux-arts et du Parlement du Canada.

De calibre international, elle est le témoignage de l’excellence de ses créateurs désormais reconnus à travers le monde entier.

L’Arbre aux oiseaux, une œuvre géante 

La pièce maîtresse, l’Arbre aux oiseaux, représente une cinquantaine d’espèces d’oiseaux menacés de la planète, perchées sur un arbre géant.  

Ses racines se changent en un perroquet-hibou, le seul perroquet qui ne vole pas, et en six espèces de batraciens et de reptiles. 

Toutes les espèces représentées sont parmi les plus menacées de la planète selon la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature. 

Du Québec, on y retrouve le pic à tête rouge et le pluvier siffleur qui s’envolent de l’arbre, avec les autres, comme s’ils voulaient fuir l’extinction qui les menace et qui a décimé l’eider du Labrador, le dodo ou la tourte. 

Au pied de l’Arbre aux oiseaux, salamandre, tortue, grenouille, iguane naissent des racines pour défier le danger qui les menace. 

Planté au milieu d’un bassin, pour symboliser les mangroves du Sundarbans, écosystèmes côtiers d’une grande richesse biologique gravement menacés, l’Arbre aux oiseaux vient représenter cette nature sauvage que l’homme doit conserver. 

L’œuvre colossale mesure 16 mètres (52 pieds) de hauteur et son poids dépasse les 100 tonnes. L’immense oiseau perché au sommet de l’arbre pèse à lui seul sept tonnes.  

Pour réaliser l’œuvre magistrale, plus de 350 000 plantes ont été utilisées.  

Les ingénieurs ont conçu une structure permettant au tronc et aux branches de supporter plusieurs tonnes, soit le poids des oiseaux perchés en porte à faux, alors que leurs ailes frôlent les quatre mètres.  

Les artisans de l’exposition ont voulu rendre hommage à Frédéric Back, celui qui a réalisé le film d’exception L’Homme qui plantait des arbres, inspiré d’une nouvelle de Jean Giono.  

L’œuvre, qui représente l’action positive de l’homme sur son environnement, a été conçue tel un véritable jardin de mosaïculture issu de l’action d’Elzéard Bouffier, un berger qui, par son action constante et patiente, a transformé un territoire désolé et désert en paysage champêtre et forestier où la vie a pu se manifester.  

On le voit en train de planter un chêne dans un désert évoqué par une surface de pierres où broutent ses moutons, alors que son chien est intrigué par les visiteurs.

Les chevaux dans la prairie et la chèvre qui s’abreuve au puits symbolisent le retour à la vie qui est généré par les gestes du berger, et dont l’action est représentée par sa cape qui s’étend sur l’ensemble du site. 

Jusqu’au 15 octobre 2018 ; tous les jours de 10 h à la brunante, beau temps, mauvais temps.