Le château d’eau sur la promenade du Peyrou

Dans la quiétude de Montpellier

Montpellier est la ville française qui a connu la plus forte croissance économique et démographique dans les dernières décennies. En 40 ans, sa population a doublé avec l’invasion de jeunes venus des quatre coins de l’Hexagone. Un habitant de Montpellier sur cinq est un étudiant. La qualité de vie exceptionnelle de la ville n’est certainement pas étrangère à cet afflux.

Pour y avoir séjourné à cinq ou six reprises depuis une douzaine d’années, je confirme qu’il existe dans la capitale du Languedoc-Roussillon un art de vivre et une quiétude qu’on ne retrouve pas ailleurs pour une ville de cette dimension (268 000 habitants). Montpellier offre de quoi occuper la tête et surtout les jambes. Son centre-ville piétonnier, à la fois historique et résolument moderne, est le plus vaste de France.

Avec sa grandiose architecture haussmannienne, sa statue-fontaine baptisée les 3 Grâces et son magnifique opéra (réaménagé par Garnier), la Place de la comédie est le point de ralliement de la jeunesse montpelliéraine et des touristes. Surnommé l’Œuf en raison de l’ovale originel au sol, autour duquel les voitures tournaient lorsque la circulation était autrefois permise. Aujourd’hui, le tramway y déverse chaque jour un flot de visiteurs. On souhaite un jour pour Québec un réseau de transport collectif aussi efficace...

Une marche en direction du fleuve côtier qui traverse la ville, le Lez, mènera à la découverte du visage avant-gardiste de Montpellier, celui du quartier Antigone, signé par l’architecte Ricardo Bofill. S’y greffe Le Polygone, un endroit très couru pour les amateurs de magasinage.

Mais se perdre des heures dans la vieille ville, à travers les ruelles médiévales et les charmantes placettes, demeure l’activité incontournable. D’une fois à l’autre, on ne s’en lasse jamais, surtout la nuit tombée, la mairie ayant déployé depuis 2006 un vaste programme de mise en lumière de son centre-ville. 

Au cœur du quartier historique, la très animée place Jean-Jaurès est l’un des points de chute des étudiants. Autour de la statue du célèbre leader socialiste abondent terrasses, bars et restaurants où il fait bon s’attarder.

Clin d’œil de Montcalm

Au fil de la promenade, les rues aux noms évocateurs sortis d’une autre époque défilent : rue des ­Trésoriers-de-la-Bourse, rue de l’Argenterie, rue de la Vieille Intendance, rue Jean-Jacques Rousseau, une des plus anciennes de la ville. Ici et là, à travers galeries et boutiques, l’un des 80 hôtels particuliers du vieux Montpellier, érigé aux XVIIe et XVIIIe siècles, attire le regard.

C’est le cas de l’édifice du 5, rue de l’Ancien-Courrier. Au mur, une plaque rappelle à notre mémoire un personnage bien connu de notre histoire, le marquis de Montcalm. L’hôtel a appartenu à la famille du célèbre général, de 1632 à 1841. «C’est d’ici que partit le 6 février 1756 le marquis de Montcalm pour défendre avec gloire le Canada et trouver une mort héroïque sous les murs (sic) de Québec, le 14 septembre 1759.»

Rue de l’Ancien-Courrier, des plaques évoquent un personnage bien connu de notre histoire, le marquis de Montcalm.

Un arrêt à la magnifique Place de la Canourgue, bordée de majestueuses façades, permet de jouir d’une jolie perspective sur la cathédrale Saint-Pierre, jumelée à la faculté de médecine. Fondée au XIIIe siècle, c’est la plus ancienne du monde occidental. Au Moyen-Âge, l’endroit accueillit comme élèves Rabelais et un certain Michel de Notre-Dame, alias Nostradamus. Une visite à la collection exceptionnelle du conservatoire d’anatomie vaut le détour. Les monstruosités dans le formol sont nombreuses, cœurs sensibles s’abstenir…

Arbre à vœux

Un arrêt au Jardin des plantes s’impose, surtout en été lorsque le mercure s’affole. L’endroit s’enorgueillit lui aussi d’un titre honorifique lié à l’ancienneté, soit le plus ancien jardin botanique de France. L’endroit abrite quelque 2000 espèces de végétaux, dont un filaire au tronc crevassé dont les alvéoles recueillent depuis des siècles vœux et souhaits écrits sur des bouts de papier. 

