Pêche

Des poissons en santé

Avec les nombreux cours d’eau qui sillonnent notre territoire, ce ne sont pas les endroits qui manquent pour pratiquer la pêche. Or, les changements climatiques ainsi que la pollution engendrent un mouvement des courants qui modifient la présence des poissons. Comment faire alors pour continuer à pratiquer ce sport tout en s’assurant de conserver notre faune pour les générations futures? Le spécialiste Pascal Sirois, professeur titulaire à l’Université du Québec à Chicoutimi et titulaire de la Chaire de recherche sur les espèces aquatiques exploitées, nous aide à répondre à cette question pour adapter notre pêche et ainsi préserver les poissons.

Tout d’abord, comment vont les poissons que l’on retrouve dans nos cours d’eau?

Si l’on se compare au reste du monde, le Québec est une terre de prédilection pour la pêche, mais il y a tout de même place à amélioration. Le prélèvement que nous faisons n’est pas contre l’écologie des systèmes, c’est la quantité que nous prélevons qui peut devenir problématique. Pour moi, le pêcheur fait partie de l’écosystème, je pense que la pêche est tout à fait adéquate et il faut l’encourager, mais il faut la pratiquer de façon durable et s’assurer que l’on ne surpêche pas pour que les ressources puissent perdurer encore longtemps. 

Comment faire alors pour préserver au maximum les différentes espèces?

La recommandation première est de respecter les règles de pêche et donc de veiller à ne pas dépasser les capacités de production des populations. Il y a deux facteurs à considérer pour restreindre la pêche soit, la période ainsi que la quantité. Un pêcheur peut toujours remettre à l’eau ses poissons et ainsi pratiquer la conservation volontaire. D’ailleurs depuis les 20 dernières années, les statistiques pour la remise à l’eau ne cessent d’augmenter. 

En quoi les recherches scientifiques influencent les règles entourant la pêche?

Le but de nos travaux est de donner des bases scientifiques solides pour appuyer les décisions gouvernementales pour ce qui est de la gestion du poisson. En améliorant nos connaissances, nous pouvons avoir une gestion beaucoup plus proactive des poissons. Lorsque nous acquerrons des recherches sur les poissons, ce n’est pas nécessairement dans le but de fermer des pêches. En effet, nos recherches ne sont pas effectuées pour restreinte la pêche, mais bien protéger nos espèces. Le meilleur exemple est d’ailleurs la réouverture de la pêche à la ouananiche qui était interdite depuis plusieurs décennies. Grâce à l’appui de nos recherches, il a été prouvé que nous pouvions ouvrir à nouveau ce bassin sans nuire à la disparition de cette espèce. 

Finalement, quels conseils donneriez-vous aux pêcheurs pour la saison à venir?

Tout simplement de passer du bon temps en nature, car la pêche ne fait pas uniquement donner de la bonne viande, il s’agit d’une activité rassembleuse très reposante qui a plusieurs effets bénéfiques sur la santé. 

Pascal Sirois, professeur titulaire à l’Université du Québec à Chicoutimi et titulaire de la Chaire de recherche sur les espèces aquatiques exploitées.