Depuis deux ans, l’UQAC a mis sur pied le Centre intersectoriel en santé durable lequel se penche sur deux axes de recherche principaux soient les déterminants génétiques de la santé ainsi que la santé de proximité avec la santé durable comme objectif. 
Depuis deux ans, l’UQAC a mis sur pied le Centre intersectoriel en santé durable lequel se penche sur deux axes de recherche principaux soient les déterminants génétiques de la santé ainsi que la santé de proximité avec la santé durable comme objectif. 

Travailleurs(euses) de la santé

La santé globale au cœur des préoccupations

Sophie Richard - Rédactrice publicitaire
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Le Quotidien
Lorsqu’il est question de santé, on pense immanquablement aux divers professionnels qui donnent des soins ou des services aux patients. Ils sont médecins, infirmières, inhalothérapeutes, kinésiologues, psychologues, et ils font un travail essentiel pour soigner ou améliorer la qualité de vie des individus. Mais il y a également tout un bassin d’experts travaillant dans l’ombre qui, par leurs recherches et leurs études, contribuent à l’amélioration de notre système de santé.

Chercheuse et professeure au département des sciences fondamentales à l’Université du Québec à Chicoutimi, Catherine Laprise explique l’étendue du rôle des chercheurs et chercheuses dans le domaine de la santé.

« Il y a plusieurs aspects. Tout d’abord, la recherche fondamentale permet de mieux comprendre la nature biologique des maladies, c’est-à-dire qu’est-ce qui cause telle ou telle affection. En documentant et en identifiant les causes qui peuvent être de nature génétique, environnementale ou liées aux micro-organismes, comme c’est le cas avec la pandémie actuelle, on peut arriver à développer une thérapie qui va être mieux ciblée », explique Mme Laprise, citant en exemple l’avènement du projet génome humain qui a permis de grandes avancées en médecine.

« Il y a aussi un aspect intervention. Comment on change nos modèles d’intervention, nos approches en santé, en fonction des nouvelles réalités, en fonction aussi des populations auprès desquelles on intervient, de leur culture, de leurs valeurs? C’est une approche où les chercheurs vont souvent travailler de façon multisectorielle ou multidisciplinaire », explique celle qui est également titulaire de la Chaire de recherche en santé du Canada sur l’étude des déterminants génétiques de l’asthme.

La recherche permet aussi d’éduquer et de sensibiliser les gens à l’importance de la santé à travers tout le cycle de la vie. Chacun est ainsi invité à devenir un acteur important de sa propre santé globale. La recherche en santé mentale fait notamment beaucoup en prévention.

Et puis, il y a tout l’apport en lien avec l’environnement assisté.

« Il y a beaucoup de gens en mathématique informatique et en ingénierie qui vont travailler en recherche et en santé pour améliorer le quotidien des personnes qui vivent avec des pathologies ou encore pour développer des outils qui vont améliorer les façons de faire. On peut penser par exemple à la recherche effectuée sur les environnements intelligents en soutien aux personnes en perte d’autonomie ou encore au développement d’enduits antibactériens », précise la chercheuse.

« En somme, il y a comment on définit le fondamental de la malade, mais aussi tout le développement de traitements, de nouveaux médicaments, de nouvelles approches qui vont être plus efficaces, plus ciblés », renchérit-elle

Catherine Laprise, chercheuse et professeure au département des sciences fondamentales à l’Université du Québec à Chicoutimi. 

Valorisation de la recherche

La recherche en santé est à la fois essentielle dans l’amélioration des traitements, des pratiques et des équipements, et nécessaire pour documenter les maladies et approfondir nos connaissances s’y rattachant.

Quant à savoir de quelles façons ces recherches sont utilisées ou permettent la mise en place de nouvelles pratiques ou de nouveaux traitements, cela demeure du cas par cas. Selon Mme Laprise cela dépend entre autres du niveau d’importance de la découverte et de l’urgence de sa mise en application. Dans le cas des vaccins pour la COVID-19, par exemple, il faisait nul doute que le processus se devait d’être le plus rapide possible.

Toutefois, lorsqu’une recherche est initiée par un chercheur, le processus de transfert peut s’avérer plus complexe. La responsabilité est partagée à la fois par le chercheur et son réseau de contacts ainsi que l’institution universitaire auxquels il se rattache.

« Actuellement, c’est une problématique, parce qu’en tant que chercheur, on fait des découvertes et on a parfois de la difficulté à savoir quel est son niveau d’importance et quel est son potentiel de transfert et d’application. Ça prend des bureaux et des gens spécialisés pour ça, des ressources qui ne sont pas suffisantes pour le moment, croit Mme Laprise. Il y a beaucoup de données au Québec et ailleurs dans le monde qui auraient peut-être le potentiel d’avoir des applications importantes et qui passent sous silence. Collectivement, il y a un effort qui doit être fait pour mieux soutenir la valorisation de la recherche, car toutes les recherches ont leur place», affirme Mme Laprise.

Participation citoyenne

Au Saguenay – Lac-Saint-Jean, il semble que la population soit bien consciente de l’importance de la recherche en santé. Pour preuve, les gens y sont très participants. Les citoyens sont en effet nombreux a accepté de participer à des études et à témoigner de leur situation. Le citoyen est d’ailleurs de plus en plus considéré comme un partenaire externe.

Dans les cas de la Biobanque québécoise de la COVID-19, dirigée par Catherine Laprise, chercheuse et professeure au département des sciences fondamentales de l’UQAC, le taux de participation des personnes ayant été infectées par le virus SRAS-CoV-2 responsable de la COVID-19, contactée par l’infirmière de recherche est de 100%.