Denis Bolduc, président SCFP-Québec et Réjean Beaudet, secrétaire-archiviste du Conseil provincial du secteur des communications (CPSC) du SCFP et président du syndicat de TVA

Le travail en pleine mutation

Le devoir de protéger nos industries culturelles et médiatiques

L’avenir de la culture et des communications au Québec préoccupe le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-Québec). L’ère numérique et les nouvelles technologies apportent certes des défis stimulants pour les ­entreprises médiatiques, mais aussi des inquiétudes quant à la diversité, à l’originalité et à la qualité des contenus ­diffusés, en plus de mettre en péril des milliers d’emplois.

Des membres dans plusieurs sphères médiatiques

Comptant près de 115 000 membres au Québec, le SCFP représente quelque 7496 membres du secteur des communications au Québec, lesquels sont regroupés au Conseil provincial du secteur des communications (CPSC). 

Représentant différentes sphères et plateformes, le regroupement syndical constitue une force de premier plan dans les domaines de la télévision (Groupe TVA, l’ONF, RNC Media, Shaw Media), de la radio (CIMF – Gatineau, CKOB – Trois-Rivières), des télécommunications (Telus Québec, Vidéotron, Cogeco), de la cinématographie et de la postproduction (Covitec, SETTE), ainsi que de la presse écrite (Le Journal de Québec).

Or, bien que les réalités diffèrent d’un média à l’autre, les changements technologiques ont entraîné des transformations majeures dans la production et dans la diffusion de contenu médiatique. « La délocalisation du travail n’était pas possible il y a dix ans. Aujourd’hui, on produit les émissions de tout le Québec à partir de Montréal. Le centre décisionnel est concentré dans les grands centres. On fait un bulletin provincial et non plus régional   », illustre Réjean Beaudet, ­secrétaire-archiviste du Conseil provincial du secteur des communications (CPSC) du SCFP et président du syndicat de TVA.

Un manifeste pour interpeller

Outre les défis technologiques, M. Beaudet pointe du doigt l’omniprésence des géants numériques qui concurrencent les entreprises canadiennes. « On a perdu 20% de nos membres ces dernières années en raison de la désaffection du public envers nos médias traditionnels   », poursuit-il. Comme ses collègues, M. Beaudet souhaiterait que les gouvernements soient davantage coercitifs et interviennent pour protéger les entreprises médiatiques.  

Il n’est pas le seul. Une importante coalition, regroupant plus d’une quarantaine d’organisations œuvrant dans le milieu des arts et des médias au Québec et au Canada, a ­présenté et signé dernièrement un manifeste invitant les politiques à réagir pour la protection de l’industrie culturelle à l’ère ­numérique.

Parmi les signataires, l’Union des artistes (UDA), l’Association québécoise de l’industrie du disque, du spectacle et de la vidéo (ADISQ) et l’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL), notamment, demandent aux paliers gouvernementaux d’agir en fonction des intérêts et de la protection des industries canadiennes. Les signataires lancent donc un appel «  urgent  » aux dirigeants afin qu’ils préservent les centaines de ­milliers d’emplois générés par les entreprises culturelles et médiatiques. « Nos ­gouvernements doivent agir et aider les ­entreprises culturelles et médiatiques à ­retrouver la stabilité essentielle à leur ­succès », indique Denis Bolduc, président du SCFP-Québec, qui espère que le dossier avance rapidement cet automne.

Les défis sont nombreux, rappellent les ­organisations qui constatent une «  iniquité croissante  » dans le milieu des communications dominé par des entreprises américaines comme Google, Apple, Facebook, Amazon, Netflix ou Spotify.

« Ce n’est pas une taxe Netflix, rétorque M. Bolduc. On demande que ces multina­tionales soient soumises aux mêmes règles que les entreprises québécoises et canadiennes en matière de fiscalité, de taxation et de réglementation. »

Aide financière réclamée

Plus spécifiquement, le manifeste insiste pour que tous les moyens soient mis de l’avant, y compris un financement adéquat, pour assurer la vitalité de l’industrie et ainsi préserver les centaines de milliers d’emplois générés par les entreprises culturelles et médiatiques au pays.

Le document intitulé Continuité – Équité – Soutien est rendu public à un moment opportun, alors que les deux paliers de gouvernement planchent sur plusieurs réformes législatives en matière de politique culturelle, dont un réexamen de la Loi sur le droit d’auteur.

Le site manifestepourlaculture.info héberge le manifeste et recueille les noms de tout individu ou organisation voulant ajouter sa voix à ce cri collectif.