Zone boréale

L'identité culinaire: «Moteur de développement économique»

En 1993, le Guide du routard présentait notre culture culinaire comme suit : «La gastronomie québécoise est une vraie cuisine de bûcheron à déconseiller à ceux qui entreprennent un régime, mais parfaite par temps froid : calorique, énergétique, bourrative, toujours généreuse et généralement bon marché».

Évidemment, cette description honteuse a été critiquée, puis retirée. Pourtant, lorsqu’on cherche les mots «Identité culinaire Québec» ou «gastronomie Canada» sur le web par un moteur de recherche, on trouve encore majoritairement de la soupe au pois, des déjeuners de cabanes à sucre, de la poutine et du pouding chômeur. Est-ce que le Québec a le potentiel de se démarquer sur le marché international du Tourisme Gourmand ?

Le monde est grand et chaque coin du globe est défini par culture culinaire. Si je vous nomme l’Italie ou le Mexique, vous avez immédiatement une image de ce qu’on peut y manger. Et si je vous
dis Scandinavie ? La
Scandinavie (Danemark, Norvège, Suède) est un bel exemple récent d’un positionnement sur une gastronomie nordique. Elle se démarque mondialement depuis quelques années.

Jusqu’en 1850, la cuisine scandinave s’appuyait essentiellement sur des ragoûts, où on mijote tout dans le même plat. À cette époque, la cuisine du Nord avait la réputation de ne pas avoir de goût. Puis on a commencé à cuire les aliments séparément et à y ajouter des épices. Les chefs ont spécialisé leur savoir-faire et ont révolutionné la cuisine locale. Aujourd’hui, la cuisine scandinave s’appuie avant tout sur des produits uniques que l’on nous vend comme extraordinaires. 

Les Québécois sont issus d’une culture pour la majorité française, vivent dans une société anglaise et ont un mode de vie américain. À ça s’ajoute les influences amérindiennes, multiculturelle, l’immigration, le voyage, Internet, … Pas surprenant que nous nous serions perdus au niveau culinaire. Pour parvenir à une culture culinaire mieux alignée à notre territoire, notre histoire et notre culture, il faut actualiser cette cuisine traditionnelle en l’allégeant et en raffinant les ingrédients en plus de mettre en valeur les produits des différentes régions du Québec. Heureusement, déjà plusieurs chefs, comme nos Ambassadeurs de saveurs, travaillent à ce renouveau. 

En fait, il faut différencier Ingrédients phares de la gastronomie québécoise (Sirop d’érable, cidre de glace, canneberges, pommes du Québec, fraises du Québec, bleuets sauvages, maïs sucré, épices boréales, champignons sauvages, têtes de violon, topinambours, porc du Québec, agneau de Charlevoix, …) et Traditions culinaires québécoises (Épluchettes de blé d’inde, repas de cabane à sucre, tourtière du Lac-Saint-Jean, poutine, cipaille, fèves au lard, pâtés à la viande, ragoût de pattes de cochon, …).  Contrairement à ce qu’on pourrait penser, tout n’est pas à définir ! Les produits sont là, les chefs en sont friands…. Il suffit donc de faire connaître nos produits et le travail magnifique des chefs. 

Le Québec doit donc reposer l’ensemble du positionnement de son identité culinaire sur ses régions et leurs produits phares. C’est en allégeant et en raffinant nos traditions culinaires que nous arriverons à démarquer les régions, puis la province sur le marché du Tourisme Gourmand. Oui, on peut rêver d’un Québec gourmand, raffiné et différent. Une gastronomie qui donnerait envie aux gens de se déplacer pour venir goûter nos belles régions.