Le Québec de demain automne 2018

Pour une réelle égalité des chances de réussite

Aux yeux de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), qui représente près de 38000 membres, l’école publique doit pouvoir assurer une réelle égalité des chances de réussite pour tous les élèves. Pour ce faire, la FAE revendique un financement stable, le respect de l’autonomie professionnelle des enseignantes et des enseignants et la valorisation de leur expertise.

Assurer un financement ­stable du réseau public 

Depuis 20 ans, l’école publique croule sous le poids des compressions et des réformes qui pèsent sur les épaules des enseignantes et des enseignants, à qui on demande sans cesse d’en faire davantage avec toujours moins. L’égalité des chances passe par un financement stable et continu.    

«L’effort budgétaire doit être à la hauteur des promesses faites par les différents partis politiques en cette période électorale. Les coupes des dernières années, qui se sont élevées à 1,5 milliard de dollars entre 2010 et 2016, continuent de nuire au travail réalisé par les acteurs du monde de l’éducation. L’école publique peine à remplir sa mission, car elle n’en a simplement pas les moyens», fait valoir le président de la FAE, Sylvain Mallette.    

Mettre fin au financement public des écoles privées

Le gouvernement du Québec a choisi de financer les écoles privées à même les fonds publics, soit environ 500 millions de dollars par an, privant le réseau public de sommes importantes et récurrentes. En alimentant la concurrence entre les réseaux public et privé, l’État oblige les écoles publiques à mener certaines opérations pour retenir les meilleurs élèves.  

«Pour assurer l’égalité des chances, il faut aller vers une fin graduelle du financement public des écoles privées. Nous respectons les parents qui font le choix de l’école privée, mais ils devraient en assumer la facture, comme dans plusieurs autres provinces canadiennes, soutient M. Mallette. En maintenant le financement des écoles privées, les enseignantes et les enseignants du réseau public sont confrontés injustement à des besoins plus nombreux en raison d’une population d’élèves plus hétérogène, avec des moyens insuffisants.» 

Valoriser la profession enseignante

Le président de la FAE insiste : si l’éducation doit devenir une priorité nationale – tous les partis rivalisent de promesses à cet égard –, la valorisation de la profession enseignante s’impose. Cela passe par une meilleure rémunération, mais aussi, et surtout, par un meilleur soutien et des conditions d’exercice beaucoup moins lourdes.

«Force est de constater que le gouvernement s’est montré généreux envers les médecins spécialistes, mais méprisant à notre égard, poursuit-il. Il est nécessaire de reconnaître la valeur du travail des enseignantes et des enseignants, notamment en réajustant leur rémunération. Il faut aussi plus de ressources de soutien vu le taux d’abandon préoccupant dans la profession, qui est de 25% avant la cinquième année d’exercice.»

Respecter l’autonomie professionnelle

Les enseignantes et les enseignants sont les premiers experts de la pédagogie et, de ce fait, doivent pouvoir disposer d’une véritable autonomie professionnelle. N’étant pas complètement protégée par la Loi sur l’instruction ­publique, cette autonomie est en outre bafouée par la réforme depuis près de 20 ans.

«Les enseignantes et les enseignants sont des praticiens compétents et les mieux placés pour déterminer les approches pédagogiques qui sont appropriées pour les élèves. Actuellement, ils sont bridés par la surveillance dont ils font l’objet et le contrôle excessif auquel ils sont soumis. Un encadrement doit exister, mais il leur faut aussi de l’espace. Ce choix dans les approches à privilégier, qui leur revient, passe par une inscription dans la Loi. Laissons les profs enseigner!», termine Sylvain Mallette.