Contenu commandité

Le Québec de demain

Les enjeux liés au territoire

Les infrastructures nécessaires à la mobilité, à la densification et au développement industriel, les questions d’urbanisme, tout comme les changements climatiques qui redéfinissent les zones de danger, sont autant d’enjeux importants pour le Québec de demain. L’occupation du ­territoire est un défi majeur et soulève de nombreuses questions qui alimentent les débats de notre société québécoise.

La mobilité est une affaire délicate dans la région de Québec, tout comme dans beaucoup d’autres villes. La question d’un troisième lien entre Québec et Lévis, qu’il soit à l’est ou à l’ouest de la ville, anime les discussions depuis longtemps. Le transport en commun avec la nécessité d’un réseau structurant ne sont pas en reste. Après l’abandon du SRB, le tramway refait surface. Des décisions devront être prises prochainement, car les bouchons n’attendent pas et sont un frein au développement de la région.

La mobilité est également un enjeu à l’échelle de la province. Liaison Québec – Montréal en train à grande fréquence, en monorail ou par un train à grande ­vitesse, ainsi que le développement du parc de ­véhicules électriques sont tout autant de défis qu’il faut résoudre rapidement pour ne pas hypothéquer le Québec de demain.

La densification et l’urbanisme

Que ce soit Le Phare près des ponts de Québec, le projet de tour de 18 étages sur l’emplacement de l’église Saint-François-d’Assise dans le Vieux-Limoilou, pour ne citer que ces exemples, la volonté de densifier le territoire suscite bien des discussions. L’augmentation de la population, tout comme les questions de mobilité poussent à réfléchir à une meilleure occupation de l’espace urbain.

Le développement industriel est un autre défi urbanistique. La présence de certaines usines au cœur des zones résidentielles est de moins en moins tolérée. Les projets de développement comme l’agrandis­sement du port de Québec soulèvent des interrogations légitimes. Ces enjeux méritent un débat et les réponses qui surgiront dessineront aussi le Québec de demain.

Les changements climatiques

L’occupation du territoire est également soumise aux contraintes liées aux dangers naturels. Les changements climatiques ont une influence de plus en plus grande sur l’urbanisme. Les dernières inondations en sont un exemple éloquent. On ne peut pas ignorer ces risques sans quoi des dégâts réguliers seront ­inévitables.

Les zones de danger sont à redéfinir même si elles engendrent des désagréments et des désillusions. Cette nouvelle occupation du territoire doit aussi mieux prendre en compte la protection de la population et de ses besoins vitaux. La sauvegarde des sources d’eau comme autour du lac Saint-Charles est un autre ­exemple de défi que nous réserve l’avenir. Le Québec de demain ne peut plus occuper son territoire sans une réflexion globale de son usage.

Le Québec de demain

Les services préhospitaliers d’urgence de demain

«  1 appel = 1 ambulance + 2 ambulanciers paramédicaux  », la formule actuelle de réponse aux appels d’urgence doit laisser place à un système qui intègre mieux les besoins réels des patients. La Corporation des services d’ambulance du Québec (CSAQ) s’engage dans cette voie afin de répondre au défi du vieillissement de la population et de l’engorgement des urgences dans les hôpitaux québécois.

«La situation actuelle est basée sur le transport et l’administration de soins d’urgence et, malheureusement, on travaille en vase clos. Le défi est de changer de modèle pour mieux s’adapter aux réels besoins des patients», commente le Dr Sébastien Toussaint. Le président du CSAQ milite pour une refonte de la prise en charge des services préhospitaliers d’urgence.

Aujourd’hui, chaque fois qu’il y a un appel pour un transport, on mobilise un véhicule et deux ambulanciers paramédicaux. Leur mission est de ramener le plus rapidement possible le patient à l’urgence selon un protocole de soins d’urgence. Tout est encadré, il n’y a pas de marge de décision, ce qui entraîne un engorgement des services d’urgence dont font régulièrement état les manchettes de journaux.

Un nouveau modèle pour demain

«Il faut sortir du système dans lequel un appel égale un transport. Le modèle d’avenir doit être basé sur un nouveau rôle de coordination et d’orientation des ambul-anciers paramédicaux», explique le Dr Sébastien Toussaint. Le transport doit devenir un moyen et non plus une finalité. Il est nécessaire de mieux intégrer
les services préhospitaliers d’urgence avec les autres partenaires.

Dans le Québec de demain, il ne faudra plus nécessairement mobiliser une ambulance et deux ambulanciers paramédicaux à chaque appel. Il faudra plus de synergie avec les autres partenaires, mieux tenir compte des plans de traitement des patients, utiliser les dossiers électroniques, etc. pour finalement mieux prendre en compte les besoins des patients qu’il n’est pas toujours obligatoire de transporter à l’urgence, mais plutôt dans une superclinique ou de faire déplacer l’équipe de soins à domicile.

«Il devra aussi y avoir une approche communautaire avec un rôle de prévention des ambulanciers paramédicaux, tout particulièrement pour la clientèle la plus vulnérable», précise le président du CSAQ. Ce meilleur encadrement et cette intégration des différents intervenants transformeront le rôle des ambulanciers paramédicaux qui devront être formés en conséquence.

