Huguette Maltais
Huguette Maltais

Parkinson Saguenay-Lac-Saint-Jean

Les visages du Parkinson Huguette Maltais

Mon mari a 86 ans et moi, 81. C'est depuis qu'il a reçu son diagnostic de parkinsonien, en 2014, que je suis officiellement sa proche aidante, bien qu'il ait montré des signes de la maladie dès 2003. Au fil des années, son état s'est détérioré, de sorte qu'il est maintenant en fauteuil roulant. Non seulement il a du mal à marcher, mais aussi à s'exprimer. Il lui arrive de figer sur place, de trébucher et de se blesser. Je dois dormir sur une oreille, et c'est souvent inquiétant. Même à mon âge, je dois parfois le relever, le remettre au lit, soigner ses blessures. On me conseille d'appeler le 911 quand il chute, mais je me dis que le temps que les secours arrivent, j'aurais déjà réussi moi-même à le relever, alors je passe à l'action!

Le rôle de proche aidant est difficile et comporte beaucoup de défis, autant physiques que psychologiques. La fatigue est omniprésente et, parfois, des idées noires peuvent surgir.

Heureusement, je suis bien entourée. Nous avons quatre enfants, dont trois qui habitent dans la région. Je peux aussi compter sur le soutien de mes frères et sœurs pour discuter. Et nous profitons de l'aide inestimable des intervenants de la santé: médecins, infirmiers (ères) du CLSC, gériatre, psychiatre, travailleuse sociale, ergothérapeute, pharmacienne, sans oublier l'appui constant de l'association Parkinson Saguenay - Lac-Saint-Jean.

Nous ne somme pas isolés, bien que la pandémie que nous vivons actuellement nous ait privés de certaines ressources. En effet, mon mari allait chaque vendredi au CHSLD Jacques-Cartier afin de me donner un répit, en plus d'y passer une semaine par mois, ce qui a été impossible pendant le confinement. Les visites ayant été proscrites, ma charge est alors devenue plus lourde.

Lorsque les temps sont durs, je me rappelle ma devise: «Quand on se compare, on se console.» Oui, il y a des gens qui vivent des épreuves plus pénibles encore. Je garde le cap en m'adonnant à quelques activités qui me font du bien comme le chant, la peinture et la lecture. Je conseille aux gens atteints du Parkinson et aux proches aidants de ne pas hésiter à demander de l'aide, surtout d'interpeller leur médecin de famille pour avoir plus aisément accès à des ressources utiles.