Décoder le stress du retour à l'école chez l'enfant

Myriam Arsenault
Myriam Arsenault
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
Un changement, quel qu’il soit, peut créer de l’anxiété chez l’enfant qui le vit. Depuis le début de la pandémie, les jeunes sont confrontés à une foule de nouveauté, tout d’un coup. Employés masqués, lavage de main, distanciation, dans la tête d’un tout petit, ces changements peuvent devenir une source de stress qui sera amplifiée lors du retour en classe.

Qu’il y soit retourné au printemps ou non, l’élève sera confronté à une foule de  nouveautés lors de la rentrée, avec entre autres, les groupes-classes imposés, le retour au nombre d’élèves habituels dans les classes, les masques dans l’autobus dès la 5e année. Comment les parents peuvent-ils l’aider à se préparer à ces changements ? Plusieurs experts se sont intéressés à la question.

Reconnaître les signes du stress

Sur le site du gouvernement du Québec, une foire aux questions dédiée aux parents a pour but de les aider à vivre cette problématique. Le premier geste à poser est, selon eux, de reconnaître les signes du stress chez son enfant. Ils indiquent que ces derniers diffèrent en vertu de l’âge de sa progéniture.

Les jeunes entre 6 à 12 ans doivent être rassurés. L’important, selon le gouvernement, est de ne pas se moquer de l’enfant s’il a peur ! Il peut être tout à fait normal d’avoir peur. Il faut lui aussi l’informer dans des termes simples, et le rassurer avec l’efficacité des mesures d’hygiène. Vous pouvez aussi lui parler des personnes qui travaillent pour assurer la sécurité de la population comme des médecins, chercheurs, etc.

Chez l’adolescent, les signes peuvent différer d’une personne à l’autre. « L’adolescent possède sa façon bien à lui d’exprimer ce qu’il vit. Il agit souvent comme s’il était invulnérable et que rien ne pouvait l’atteindre, car il a besoin de se sentir branché, de donner l’impression qu’il se maîtrise et qu’il maîtrise la situation. Cependant, malgré les apparences, il n’en demeure pas moins qu’il peut se sentir affecté et vulnérable », écrivent les experts. Votre ado peut se montrer inquiet pour sa santé, montrer de l’indifférence, avoir de la difficulté à se concentrer pour ses cours, s’isoler, avoir des difficultés avec son sommeil, etc.

Avec eux, il vaut mieux être franc. Le gouvernement conseille de vous assurer qu’il comprend la situation et de rectifier les informations erronées qu’il pourrait avoir. Il suggère aux parents de ne pas tomber dans les discours moralisateurs et d’admettre lorsqu’ils n’ont pas la réponse à ses questions.

Rassurer l’enfant 

L’Ordre des psychologues du Québec dresse sur son site Internet une liste de conseils aux parents afin de bien guider leurs enfants en temps de pandémie. Il note par exemple qu’il est très important pour les parents de ne pas transmettre leurs propres peurs face au virus à leurs enfants. Il est conseillé de leur donner l’heure juste, en ne dramatisant pas la situation ni en l’exagérant. La confiance et le réconfort seront les plus grands alliés d’une rentrée tout en douceur.

Si votre enfant présente des signes de stress par rapport au virus, les parents sont selon eux les mieux placés pour le rassurer. « Pour y arriver, on peut expliquer, dans des mots simples, comment se transmet ce virus et pourquoi on met en place des précautions pour protéger les personnes plus à risque, comme les aînés. Dans le cas actuel, on peut rappeler aux enfants des notions de base sur le virus, ses ressemblances avec la grippe, et le fait que ce sont surtout les gens fragiles qui risquent d’être très malades », écrit l’Ordre. On retrouve sur leur site, une foule de ressources qui expliquent facilement le virus aux enfants.

Une période déjà stressante

Unicef, le fond des Nations unies pour l’enfance, partage un portrait de la situation sur son site Internet, pour aider les parents. Dès le départ, l'organisation souligne : « Le stress que ressentent déjà certains enfants en temps normal à l’idée d’entrer à l’école ou d’entamer une nouvelle année scolaire ne fait que s’aggraver en période de pandémie. Vous pouvez aider votre enfant à bien vivre cette situation en ayant une conversation ouverte sur ses inquiétudes et en lui faisant savoir qu’il est naturel d’être anxieux. »

Le confort d’être à la maison pendant plusieurs mois qu’on vécut plusieurs enfants peut accentuer le stress de retourner sur les bancs d’école. « Faites preuve d’honnêteté, vous pouvez, par exemple, passer en revue quelques-uns des changements qu’il va rencontrer à l’école, comme la nécessité de porter des équipements de protection tels qu’un masque. Les enfants peuvent avoir du mal à observer un éloignement physique avec leurs amis et leurs enseignants lorsqu’ils sont à l’école, vous pouvez les encourager à réfléchir à d’autres manières de créer des liens et de maintenir le contact », continue Unicef. Les parents peuvent se concentrer sur les points positifs, comme revoir ses amis, enseignants et continuer d’apprendre de nouvelles connaissances.

Tous les experts s’entendent, l’important pour les parents, c’est d’être à l’écoute de son enfant et de s’assurer qu’il comprend bien la situation. Les parents seront les modèles de ce dernier, alors une attitude positive, réaliste et bienveillante pourra le rassurer dans les nombreux changements qu’il aura devant lui à la rentrée des classes.