Développement durable

Le Saguenay–Lac-Saint-Jean, terre d’accueil pour le développement durable

Inscrit dans le discours des Nations Unies depuis 1972, le développement durable s’est énormément complexifié avec le temps. Si au départ il englobait l’économie, l’environnement et le social, il se décline aujourd’hui en six catégories charnières représentant la société actuelle (l’économie, l’écologie, le social, l’équité, la gouvernance et la culture). Les objectifs convoités par le développement durable tel qu’établi par les Nations Unies sont de réduire les disparités, d’augmenter l’espérance de vie, l’instruction et le bien-être, d’améliorer la paix et ultimement, de vivre dans un environnement où la biodiversité peut s’épanouir. Un immense projet, qui à plus petite échelle, peut prendre racine dans des actions concrètes, comme celles proposées par la Chaire en éco-conseil de l’Université du Québec à Chicoutimi.

Depuis 1991, la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean est devenue un laboratoire de développement durable grâce à la création de la Chaire de recherche en éco-conseil de l’UQAC, menée de front par Claude Villeneuve, biologiste et professeur titulaire. Ce centre de recherche a permis de développer différentes hypothèses ainsi que plusieurs outils, dont la grille d’analyse de développement durable qui a été retenue par les Nations Unies en 2017 et traduite en neuf langues. Cet outil, robuste et universel, est d’ailleurs appliqué dans des projets régionaux notamment pour le Programme de stabilisation des berges du lac Saint-Jean.  

Développer autrement 

La pensée quant au développement durable a grandement évoluée au cours des dernières années. La question qui se pose aujourd’hui est comment produire mieux pour le bénéfice de plus gens avec le moins d’impact possible sur l’environnement? À cette vaste question, Claude Villeneuve répondra d’abord qu’il faut créer, à l’échelle des pays, des petites initiatives qui pourront fleurir et transformer les choses pour paver la voie aux générations futures. D’un point de vue entrepreneurial, il s’agira de penser les grands projets pour participer à l’écologie industrielle et éviter, dès la conception, la perte d’énergie ainsi que de molécules qui autrement, pourraient être valorisées. L’obtention d’un engrais créé à partir de la combinaison des déchets de papetière ainsi que des sous-produits de l’aluminium est un exemple de projet de valorisation des déchets. 

Depuis 2001, la compensation carbonique est rendue possible grâce à la plantation expérimentale de Carbone boréal qui contribue à sensibiliser la population pour une consommation responsable quant aux gaz à effet de serre. Les gens sont invités à faire un don à l’Université du Québec à Chicoutimi pour compenser leurs émissions de gaz à effet de serre dans le cadre d’un voyage en avion par exemple. De plus, 20 % des fonds sont capitalisés pour continuer à financer la recherche dans un avenir prochain. 

Mentionnons l’implication du Centre Québécois de Développement durable (CQDD) ainsi que de la SADC du Haut-Saguenay qui accompagnent les entreprises et les communautés avec des plans d’intervention permettant la mise en place d’initiatives tournées vers le développement durable. Plus de 200 diplômés, ayant complété un D.E.S.S. en éco-conseil à l’Université du Québec à Chicoutimi, travaillent également dans les entreprises et les institutions de la région, mais aussi au Québec et ailleurs dans le monde. 

 Claude Villeneuve, biologiste et professeur titulaire à l'Université du Québec à Chicoutimi.