Parkinson Saguenay – Lac-Saint-Jean

Les visages du Parkinson : Fernand Gaudreault

La Vitrine
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Mon expérience avec la maladie de Parkinson débute par des tremblements au pouce droit qui s’étendent au bras et à la jambe. Sous le conseil d’un ami médecin, je consulte un neurologue pour apprendre que je suis effectivement atteint du Parkinson. J’ai 57 ans.

Je choisis de me battre et continue mes activités et à pratiquer des sports comme avant, mais je sens l’inquiétude dans les yeux des miens. Au fil du temps, mes tremblements s’intensifient.

Après avoir appris qu’une chirurgie existe pour amoindrir les symptômes du Parkinson, appelée simulation cérébrale profonde, je rencontre un neurochirurgien. Je subis cette opération en 2003 et, miracle, dès le lendemain je peux tenir un verre d’eau sans le renverser. Je vis une lune de miel, mais mes symptômes réapparaissent quatre ans plus tard. Je me fais opérer une nouvelle fois, et mes tremblements s’arrêtent à jamais. Nouvelle lune de miel! S’ensuit une décennie où je continue à m’activer : skier, chasser, pêcher, guider en motoneige, etc., et m’impliquer dans ma paroisse comme bénévole.

Vers l’âge de 74 ans, quelques symptômes s’amplifient : lenteur des mouvements, raideurs, troubles d’équilibre… Graduellement, je dois réduire mes activités et allonger mes heures de repos.

Commence alors la ronde des deuils : conduite automobile, danse, entre autres. Par contre, je continue à demeurer actif selon les saisons.

Aujourd’hui, à 82 ans, j’ai des hauts et des bas : des nuits agitées, des heures grises, de la fatigue, mais se pointent aussi des matins lumineux où la beauté du monde s’impose. Je regarde mon cher lac Clair qui s’agite et qui dort sous cette neige blanche. J’y pratique le ski de fond et la marche.

Un proverbe dit : Si la vie dépose des pierres sur ta route, à toi de décider si tu en fais un mur ou un pont. Il donne la direction à emprunter pour quiconque est aux prises avec cette maladie. Un pont nous rend une certaine liberté, alors que le mur nous emprisonne. À chaque pierre que la vie dépose sur ma route, je continue à construire de petits ponts. Après 27 ans, ils sont nombreux, mais chacun m’a mené à des endroits merveilleux.

Malgré l’eau agitée qui coule quelquefois sous ces ponts, j’aime la vie et de beaux moments pointent encore à l’horizon.