Ça existe déjà !

Ce système existe déjà ailleurs dans le monde. En Angleterre, par exemple, on estime que pour un appel sur cinq, le besoin peut être comblé en dehors de l’hôpital. Cela entraîne une diminution de 20% des transports vers les urgences. De plus, dans 50% des appels, la décision d’envoyer une ambulance sur place peut être différée et jugée par un ambulancier paramédical envoyé avec un autre type de véhicule.

«Le Québec n’est pas différent de l’Angleterre. Aujourd’hui, seules 20 à 30% des interventions sont réellement urgentes. L’envoi systématique et automatique d’une ambulance est donc à revoir», ajoute le Dr Toussaint. Au Canada, la Colombie-Britannique, l’Ontario et le Nouveau-Brunswick transforment actuellement leurs pratiques pour aller dans ce sens.

Des conditions gagnantes

Pour que ces nouveaux services préhospitaliers d’urgence soient vraiment efficaces et contribuent à relever les défis de demain, il faut deux conditions gagnantes. Tout d’abord, la professionnalisation des paramédicaux avec une approche communautaire et mieux intégrée aux autres professionnels de la santé est essentielle. Il faut faire évoluer la formation des ambulanciers paramédicaux vers la prise de décision clinique pour qu’ils puissent exécuter une démarche clinique leur permettant de prendre les meilleures décisions pour l’orientation et la coordination des soins aux patients.

Ensuite, il faut une volonté politique d’aller dans ce sens, d’aller vers une meilleure réponse aux besoins du patient. «La Corporation est prête à jouer son rôle et à s’engager dans cette voie pour relever le défi du vieillissement de la population. Sans changement, on va rapidement être débordé et les manchettes sur l’engorgement des urgences auront toujours un bel avenir», insiste le président du CSAQ.

Le bon service au bon patient au bon moment doit être la nouvelle logique pour les services préhospitaliers d’urgence.

Le Québec de demain

Les défis liés à la population

Le vieillissement de la population qui demande une réorganisation de la politique de la santé, le faible taux de chômage qui engendre une pénurie de main-d’œuvre, les multiples questions sur l’intégration des immigrants, mais aussi l’éducation et les investissements nécessaires dans ce domaine, font partie des principaux défis du Québec de demain.

En 2016, l’espérance de vie au Québec atteignait 80,8 ans pour les hommes et 84,5 ans pour les femmes. Ce taux est un des plus élevés au monde selon les chiffres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). En l’espace d’une année, cette espérance de vie s’est accrue de sept mois pour les hommes et de quatre mois pour les femmes. Ainsi, selon une étude de l’Impérial collège de Londres et de l’OMS, d’ici 2030, on franchira les 90 ans d’espérance de vie.

Cette barrière qui semblait inatteignable il y a quelques années encore demandera un renforcement des systèmes de soins et des prestations sociales au Québec, comme dans le reste des pays développés. Soutenir les besoins multiples de cette population vieillissante, notamment dans le domaine de la santé, sera un défi important du Québec de demain, et des réformes sont nécessaires dès aujourd’hui.

Main-d’œuvre et immigration

Les chiffres pour le mois de janvier montraient qu’au Canada, il y avait un taux de chômage de 5,9 % et qu’il descendait à 5,4 % au Québec et même à 3,3 % dans la région de Québec. Cette excellente santé économique soulève un autre défi de taille : le recrutement de la main-d’œuvre et tout particulièrement de la main-d’œuvre qualifiée.

Dans certains domaines, la pénurie de travailleurs est même inquiétante. Le secteur manufacturier, les technologies de l’information tout comme la restauration, par exemple, connaissent un manque récurrent de travailleurs. Qu’elles passent par le recrutement à l’étranger ou par la formation, les solutions soulèvent des questions importantes pour le Québec de demain.

L’éducation

Pour relever ce défi de la main-d’œuvre, le gouvernement actuel du Québec a fait de l’éducation une de ses priorités. Les annonces de réinvestissements importants dans la rénovation des bâtiments scolaires sont une première étape. Toutefois, ce n’est qu’un rattrapage. Il faudra bien d’autres actions pour répondre aux besoins de demain, à commencer par la formation et le recrutement de professeurs qui commencent à manquer dans certaines disciplines.

L’école, au Québec comme ailleurs dans le monde, est au cœur des grands débats de société, mais elle est un élément fondamental pour relever les défis du futur. Le bien-être du Québec de demain passe par une formation renforcée. Toutes les réflexions et toutes les bonnes volontés sont les bienvenues et le débat doit être ouvert et constructif.

Le Québec de demain

Les enjeux de la prochaine campagne

Quels sont les projets de société qui sont susceptibles de faire avancer le Québec sur le plan économique et social? Quels sont les défis qui nous attendent dans un monde en perpétuel changement?

Santé, éducation, transport, développement durable, sécurité publique, immigration sont au nombre des thèmes de ce dossier qui dresse la table pour la prochaine campagne électorale.