Parkinson Saguenay-Lac-Saint-Jean

Les visages du Parkinson: Gilles Gaudreault

J’ai dû faire face aux premiers symptômes de la maladie en 2009, alors que j’avais 62 ans. Ma main droite s’était d’abord mise à trembler; 3 à 6 mois plus tard, le tremblement s’est étendu à l’autre main et, 2 ans après le premier symptôme, les membres inférieurs ont été à leur tour affectés par la maladie. Au même moment, je me suis mis à ressentir une grande fatigue. Je suis donc allé consulter un médecin qui, après m’avoir fait passer des tests, m’a indiqué que je souffrais de la maladie de Parkinson. Quand il me l’a dit, je me suis mis à pleurer, même si je me doutais du diagnostic. De me le faire confirmer me mettait devant la réalité et je ne l’ai pas pris.

Bien sûr, le Parkinson a un impact sur ma vie. J’ai plus de difficulté à marcher et, parfois, je bloque, comme si je gelais sur place. Plus la journée avance, plus une fatigue extrême s’installe. Je ne peux plus pratiquer certains sports comme le tennis, le hockey et la course, mais je continue de rester actif. Je marche souvent et j’ai même commencé la boxe, ce qui me permet de ralentir la progression de la maladie. Je vais aussi à l’aréna pour voir jouer les Saguenéens. Je suis passionné de hockey et ces moments sont pour moi un plaisir chaque fois renouvelé. 

Heureusement, je suis entouré de gens qui me soutiennent dans mon épreuve, comme ma conjointe, elle aussi atteinte du Parkinson, ainsi que ma sœur, avec qui je peux discuter. Souvent, je vais prendre un café avec des amis. « Tu es résilient, Gilles, me dit l’un d’eux, je ne sais pas si je le serais autant que toi. » C’est pourquoi je conseille aux gens frappés par ce mal incurable de ne pas s’isoler. La rencontre et l’ouverture aux autres qui vivent la même situation sont plus que souhaitables. C’est un remède. Depuis ma participation à un article qui traitait de boxe,  on m’approche avec moins de gêne. On vient me voir, on demande de mes nouvelles. 

Il m’arrive parfois, littéralement, de chuter en raison des symptômes dont je souffre, mais je me relève et continue en me concentrant sur le positif.