Pêche

Trois ouananiches par jour sur le lac Saint-Jean

Les amateurs de pêche pourront repartir à la maison avec trois ouananiches au lieu de deux cette année. En effet, la Corporation de LACtivité Pêche Lac-Saint-Jean (CLAP) et le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs ont décidé d’augmenter la possession du poisson emblématique pour le lac Saint-Jean et certains de ses tributaires.

«Il y a eu trois fois trop de ouananiches qui ont franchi notre passe migratoire témoin de la rivière Mistassini, ce qui veut dire que la population de ouananiches est très importante et qu’il faut augmenter la pêche pour ne pas nuire à la population d’éperlans», explique le directeur général Marc Archer.

En octobre dernier, les spécialistes de la CLAP ont enregistré 1642 ouananiches qui montaient frayer dans la rivière Mistassini. Il s’agit du 2e plus haut recensement depuis les débuts des mesures en 1975. Pour obtenir un parfait équilibre, le nombre idéal de montaisons devrait se situer autour de 500.  « Ce qui s’est passé sur la Mistassini, c’est aussi passé dans les autres rivières. Ce qui peut compliquer les choses, c’est que si le nombre de montaisons reste élevé au cours des prochaines années, les jeunes ouananiches vont manger beaucoup d’éperlans. Il risque d’y avoir une pénurie et s’il manque d’éperlans en raison d’une trop grande pression sur les stocks et biens ce sont les jeunes ouananiches qui n’auront pas de nourriture et il y aura de la mortalité. On ne veut surtout pas se retrouver dans ce genre de cycle », expose-t-il.

Ce dernier ne s’alarme pas de cette situation pour l’instant, car la population se porte bien et les frayères qui ont été aménagées l’an dernier ont fonctionné. En effet, les biologistes ont constaté la présence d’œufs sur 11 des 25 frayères. Nos aménagements ont bien fonctionné. Comme ils sont à des profondeurs différentes, les éperlans vont frayer selon le niveau du lac à cette période », explique Marc Archer.

C’est donc pour cette raison que le nombre de captures a été augmenté. On espère donc que les prises seront abondantes. De plus, si les glaces du lac «calaient» plus rapidement, l’ouverture de la pêche serait devancée.

Cette année, l’ouverture de la pêche a été devancée au 11 mai pour la ouananiche. Pour le doré et les autres espèces, le début a été fixé au 25 mai. Même à cette date devancée, le lac Saint-Jean sera à peine libéré de ses glaces et son niveau encore très bas, ce qui compliquera la mise à l’eau de certaines embarcations.

Pour ce qui est du doré, la limite de prises journalière demeure à 10. Il faudra attendre les résultats de l’expertise réalisée lors d’une pêche scientifique par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, afin de voir si des modifications pourraient être apportées.

Plus de pêcheurs

Il est difficile pour la CLAP de déterminer si cette hausse de prises quotidienne de la ouananiche attirera plus de pêcheurs à se rendre sur le lac Saint-Jean. «Est-ce que les gens de l’extérieur vont se déplacer plus ? Je ne pense pas. On constate une diminution de pêcheurs au Québec, on le sent inévitablement dans la région. Il y a moins de relève et les coûts liés à la pêche entrent en ligne de compte. Par contre, si les conditions sont bonnes pour la pêche cet été et que les gens font de bonnes prises, alors ils vont avoir tendance à pêcher plus souvent. C’est ce que l’on souhaite afin d’accroître le nombre de prises cette année», affirme le directeur général.

L’an dernier, la température n’a pas été du côté des pêcheurs, le nombre de prises a été ordinaire tout comme en 2016. Au total ce sont  5752 prises qui ont été enregistrées pour le lac Saint-Jean et 508 prises à la mouche dans les rivières. Pour le doré jaune, on a comptabilisé
18 035 prises.

Une situation qui s’est reflétée sur les ventes d’autorisations de pêcher. Elles ont totalisé environ 14 300 unités pour des revenus de 458 900 $ en 2017, ce qui représente environ 1000 ventes de moins que la moyenne enregistrée.