Manifestation à Québec de la FIQ et de l'APTS
Manifestation à Québec de la FIQ et de l'APTS

Les négos du secteur public

Pour un système de santé et de services sociaux à la hauteur de ce que le Québec mérite

La pandémie de COVID-19 a révélé de nombreuses failles dans le système de santé et de services sociaux du Québec. Manque de personnel, rigidité du réseau, lourdeur administrative, méconnaissance des réalités sur le terrain, compressions en santé publique et mobilité de la main-d’œuvre qui a favorisé la propagation du virus, les dernières semaines ont été très difficiles. Les professionnelles en soins et le personnel professionnel et technique sur le front en ont aussi été victimes, plusieurs ont contracté le virus mortel faute d’équipement de protection et de mesures adéquates de prévention et de contrôle des infections.

Ces failles, tout à coup au cœur de l’actualité, sont dénoncées depuis de nombreuses années par l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) et la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ). Malheureusement pour des milliers de Québécoises et de Québécois, les pouvoirs publics ont fait fi de ces cris d’alarme maintes fois répétés.

«Cette crise permet de prendre conscience du travail immense qu’il y a à faire pour que le système de santé redevienne un joyau dont nous serons tou·te·s fier·ère·s. On a vu ce qui ne fonctionnait pas. Tirons-en des leçons et mettons le personnel au cœur des transformations nécessaires. Il est temps que le gouvernement écoute ceux et celles qui procurent tous les jours, avec professionnalisme et engagement, les soins de santé et les services sociaux à la population», ont déclaré Nancy Bédard et Andrée Poirier, respectivement présidente de la FIQ et de l’APTS.

Nancy Bédard, présidente de la FIQ
Andrée Poirier, présidente de l'APTS

Redresser la barre

Réunies en alliance pour les négociations entourant le renouvellement de leur convention collective nationale cette année, les deux organisations syndicales y voient l’occasion de redonner au réseau des bases solides et d’améliorer l’offre publique de soins et de services à la population, axée sur ses besoins et non en fonction d’une approche comptable.

«Le Québec a l’occasion de redresser la barre et de valoriser ce qui constitue le cœur de notre réseau public: son personnel. La pandémie n’a pas seulement révélé au grand jour les failles du système, elle a aussi démontré le rôle essentiel que jouent les salarié·e·s du réseau, qui a permis de sauver des dizaines de milliers de vies. En améliorant leurs conditions de pratique, en établissant des relations de travail respectueuses de leur autonomie professionnelle, en les rémunérant adéquatement, en rendant attrayante l’organisation du travail, c’est toute la population du Québec qui va y gagner. Préparons-nous, ensemble, à affronter la prochaine crise», ont ajouté Mmes Poirier et Bédard.

Des offres insultantes

L’alliance APTS-FIQ représente plus de 131 000 membres, réparti·e·s dans 110 titres d’emploi, toutes et tous essentiel·le·s et indispensables au bon fonctionnement du réseau. Or, depuis le début de la crise le gouvernement croit naïvement qu’une augmentation de salaire des préposé·e·s aux bénéficiaires est la solution miracle à des dizaines d’années d’incurie. Cette pensée simpliste ne tient pas compte de la pénurie de personnel qui a cours dans d’autres secteurs d’activités ni des problèmes d’attraction et de rétention de la main-d’œuvre dans le réseau.

«Le gouvernement ne peut plus se permettre de jouer à l’autruche et d’ignorer les professionnelles en soins ainsi que les professionnel·le·s et les technicien·ne·s du réseau. Il n’y a rien dans les offres dévoilées le 21 mai dernier par le président du Conseil du Trésor, Christian Dubé, qui reconnaît la valeur du travail de nos membres, les sacrifices qu’ils et elles font et les risques qui en découlent. M. Dubé doit comprendre que nous n’accepterons jamais une entente à rabais. Son offre de 5% d’augmentation sur 3 ans est insuffisante. Se faire narguer, c’est terminé!», ont conclu les présidentes de l’alliance APTS-FIQ.