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Parkinson

Les visages du Parkinson : Rosanne Brassard

Il y a six ans, alors que j'avais 54 ans, j'ai constaté que quelque chose clochait du côté de ma santé. Mes mains avaient commencé à trembler, je sentais des raideurs dans mon corps et je m'étais rendu compte que je traînais les pieds lorsque je marchais. C'est à ce moment qu'un cheminement parsemé d'embûches a débuté, car pendant quatre ans, les médecins que j'ai consultés m'ont répété que je souffrais de tremblements essentiels. Or je me doutais que la vérité se trouvait ailleurs. C'est seulement lorsque je me suis préparée à un examen médical en notant dans une grille d'observation les symptômes qui m'affectaient qu'on m'a fait voir un neurologue. C'est lui qui a confirmé le diagnostic. Oui, j'avais le Parkinson. Ce n'est pas ce que je voulais entendre, bien sûr, mais en même temps, je pouvais enfin mettre un mot sur ce que je vivais depuis toutes ces années et qui m'avait menée vers une retraite anticipée de mon métier d'enseignante.

À la suite de l'annonce, malgré la peine et la douleur ressenties après avoir dû renoncer à des passe-temps que j'aimais, j'ai décidé de me remettre à l'activité physique avec une amie. Je pratique présentement la boxe. Je fais aussi de la raquette et j'espère rechausser mes skis de fond bientôt.

Il m'est parfois difficile de voir les choses positivement, car je ressens une fatigue de plus en plus intense et ma concentration n'est plus la même. Le simple fait de préparer une recette me semble une tâche ardue. Mais je peux compter sur mon conjoint, mes filles et mes amis pour me remonter le moral lors de moments de détresse. Aussi, je vois souvent mes petits-enfants. Ce sont mes trois bonheurs. Je les garde de temps à autre et j'espère le faire encore longtemps.

Si j'avais un conseil à donner aux gens qui croient être atteints par le Parkinson, ce serait de se documenter sur les symptômes qui y sont associés et de noter les leurs afin d'en brosser un tableau complet à leur médecin. Il est important de recevoir le diagnostic le plus tôt possible : commencer rapidement un traitement, prendre soin de soi en demeurant actif et en s'alimentant mieux est primordial, car ainsi, on peut avoir une influence sur la progression de la maladie.

Parkinson Saguenay-Lac-Saint-Jean

Les mythes de la maladie de Parkinson

En tant que docteur en science neurologique, j'ai souvent constaté que la maladie de Parkinson demeure très mal connue. Qu'en est-il au juste ? Pour des raisons obscures, certaines cellules du cerveau ne produisent plus suffisamment de dopamine pour que les mouvements physiques gardent leur régularité. Il est vrai que les causes de cette maladie restent vagues et les chercheurs montrent du doigt l'environnement, l'exposition aux pesticides, certaines anomalies génétiques, le vieillissement rapide des neurones, le stress, etc. Mais, si l'énigme reste à résoudre, certains mythes subsistent toujours.

Mythe no 1:

Le Parkinson est une maladie du vieillissement.

Faux. Des symptômes précoces peuvent se manifester 10 à 20 ans avant le diagnostic : dépression, perte progressive de l'olfaction, constipation. De plus, 5 à 10 % des personnes affectées sont diagnostiquées avant 40 ans. Un pour cent de la population est atteinte entre 50 et 60 ans et 4 à 5 % vers 80 ans.

Mythe no 2:

Les tremblements touchent tous les parkinsoniens.

Faux. le symptôme moteur le plus clairement associé à la maladie est certainement le tremblement des membres. Socialement, ce symptôme est le plus dérangeant, mais demeure le moins invalidant. Or, on estime que 30 à 65% des personnes atteintes trembleront. le tremblement apparait d'un côté, souvent à la main, mais peut atteindre la jambe, la mâchoire inférieure et plus rarement la tête. D'autres symptômes existent et sont tout aussi importants, tels que la lenteur des mouvements, la rigidité, les problèmes d'équilibre, le syndrome

des jambes sans repos, la difficulté à avaler, l'écriture qui rapetisse et devient illisible. Et ici, nous ne parlons que des symptômes moteurs, alors qu'il en existe aussi plusieurs dits non moteurs tels que les troubles du sommeil, les problèmes de vessie, les sensations de faiblesse, la douleur, les hallucinations et délires, les nausées, l'anxiété et de nombreux autres. Au moins 50 symptômes ont été répertoriés jusqu'ici.

Parkinson Saguenay-Lac-Saint-Jean

Les visages du Parkinson: Gilles Gaudreault

J’ai dû faire face aux premiers symptômes de la maladie en 2009, alors que j’avais 62 ans. Ma main droite s’était d’abord mise à trembler; 3 à 6 mois plus tard, le tremblement s’est étendu à l’autre main et, 2 ans après le premier symptôme, les membres inférieurs ont été à leur tour affectés par la maladie. Au même moment, je me suis mis à ressentir une grande fatigue. Je suis donc allé consulter un médecin qui, après m’avoir fait passer des tests, m’a indiqué que je souffrais de la maladie de Parkinson. Quand il me l’a dit, je me suis mis à pleurer, même si je me doutais du diagnostic. De me le faire confirmer me mettait devant la réalité et je ne l’ai pas pris.

Bien sûr, le Parkinson a un impact sur ma vie. J’ai plus de difficulté à marcher et, parfois, je bloque, comme si je gelais sur place. Plus la journée avance, plus une fatigue extrême s’installe. Je ne peux plus pratiquer certains sports comme le tennis, le hockey et la course, mais je continue de rester actif. Je marche souvent et j’ai même commencé la boxe, ce qui me permet de ralentir la progression de la maladie. Je vais aussi à l’aréna pour voir jouer les Saguenéens. Je suis passionné de hockey et ces moments sont pour moi un plaisir chaque fois renouvelé. 

Heureusement, je suis entouré de gens qui me soutiennent dans mon épreuve, comme ma conjointe, elle aussi atteinte du Parkinson, ainsi que ma sœur, avec qui je peux discuter. Souvent, je vais prendre un café avec des amis. « Tu es résilient, Gilles, me dit l’un d’eux, je ne sais pas si je le serais autant que toi. » C’est pourquoi je conseille aux gens frappés par ce mal incurable de ne pas s’isoler. La rencontre et l’ouverture aux autres qui vivent la même situation sont plus que souhaitables. C’est un remède. Depuis ma participation à un article qui traitait de boxe,  on m’approche avec moins de gêne. On vient me voir, on demande de mes nouvelles. 

Il m’arrive parfois, littéralement, de chuter en raison des symptômes dont je souffre, mais je me relève et continue en me concentrant sur le positif.