Manifestation de la CSN lors du dépôt de ses revendications en octobre dernier

Les négociations du secteur public

Les organisations syndicales affiliées à la CSN: Les offres sectorielles, aucune solution concrète

Les organisations syndi­cales affiliées à la CSN s’attendaient à une meilleure compréhension des enjeux de la part du gou­vernement Legault. Les réseaux publics traversent actuellement une véritable crise et il n’y a rien sur la table pour attirer et retenir le personnel.

Santé et services sociaux

Pour la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS) et la Fédération des professionnèles (FP), qui ont reçu le même dépôt patronal, les propositions n’ont rien du caractère innovant que le gouvernement avait pourtant annoncé.

La partie patronale appelle à davantage de flexibilité pour les gestionnaires et à une disponibilité accrue du personnel déjà épuisé. «Nous avons été déçus du dépôt patronal parce qu’il ne contient pas de solutions concrètes pour sortir de la crise qu’on vit au quotidien après des décennies de compressions et de centrali­sation. De notre côté, nous avons présenté des propositions précises qui répondent aux préoccupations de tout le personnel sur le terrain», a lancé Josée Marcotte, vice-présidente de la FSSS-CSN.

De plus, la partie patronale semble vouloir faire porter aux organisations syndicales la responsabilité de la détérioration de l’image de certains établissements. Elle va pratiquement jusqu’à inviter les travailleurs à cesser de dénoncer les problèmes. «Il est anormal qu’une pression persiste et décourage les salariés du réseau de s’exprimer sur ce qui ne tourne pas rond alors que la ministre de la Santé et des Services sociaux a affirmé vouloir mettre fin à «l’omerta». C’est pour garantir la liberté d’expression des membres que nous voulons intégrer de nouvelles clauses aux conventions collectives», ajoute Ginette Langlois, présidente de la FP-CSN.

Éducation

Dans le secteur scolaire, l’employeur veut notamment augmenter la durée de la période d’essai des nouvelles personnes et allonger la période pendant laquelle un poste peut demeurer vacant. «En rendant les postes d’entrée moins attractifs et en allongeant les périodes de pré­carité, on vient sabrer dans
les droits des travailleuses et des travailleurs qui débutent dans le réseau», affirme Nathalie Arguin, présidente de la Fédération des employées et des employés de services publics FEESP-CSN.

Du côté des employés de soutien des cégeps, la partie patronale a des demandes qui auront pour effet d’augmenter la précarité et elle laisse entendre qu’elle désire modifier les horaires du personnel administratif. « En résumé, on s’attaque à la qualité de vie des salariés. Le bien-être du personnel ne semble pas important et les demandes patronales n’atteindront certainement pas l’objectif de favoriser l’attraction et la rétention », renchérit Nathalie Arguin.

La Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ), quant à elle, note que la partie patronale ne prévoit rien de structurant pour corriger l’iniquité des conditions de travail des enseignants à la formation continue alors que leur charge de travail s’accroît d’année en année. «Plusieurs profs doivent préparer des plans de cours entiers à la dernière minute, parfois la veille de leur premier cours. À la formation continue, les  enseignantes et les enseignants gagnent souvent la moitié du salaire de quelqu’un qui œuvre au régulier», déplore Yves de Repentigny, vice-président de la FNEEQ-CSN. 


« C’est pour garantir la liberté d’expression des membres que nous voulons intégrer de nouvelles clauses aux conventions collectives. »
Ginette Langlois, présidente de la FP-CSN

Organismes gouvernementaux

Plusieurs organismes gouver­nementaux sont aussi en voie de négocier pour le renouvellement de leur convention collective. Parmi ceux-ci, seuls les membres CSN du Parc olympique de Montréal ont déjà entamé les pourparlers avec la partie patronale. Les syndicats de cet organisme, affiliés à la FEESP et à la FP, ont pris la décision de se coordonner pour mener ce cycle de négociations. Pour les porte-parole des deux fédérations, cette décision de parler d’une seule voix s’avère judicieuse compte tenu des atta­ques qui se trouvent dans les dépôts patronaux. «L’employeur exprime une volonté claire de recourir davantage à la sous-traitance et de décloisonner les horaires de travail. En fait, il veut réécrire entièrement les conventions collectives; un exercice à la fois inutile, inqui­étant et déva­lorisant pour les tra­vailleu­ses et les travailleurs.»