La cathédrale Saint-Pierre vue de la Place de la Canourgue

Montpellier possède aussi son Arc de triomphe, jaune et ocre celui-là. C’est le passage obligé pour rentrer dans Montpellier depuis la Promenade du Peyrou, symbole du grand urbanisme qui prévalait au XVIIe et XVIIIe siècle. C’est un endroit très recherché par les habitants viennent relaxer sur les bancs, à l’ombre de la statue équestre de Louis XIV.

Magnifique musée Fabre

Derrière le Château d’eau, un magnifique panorama s’étend sous nos yeux. Au-delà des quelque 800 mètres de l’aqueduc Saint-Clément, inspiré du pont de Gard, on peut apercevoir au loin le pic Saint-Loup et la mer.

La Place de la Comédie où trône la fontaine des Trois Grâces

On ne saurait trop vous recommander de garder une place dans votre horaire pour une visite au musée Fabre, à proximité de la Place de la Comédie. Fondé en 1828, le vaste établissement accueille l’une des plus importantes collections de beaux-arts de France, avec ses œuvres de Rubens, Courbet, Ingres, Degas, Delacroix, Matisse et autres. L’été dernier, le musée a accueilli une centaine d’œuvres de Picasso issues des plus grandes collections internationales.

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UN COIN DE QUÉBEC À PALAVAS-LES-FLOTS

En période de canicule, les plages de la station balnéaire de Palavas-les-Flots, à une douzaine de kilomètres de Montpellier, sont littéralement prises d’assaut par les citadins à la recherche d’un peu de fraîcheur. En bordure de mer, une promenade accueille tout ce beau monde. Son nom? La promenade Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier.

Depuis 1997, Palavas-les-Flots est jumelée à la municipalité de la couronne nord de Québec. Un panneau bien en évidence fait état des atouts touristiques du village. Parmi eux, la station touristique Duchesnay, la rivière Jacques-Cartier et le lac Saint-Joseph. «Les multiples sentiers équestres, de vélo et motoneige en pleine forêt laurentienne, sans oublier l’accueil chaleureux des Catherinois(ses) sont le gage d’un voyage mémorable dans la vraie nature.» Tout pour nourrir les rêves de grands espaces de nos cousins français.

Le visiteur trouvera plaisir à flâner dans le sympathique petit port de Palavas-les-Flots, à travers les étals de pêcheurs où reposent dorades, calamars, rougets, selon les saisons et les arrivages quotidiens. Sur les deux rives du Lez, plusieurs petits cafés et restos invitent à une pause. Plus loin, en bordure de mer, une télécabine permet de traverser le cours d’eau pour deux euros et de jouir d’une vue imprenable sur l’endroit.

Si l’envie vous prend de fuir la cohue, à quatre kilomètres de là, une visite à la cathédrale Saint-Pierre-de-Maguelone s’impose. Entre ciel et mer, la cathédrale est visible de loin, solitaire dans le décor. Il fait bon s’imprégner de la quiétude des lieux, perdus au milieu des vignes, des pins parasols et des micocouliers. Bordé de marais où abondent plusieurs espèces d’oiseaux (dont des flamants roses), ce bijou de l’art roman renvoie à cette époque où l’Église catholique construisait des monuments forteresses. Au VIe siècle, l’endroit était une importante cité épiscopale.

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D'AUTRES BELLES DÉCOUVERTES

Le visiteur n’a pas à rayonner très loin de Montpellier, environ une heure de route, pour faire le plein d’autres belles découvertes. Parmi elles, le charmant village de Saint-Guilhem-le-Désert, le pont du Gard, Nîmes (avec son amphithéâtre romain), Aigues-Mortes (et ses remparts du XIIIe siècle), Sète (la patrie de George Brassens, surnommée la Venise du Languedoc), Frontignan (la capitale du muscat), et Narbonne (avec son palais des Archevêques, aussi vaste que le palais des papes d’Avignon).